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Guadalajara, la Silicon Valley du Mexique

Des gratte-ciels.
Guadalajara est en pleine croissance. Photo: Radio-Canada / Michel Labrecque
Michel Labrecque

Cette ville, la deuxième en importance au pays, est associée aux mariachis et à la tequila. Mais c'est aussi une capitale de la haute technologie, qui regarde vers le nord.

Intel est une des nombreuses multinationales de haute technologie qui a pignon sur rue à Guadalajara.

Le campus d’Intel n’a rien à voir avec les « maquiladoras », ces usines où les Mexicains servent de main-d’œuvre bon marché pour assembler des produits manufacturés. Ici, 1300 personnes travaillent dans des laboratoires de recherche et de développement très sophistiqués, dont 1000 ingénieurs en informatique.

Un immeuble moderne avec une façade en verre.Le campus de l’entreprise américaine Intel à Guadalajara Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« Notre campus est l’un des plus avancés d’Intel », dit son directeur, Jesus Palomino. Eh oui, le patron est mexicain.

Pour donner une couleur mexicaine à son entreprise, il a fait installer dans le grand hall d’entrée la pierre du soleil, ce calendrier aztèque révolutionnaire pour l’époque.

Jesus Palomino montre le calendrier aztèque installé sur le mur.Jesus Palomino, directeur d’Intel à Guadalajara, montre la pierre du soleil, installée dans le hall d'entrée de l'entreprise. Photo : Angel Melgoza

Nous, Mexicains, sommes innovateurs. Je dis à tous les étudiants qui nous visitent qu’ils peuvent être parmi les meilleurs au monde.

Jesus Palomino, directeur d’Intel à Guadalajara

Le reportage de Michel Labrecque est diffusé le 31 mars à Désautels le dimanche sur ICI PREMIÈRE, dans le cadre de la série Le Mexique, entre l'ombre et la lumière.

La haute technologie comme moteur de croissance

Intel n’est pas la seule multinationale à s’être installée ici. Il y a aussi Hewlett Packard, Oracle, Continental, Bosh et bien d’autres.

« La Silicon Valley a transformé Guadalajara », affirme Monica Sanchez Torrez, responsable aux communications internationales de l’État du Jalisco, dont Guadalajara est la capitale.

« J’avais quitté Guadalajara parce que c’était une ville trop conservatrice. Mais avec la Silicon Valley et les événements culturels internationaux, comme la foire du livre et le festival du cinéma, Guadalajara est devenue une ville très ouverte sur le monde », explique-t-elle.

En 25 ans, à la suite à la création de l’ALENA, Guadalajara a connu une croissance stratosphérique. La haute technologie est un des grands succès de cette région.

« Il y a eu une formidable concertation entre les entreprises, les universités, le gouvernement et la société civile, explique Armando Zacarias, directeur du Département de science politique de l’Université de Guadalajara, qui compte 350 000 étudiants. Au Mexique, on forme chaque année près de 100 000 ingénieurs en informatique.

De jeunes employés travaillent à l'ordinateur autour d'une grande table.Wizeline compte 350 employés à Guadalajara Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

L’entreprise Wizeline est un autre fleuron de la haute technologie à Guadalajara. Son fondateur, Bismarck Lefe, est Américain, fils de parents mexicains originaire du Jalisco.

Un Mexique en mutation

Bismarck Lepe a travaillé chez Google, pour ensuite fonder sa propre entreprise. Quand est venu le temps de chercher un endroit pour installer un campus à l’extérieur des États-Unis, le Mexique est le dernier endroit auquel a pensé M. Lepe.

Sur un écran, l'entrepreneur, assis à une grande table.Bismarck Lefe, fondateur de Wizeline, interviewé depuis son bureau à San Francisco. Photo : Radio-Canada / Angel Melgoza

J’ai grandi avec la même perception du Mexique que celle de Donald Trump : un pays dangereux et corrompu. Je pensais ça parce que mes parents avaient quitté le Mexique. Puis j’ai découvert Guadalajara et la haute technologie, et ma conception du pays a changé.

Bismarck Lepe, fondateur Wizeline

Aujourd’hui, 350 personnes travaillent chez Wizeline à Guadalajara. Ils seront bientôt 1000. Le siège social est en Californie, il y a d’autres campus à l’étranger, mais Guadalajara restera le centre principal. « Dans quelques années, nous serons 2500 », dit Bismark Lepe.

Des chaises longues, des tables et des fauteuils sur une terrasse verdoyante.La terrasse des employés de Wizeline, à Guadalajara Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« J’ai travaillé en France, en Écosse et en Angleterre, je n’ai jamais eu d’aussi bonnes conditions de travail », raconte Florence, une jeune mère de famille argentine qui peut utiliser la garderie de l’entreprise. Elle note aussi que Wizeline fait beaucoup pour la promotion des femmes dans ce secteur majoritairement masculin.

Des jeunes, hommes et femmes, dans un bureau.Vox Feed, une des nombreuses entreprises émergentes de Guadalajara Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Il y a des entreprises américaines, européennes, indiennes et peut-être bientôt canadiennes dans cette région. Mais du Mexique?

Il y a des dizaines d’entreprises émergentes, dont certaines ont près de 200 employés, disséminées partout dans cette région de près de 5 millions d’habitants. Mais il manque encore une ou deux grandes entreprises locales, qui pourraient vraiment propulser cette grappe de haute technologie.

Des centaines de jeunes entrepreneurs, des milliers d’ingénieurs en informatique, des centres de recherche universitaire essaient de créer un Facebook ou un Google, sauce mexicaine.

L’autre défi est de garder les talents sur place. « Beaucoup de développeurs qui travaillaient ici sont partis en Californie », raconte Alejandra Mendez, de la compagnie Vox Feed. « Mais il y en a aussi qui reviennent, parce qu’ils comprennent que le Mexique est en train de changer. »

Des édifices modernes.Les premiers édifices du projet de ville numérique créative à Guadalajara Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Il faudrait ajouter à cela la percée des industries créatives : jeux vidéo, animation, arts numériques. Guadalajara a un immense projet de ville créative numérique, un quartier qui s’érigera près du centre historique au cours des 10 prochaines années.

Le cinéaste Guillermo del Toro, bien connu à Hollywood, a annoncé récemment qu’il créait un centre d’animation internationale dans sa ville natale.

Guadalajara est une métropole en effervescence. Sa classe moyenne est beaucoup plus importante que dans beaucoup d’autres villes. Ça n’empêche pas que les problèmes endémiques du Mexique y sont aussi très présents : pauvreté, corruption, insécurité et narcotrafiquants. Presque chaque jour, il y a des homicides.

Mais Guadalajara montre aussi qu’un autre Mexique est possible.

Avec la collaboration d’Angel Melgoza

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