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Faire un retour en région à 75 ans

Faire un retour en région à 75 ans
Tanya Neveu

Tout comme les étudiants, les personnes âgées sont celles qui quittent le plus massivement la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Selon le plus récent bilan de l'Institut de la statistique du Québec, 373 personnes âgées de 60 ans et plus ont quitté la région l'an dernier, alors que 211 ont décidé de s'y établir.

C'est le cas de Liette Bélanger qui, à 75 ans, a décidé de revenir au Témiscamingue.

Liette Bélanger a quitté sa région natale il y a 27 ans pour s'installer à Gatineau. En vieillissant, le désir de revenir aux sources s'est manifesté.

C'est mon point d'attache. Je voulais me rapprocher de mes petits-enfants, arrière-petits-enfants et évidemment, ma fille. Foncièrement, c'est moi qui voulais intérieurement. J'avais juste envie de revenir ici et je suis contente d'être là, confie la grand-mère.

Trois femmes de trois générations différentes sourient dans une serre.Liette Bélanger avec sa fille et sa petite-fille. Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

À proximité des services

Même si elle est passée d'une ville de 276 000 personnes à une MRC qui en compte 16 000, elle dit se sentir mieux servie au Témiscamingue.

Je me trouve mieux ici pour avoir des soins, pour avoir tout ce dont j'ai besoin autour, que quand j'étais là-bas. C'est moins stressant, le trafic et tout ça. Ici il y a de l'air. Même si les gens trouvent que ça va vite, à comparer à la ville, ici on a plus le temps de vivre.

Elle ajoute, en riant : Je peux marcher pour me rendre au Rift et au club de l'Âge d'Or.

Inspirée par sa petite-fille

Sa petite-fille, Angèle-Ann Guimond, a fait le même choix il y a plusieurs années.

Étudiante en design de mode, elle était pourtant destinée à poursuivre sa carrière dans la métropole.

Elle a plutôt choisi de créer son entreprise au Témiscamingue puisqu'elle estime qu'ici, les opportunités sont nombreuses.

J'avais besoin de revenir au Témiscamingue, de me rapprocher de ma famille et de retrouver un peu une stabilité. Au moment où j'étais rendue dans ma vie, j'avais besoin de retrouver mes racines.

Angèle-Ann Guimond

Aujourd'hui, elle se réjouit de pouvoir partager son quotidien avec sa grand-mère.

Moi j'ai toujours eu ma grand-maman à Gatineau, donc on se voyait deux à trois fois par année. C'est vraiment nouveau pour moi et je tripe. Elle est encore jeune, encore active, donc c'est vraiment le fun. À l'âge que j'ai, je sais que c'est important de s'occuper de nos aînés. Plus ça va aller, plus elle va avoir besoin de nous, explique la propriétaire de la Table champêtre de l'Éden Rouge.

Une terre d'accueil pour les aînés

Le Témiscamingue souhaite attirer 500 personnes d'ici 2022, en visant trois clientèles cibles : les personnes originaires de la région, les familles et les immigrants.

La chargée de projet en démographie, Catherine Drolet Marchand, y voit cependant plusieurs avantages pour les aînés.

Une femme accorde une entrevue à la caméra.La chargée de projet en démographie à la MRC de Témiscamingue, Catherine Drolet Marchand Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Les avantages, je pense que c'est la proximité avec le milieu de vie. Donc, le fait de pouvoir créer rapidement des liens avec les gens autour, d'avoir un cercle social qui est près, croit Catherine Drolet Marchand.

Les personnes âgées ont plutôt tendance à quitter les régions qu'à s'y installer.

Pourtant, Liette Bélanger affirme que c'est la meilleure décision qu'elle a prise depuis longtemps.

Abitibi–Témiscamingue

Démographie