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« J'ai pensé que c'était peut-être la fin pour moi », dit le recteur de l'oratoire

Plan rapproché du père Grou.

Claude Grou, recteur de l'oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, a été agressé en pleine messe vendredi dernier.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Quand j'ai été devant ce type-là avec son couteau, un très court moment j'ai pensé que peut-être c'était la fin pour moi », a raconté le père Claude Grou, recteur de l'oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, qui a été poignardé en pleine messe au cours d'une célébration vendredi dernier.

D’une voix calme et posée, le père Grou a confié ses états d’âme au cours d’une conférence de presse après avoir célébré sa première messe depuis son agression.

Il a expliqué qu’il n’a pas tout de suite compris ce qui lui arrivait. « Il arrive assez souvent que des gens s’avancent pour aller prier complètement à l’avant devant la statue de la Vierge, a-t-il indiqué. Alors, je pensais que c’était une personne qui s’avançait de façon assez cavalière. »

Le célébrant a commencé à s’inquiéter en voyant l’individu entrer dans le sanctuaire et s’approcher de l’autel. « Je me suis encore plus inquiété quand il est arrivé tout près de l’autel [et qu’] il a sorti un couteau », a-t-il dit en soulignant que, dans des moments comme ça, les réflexes prennent le dessus sur la raison.

« Je me suis dit : "Si je reste assis à ma place, il peut m’attaquer n’importe comment, si j’essaie de me sauver, il peut m’attaquer dans le dos", a-t-il expliqué. Le plus simple est de faire face à la personne, alors je me suis avancé devant lui. »

Le père Grou voulait poursuivre la messe

Le prêtre de 77 ans a confié que c’est en regardant la vidéo de l’événement qu’il a compris ce qui était vraiment arrivé. « Quand la personne m’a frappé, j’ai senti un coup, mais je ne me savais pas blessé. Je croyais que c’était très, très léger de sorte […] que je me suis tout de suite relevé, et spontanément, je restais là en disant : "Tout va se calmer et je vais pouvoir continuer la messe". »

Claude Grou, recteur de l'oratoire Saint-Joseph.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La victime est Claude Grou, recteur de l'oratoire Saint-Joseph.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Emmené dans la sacristie par des gens présents à la célébration ce matin-là, le père Grou a réalisé le sérieux de l’agression dont il venait d’être victime. Il a été transporté à l’hôpital, où il dit avoir été très bien soigné.

Se disant remis de ses blessures physiques, il estime qu’il faut « prendre conscience que la vie est un don précieux et [que] c’est un don qui peut disparaître ».

« Je dirais qu’il y a une leçon à tirer, c’est de prendre conscience de la force de la solidarité qui peut exister entre les gens, a-t-il poursuivi. J’ai l’impression qu’un événement comme ça nous aide à être encore plus soudés entre nous. »

Il prie pour son agresseur

Quant à son agresseur, le père Grou dit ne pas lui en vouloir. « Je considère que la personne qui m’a attaqué n’avait rien de personnel envers moi, a-t-il indiqué. C’est une personne que je ne connaissais absolument pas, c’est une personne qui – d’après ce qu’on entend – a des problèmes de santé. »

Je n’ai aucune rancœur envers cette personne et je la porte dans ma prière. Je pense que c’est une personne qui a besoin de soutien et de prière.

Une citation de : Le père Grou

Il s’est dit ouvert à rencontrer son agresseur « dans un esprit de réconciliation ». « On verra comment ça va se passer, mais pour moi aucune porte n’est fermée. »

Claude Grou est revenu sur les lieux de son agression, la veille de reprendre son ministère. N'ayant pas ressenti de mauvaise impression ou de panique lors de sa visite des lieux, il a pu reprendre le travail ce matin en célébrant une messe matinale.

Applaudi par ses fidèles à son entrée dans l’église, il s’est dit touché par leur réaction. « C’est très touchant de voir ce support qu’on retrouve parmi les gens, comme si on était une grande famille et que tous les gens étaient inquiets », a-t-il confié. « C’est un grand réconfort que je sens avec les gens qui m’accueillent, qui m’applaudissent. »

Pour moi, on s’applaudit tous ensemble, on applaudit la joie qu’on a d’être passé à travers ce moment difficile et d’être maintenant rendu au-delà de ça.

Une citation de : Le père Grou

« Cet événement-là a peut-être influencé le ton de mon homélie aujourd’hui [dans laquelle j’ai insisté sur] l’importance de revenir à l’essentiel ».

Des voitures de police devant l'oratoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plus d'une dizaine de véhicules policiers étaient postés autour de l'oratoire Saint-Joseph, vendredi.

Photo : Radio-Canada

Soulignant que quelque deux millions de visiteurs se rendent chaque année à l’oratoire et que certains événements peuvent réunir de 2000 à 3000 personnes, le recteur de l’oratoire a dit que les programmes de sécurité étaient révisés régulièrement.

Il explique que la sécurité est revue lors de chaque événement, mais qu’il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’un lieu de culte. « […] Chaque personne peut se sentir bien reçue, bien accueillie, a-t-il insisté. Je vous assure que cette sensibilité pour la sécurité va rester présente, mais aussi que l’essentiel est de poursuivre cette mission si importante qu’est celle de l’oratoire Saint-Joseph. »

On travaille à bien établir cette sécurité et à garder la mission bien vivante.

Une citation de : Le père Grou

« Il est important […] de retrouver la paix et la sérénité après des événements qui sont venus nous bousculer », a déclaré le père Grou en soulignant l’importance du « support remarquable » qu'il a reçu de la part de ses confrères de Sainte-Croix, des membres de sa famille et des membres de toute l’équipe de sa communauté.

« Tout ça va m’aider à reprendre le travail », a-t-il conclu.

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