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La CAQ accepte la tenue d'une commission parlementaire sur les pesticides

Traitement de légumes aux pesticides.
Les députés de tous les partis pourront interroger publiquement des scientifiques, des experts et des intervenants du milieu agricole sur l'impact des pesticides sur la santé et l'environnement. Photo: iStock
Thomas Gerbet

À Québec, les partis politiques sont parvenus à un consensus pour tenir une commission parlementaire chargée d'examiner l'impact des pesticides sur la santé et l'environnement. La Coalition avenir Québec (CAQ) a toutefois refusé que le mandat soit étendu à l'indépendance des agronomes et de la recherche en agriculture.

Les députés de tous les partis pourront interroger publiquement des scientifiques, des experts et des intervenants du milieu agricole. Ce sont les membres de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles de l'Assemblée nationale qui mèneront les auditions.

Les parlementaires ne se contenteront pas d'analyser les problèmes posés par les pesticides sur la santé et l'environnement. Le mandat qu'ils se sont donné vise aussi à étudier « les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l'agriculture et de l'alimentation ».

Le porte-parole péquiste en matière d'agriculture, Sylvain Roy, à l'origine de l'initiative, espère « faire toute la lumière sur les pratiques agricoles au Québec et potentiellement permettre une transition économico-environnementale de l'agriculture ».

Le député de Bonaventure précise que tout cela devra se faire « sans porter atteinte à la profitabilité des entreprises ».

C'est quelque chose qu'on voulait et on est content que ça se fasse. Il y a toutes sortes de questions dans l'espace public qui méritent des réponses.

André Lamontagne, ministre de l'Agriculture du Québec

La CAQ rejette un mandat élargi

Le Parti libéral du Québec et Québec solidaire ont proposé d'élargir le mandat aux questions touchant l'indépendance des centres de recherche et celle des agronomes, mais les élus caquistes, majoritaires au sein de la commission, ont refusé.

« Il y a définitivement des conflits d'intérêts au niveau de la neutralité de ce que les agriculteurs reçoivent comme information », croit la porte-parole libérale en matière d'environnement et d'agriculture, Marie Montpetit. La députée s'inquiète d'une « probable surutilisation des pesticides ».

Au Québec, les agronomes qui conseillent les agriculteurs sur l'utilisation des pesticides sont majoritairement des salariés des entreprises qui vendent ces produits. La plupart reçoivent même des primes, bonis ou commissions, ce qui est illégal, selon le code de déontologie de l'Ordre des agronomes.

La libérale Marie Montpetit cite des études internationales qui démontrent que « les pesticides ont des conséquences sur la santé à divers niveaux ».

Selon la porte-parole de Québec solidaire en matière d'agriculture, Émilise Lessard-Therrien, le moment est idéal pour tenir cette commission : « Il y a vraiment un momentum en ce moment au niveau de l'agriculture. Les gens veulent savoir de plus en plus ce qu'ils mangent. »

Cela démontre que les préoccupations exprimées par le lanceur d’alerte Louis Robert étaient légitimes.

Richard Perron, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec

Plusieurs membres de la commission ont laissé entendre que des témoignages pourraient se tenir à huis clos, s'il faut entendre des intervenants craignant des représailles.

La commission parlementaire a balisé son mandat pour que l'examen respecte « la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ». Une décision qui réjouit Les Producteurs de grains du Québec.

Il s'agit d'une « problématique centrale dans tout ce débat », selon le syndicat qui représente plus de 10 000 producteurs.

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