•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les députés britanniques rejettent l'accord de Brexit pour une troisième fois

Deux partisans du Brexit munis de casques de fortune aux couleurs du drapeau anglais discutent à Londres.

Photo : Getty Images / TOLGA AKMEN

Radio-Canada

La Chambre des communes britannique a rejeté pour une troisième fois vendredi l'accord de Brexit, ce qui augmente considérablement la possibilité que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne (UE) sans accord dès le 12 avril.

L'accord de Brexit, qui a été soumis aux voix sans la déclaration politique sur la future relation avec l'Union européenne, contrairement aux deux premières fois, a été défait par 344 votes contre 286.

L'accord, et la déclaration politique associée, avait été battu une première fois par 432 voix contre 202 le 15 janvier. Après avoir été légèrement remanié, il a été défait à nouveau par 391 voix contre 242 le 12 mars.

Initialement, le Brexit devait intervenir ce vendredi 29 mars à minuit, mais en raison du chaos politique au Royaume-Uni, les dirigeants des 27 pays membres de l'UE ont convenu in extremis de le reporter jeudi dernier.

Si les députés britanniques avaient approuvé l'accord, la date du Brexit aurait été reportée au 22 mai, à la veille des prochaines élections européennes.

Comme il a été rejeté, il revient maintenant au gouvernement britannique de dire d'ici le 12 avril si le Brexit se fera sans accord ou si d'autres options, dont un nouveau report de la date de retrait, pourront être considérées.

Tout report nécessiterait une fois de plus l'accord du Conseil européen, l'institution qui regroupe les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'UE.

Un tel report obligerait en outre le gouvernement britannique à organiser des élections pour le Parlement européen, une situation qui ne manquerait pas d'ironie, trois ans après le référendum qui a confirmé le Brexit.

« Ce gouvernement va continuer de défendre la cause d'un Brexit dans l'ordre »

Prenant la parole après le vote, la première ministre Theresa May, qui avait promis de démissionner si l'accord de Brexit était approuvé, a clairement résumé l'état des lieux.

« Cette Chambre a rejeté le Brexit sans accord, elle a rejeté un départ sans Brexit. Mercredi, elle a rejeté toutes les variations de l'accord sur la table, et aujourd'hui elle a rejeté l'accord de départ », a-t-elle dit.

« Ce gouvernement va continuer de défendre la cause d'un Brexit dans l'ordre comme les résultats du référendum l'ont demandé », a ajouté la première ministre, sans se prononcer davantage sur la suite des événements.

Je crains que nous ayons atteint les limites de ce processus à la Chambre.

Theresa May, première ministre britannique

Le chef de l'opposition officielle, le travailliste Jeremy Corbyn, a affirmé que Mme May devait partir sans attendre et a réclamé la tenue d'élections législatives anticipées pour permettre aux Britanniques de décider de leur avenir.

Un porte-parole de la première ministre a indiqué peu après que le déclenchement d'élections générales anticipées n'était pas dans l'intérêt national.

Interrogé sur la possibilité que Theresa May démissionne, il s'est borné à répondre que la première ministre allait faire ce qu'il fallait pour le pays.

Le Conseil européen se réunira d'urgence le 10 avril

Aussitôt le résultat du vote connu, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué un sommet européen spécial le 10 avril.

Un responsable au Conseil a dit espérer que le Royaume-Uni transmettra des indications « suffisamment à temps pour que le Conseil européen puisse [les] examiner ».

Les détails sont encore à déterminer mais, à l'image de la réunion du 21 mars, Theresa May pourrait participer au début de la rencontre, a ajouté cette même source.

Une porte-parole de la Commission européenne a pour sa part affirmé qu'un Brexit sans accord était « désormais un scénario probable ».

La Commission l'anticipe depuis décembre 2017 et « est maintenant pleinement préparée » à ce scénario « à minuit le 12 avril », a-t-elle ajouté.

Le résultat du vote « accroît très fortement les risques d'une sortie sans accord », a pour sa part commenté la présidence française.

Il appartient d'urgence au Royaume-Uni de présenter dans les tout prochains jours un plan alternatif [...]. À défaut, et cela devient le plus probable, nous constaterons que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord.

Déclaration de l'Élysée

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, considère lui aussi que le scénario d'un départ sans accord est « très réel ».

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, croit que Londres doit proposer à l'UE un nouveau plan de Brexit dans les deux semaines à venir, faute de quoi un « Brexit dur », c'est-à-dire sans accord, interviendra.

Avec Reuters et AFP

Avertissement aux Canadiens au Royaume-Uni

Affaires mondiales recommande la prudence aux Canadiens qui sont au Royaume-Uni parce que des « actes de violence » et des confrontations sont possibles près du parlement et de l'abbaye de Westminster, à Londres.

L'agence conseille aux Canadiens d'éviter les secteurs où il y a des manifestations et d’être prudents près des stations de métro. Elle recommande une « vigilance accrue » en raison de la menace terroriste dans ce pays.

Avec La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique internationale

International