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  • Archives
  • Terre-Neuve-et-Labrador, l’autre solitude

    Un phare brille dans la nuit sur un paysage côtier de Terre-Neuve.
    L'adhésion au Canada a été et demeure un choix déchirant pour les Terre-Neuviens. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Il y a 70 ans, Terre-Neuve devenait la dixième province du Canada. Après de longues négociations avec le gouvernement d'Ottawa, les Terre-Neuviens se joignent à la Confédération le 31 mars 1949. Comme le montrent nos archives, cette adhésion ne se fait pas de gaieté de cœur.

    Le 1er avril 1949, les cérémonies officielles d'entrée dans la Confédération de la colonie britannique se déroulent simultanément à Terre-Neuve et à Ottawa.

    À Saint-Jean, le nouveau lieutenant-gouverneur, sir Albert Walsh, est nommé premier citoyen canadien de Terre-Neuve. Albert Walsh y représentera le roi d'Angleterre George VI.

    Montage d'archives, Cérémonie d'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération

    En direct d'Ottawa, le journaliste René Lévesque décrit le déroulement de l’événement hautement protocolaire sur la colline du Parlement.

    Terre-Neuve qui s’est endormie colonie de la Couronne britannique s’est réveillée ce matin province du Canada.

    Le journaliste René Lévesque

    Garde d’honneur, agents de la « police montée » et dignitaires présents écoutent solennellement l’hymne national, puis le discours du premier ministre Louis St-Laurent.

    Le premier ministre et son Cabinet sont massés sur une estrade à la base de la tour de la Paix. Là doit être gravé l’écusson de Terre-Neuve aux côtés des armoiries des autres provinces.

    Ces extraits de la couverture radio, auxquels nous avons ajouté des images de la cérémonie, nous montrent le premier ministre du Canada y tracer les premiers traits à coups de maillet.

    La société distincte de Terre-Neuve

    Chaque anniversaire de l’entrée de leur île dans la Confédération canadienne rappelle aux Terre-Neuviens le choix difficile qu’ils ont dû faire en 1948.

    Cet été-là, il ne faudra pas un, mais deux référendums à Terre-Neuve pour arracher avec 52,3 % des voix le vote de l'accession à la Confédération.

    Plusieurs insulaires se questionnent encore aujourd’hui sur ce mariage de raison. Pour d’autres, l'affaire est un coup monté par la Grande-Bretagne et le Canada.

    Le Téléjournal, 30 mars 1999

    La journaliste Solveig Miller revient sur ce choix déchirant au Téléjournal du 30 mars 1999, dans le cadre du 50e anniversaire de l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération.

    Si le Canada a donné aux Terre-Neuviens un filet social, il a fait du même coup disparaître leur rêve d’autonomie et d’indépendance.

    L’historien John Fitzgerald explique que le processus pour amener le Dominion de Terre-Neuve à se joindre au Canada ne s’est pas déroulé de façon démocratique.

    Avec une aussi mince victoire de surcroît, le débat continue de diviser des décennies plus tard.

    Nombreux Terre-Neuviens regrettent amèrement de ne pas avoir pris leur destin en main en 1948, en se tournant vers un gouvernement responsable.

    Le caractère insulaire de la province et l'isolement ont également contribué à bâtir une identité culturelle unique, dont les Terre-Neuviens sont très fiers.

    « C’est sûr que Terre-Neuve est une nation », affirme le cinéaste John Doyle en 1999. « Si on a changé de situation politique, ça ne change pas que c’est une nation ».

    Une opinion soutenue par l’historien John Fitzgerald. « Oui, je pense que Terre-Neuve est une société distincte », exprime-t-il en français, esquissant un sourire.

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