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Flaques d’eau printanières : pourquoi les coins de rue sont-ils inondés?

Un homme tombe dans une flaque d'eau.

La conception et l’entretien des rues seraient à l’origine des flaques d’eau qui inondent les passages pour piétons au printemps.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les piétons sont unanimes : les flaques d'eau qui bordent les coins de rue montréalais sont une source inépuisable d'irritation. Souvent impossibles à traverser quand la neige fondante printanière s'en mêle, elles apparaissent aussi pendant les redoux hivernaux, lesquels sont de plus en plus fréquents. S'agit-il d'un problème d'entretien ou de conception? Explications.

Genèse d’une flaque de slush
D’emblée, il faut voir ces flaques d’eau comme un dommage collatéral des pratiques montréalaises en matière de conception et d’entretien des rues, selon François Gosselin, chef de section à l’entretien, voirie et parcs, de l’arrondissement Le Sud-Ouest.

Les (maudites) flaques d'eau

Quel est ce problème de conception? Quand un ingénieur est à sa table à dessin, il prévoit une légère pente sur la chaussée afin que l’eau s’écoule vers les côtés, le long des trottoirs. Une autre pente permet à cette eau de ruisseler de la bordure de rue pour terminer sa course dans le puisard (bouche d’égout).

Infographie représentant l'écoulement de l'eau.

Les rues sont conçues afin que l'eau s'écoule vers les puisards.

Photo : Radio-Canada

Or, l’hiver venu, les piétons et les voitures écrasent la neige qui recouvre les puisards, créant une couche de glace qui empêche l’eau de s’écouler.

Et pourquoi les puisards demeurent-ils bouchés?
La deuxième cause de l'accumulation d'eau au coin des rues relève d'un problème d'entretien. La question se pose : pourquoi les services d’entretien des rues ne déglacent-ils pas tous les puisards obstrués?

François Gosselin explique que la Ville priorise les activités de déblaiement et de chargement de la neige pour satisfaire les citoyens qui souhaitent la voir disparaître rapidement. Ainsi, les déneigeurs ne peuvent pas déglacer chaque puisard en prévision d’un redoux hivernal, faute de temps.

Infographie représentant l'eau qui s'agglomère au coin d'une rue.

Infographie représentant l'eau qui s'agglomère au coin d'une rue.

Photo : Radio-Canada

Sommes-nous condamnés à nous mouiller les pieds?
Même s’il n’y a pas de solution miracle, François Gosselin croit fermement qu’une escouade de « pelleteurs » qui arpentent la Ville pour libérer les puisards des intersections les plus achalandées serait profitable.

La Ville peut aussi revoir ses pratiques en matière de conception des rues. Le conseiller en aménagement du territoire et urbanisme Olivier Legault propose des exemples montréalais de design de rues qui affranchissent les piétons des passages inondés. Le spécialiste de l’hiver québécois propose notamment de surélever la chaussée dès l’approche du coin de rue, afin que l’eau ne soit pas tentée de ruisseler sous les pieds des citoyens, le point plus bas de la rue étant éloigné du passage pour piétons. Il propose aussi de surélever ces derniers. À Montréal, de tels passages existent sur la Plaza Saint-Hubert. Ici encore, les piétons peuvent occuper le tronçon le plus élevé de la rue.

La dernière solution avancée par Olivier Legault consiste à mettre en place des saillies de trottoir, ces îlots de verdure qui ornent les coins de rue. Si la solution n’est pas parfaite, elle contribue à ce que les flaques d’eau soient moins profondes.

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