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Une pilule contraceptive pour homme franchit une première phase de tests

On voit la main d'un homme, ouverte, dans laquelle se trouvent trois comprimés.

Un contraceptif oral pour homme pourrait devenir réalité.

Photo : iStock / TanyaJoy

Les femmes ont accès à une vaste gamme de produits contraceptifs oraux, dont la plupart emploient une ou plusieurs hormones, depuis les années 60. Après des années de recherche, une pilule contraceptive pour homme pourrait aussi devenir réalité.

Des chercheurs américains ont annoncé qu’un contraceptif hormonal pour homme, nommée 11-Beta-MNTDC, vient de traverser avec succès une première étude clinique (Nouvelle fenêtre).

C'est la deuxième fois qu’un tel contraceptif oral atteint cet objectif, après une étude réalisée en 2018 (Nouvelle fenêtre) dont les résultats ont été publiés plus tôt cette année. Ces deux études ont d’ailleurs été faites par la même équipe.

Le nouveau produit, dont on a annoncé les résultats lors de la rencontre annuelle de la Société d’endocrinologie américaine, est d’ailleurs un dérivé de cette première molécule.

Son fonctionnement étant semblable à celui de la pilule contraceptive pour femme, il représente donc un premier pas vers la mise en marché d’un contraceptif hormonal pour homme.

La fertilité masculine est principalement régulée par deux hormones – en abrégé LH et FSH. Ces hormones sont générées dans différentes régions du corps et migrent vers les testicules, où elles activent la production de spermatozoïdes et de testostérone.

La nouvelle pilule interfère avec ce processus grâce à une forme modifiée de la testostérone, qui diminue les niveaux d’hormones régulant la production de spermatozoïdes, sans toutefois que les changements hormonaux aient des effets néfastes sur le reste du corps.

C'est une molécule semblable à la progestérone qui va bloquer la production de LH et de FSH, réduisant ainsi la production de spermatozoïdes, mais aussi de testostérone.

Pour contrer la chute de cette hormone, la pilule aura un second effet semblable à un androgène, simulant l’effet de la testostérone dans le reste du corps, ce qui permet de contrebalancer sa diminution tout en remplissant son rôle comme contraceptif.

Pas d’effets secondaires lors des tests

Pendant 28 jours, 40 hommes de 18 à 50 ans ont reçu différentes doses du produit dans le but de voir quels effets secondaires il pouvait y avoir chez l’humain.

Quatorze participants se sont fait donner 200 milligrammes du produit, 16 ont reçu 400 milligrammes et 10 ont reçu un placebo. Les chercheurs ont ensuite suivi l’état de santé des participants ainsi que leur niveau d’hormones pendant la durée de l’étude clinique de phase 1, dont le but était d’évaluer la sécurité du produit.

Les chercheurs n’ont observé aucun effet secondaire important lors de cette période.

Les participants ont toutefois ressenti plus de fatigue, certains problèmes d’acné, de prise de poids ou des maux de tête. Cinq participants ont aussi rapporté éprouver une baisse de libido et deux disent avoir vécu des épisodes de dysfonction érectile légère.

Les chercheurs n’ont pas donné le médicament aux sujets assez longtemps pour être en mesure de noter une différence dans leur nombre de spermatozoïdes, ce qui nécessite un usage continu pendant 60 à 90 jours.

Ces derniers ont quand même remarqué une baisse du taux de FSH et de LH chez tous les participants, sauf ceux qui ont pris le placebo. L’effet était suffisant pour qu’un usage plus long puisse faire baisser le nombre de spermatozoïdes à des niveaux qui équivaudraient à une contraception efficace.

De plus, les effets étaient réversibles une fois que les participants avaient arrêté de prendre le produit.

Ces premiers résultats devraient maintenant mener à une étude plus longue pour voir l’effet réel sur la production de spermatozoïdes. Si elle est concluante, les chercheurs passeront ensuite à des expériences avec des couples actifs sexuellement, étape au cours de laquelle ils pourront conclure si ce produit est aussi efficace que les pilules contraceptives féminines.

Les chercheurs préviennent qu’il faudra encore une décennie d’études cliniques et d’évaluation réglementaire avant que de telles pilules soient commercialisées.

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