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Projet de loi sur la laïcité : Valérie Plante inquiète pour l'emploi à Montréal

Valérie Plante répond aux questions des journalistes à l'hôtel de ville de Montréal.

Valérie Plante déplore que le projet de loi sur la laïcité de l'État québécois laisse peu d'autonomie aux corps policiers municipaux, comme le SPVM.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Réagissant au projet de loi sur la laïcité déposé par le gouvernement Legault jeudi, la mairesse de Montréal s'est dite « préoccupée » quant aux répercussions possibles sur l'emploi dans la métropole.

« Ce projet de loi, s’il est adopté dans sa forme actuelle, va limiter les possibilités d’emploi. Et c’est surtout à Montréal que cet impact se fera sentir », a déclaré Valérie Plante en point de presse.

« Plusieurs acteurs des milieux des affaires et universitaires s’inquiètent des répercussions sur notre capacité à attirer des talents », a-t-elle rappelé.

Pour la mairesse, la clé de l’intégration des nouveaux arrivants, les plus susceptibles d’être visés par l’interdiction des symboles religieux, reste le fait d’accéder au marché du travail. « Un emploi, c’est bien plus qu’un salaire, c’est également une façon de se connecter aux valeurs et à la langue de la communauté d’accueil », a-t-elle dit.

Le projet de loi, qui compte bannir le port de signes religieux pour tout employé de l’État en position de coercition, s’appliquera, notamment, au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Valérie Plante déplore cet état de fait, puisqu’elle juge préférable de voir un corps policier « représentatif de la population ». « Plusieurs corps policiers partout au pays et ailleurs dans le monde ont déjà intégré des signes religieux dans leur uniforme et cela n’altère en rien les services rendus ou la sécurité des policiers et des gens qu’ils servent », a-t-elle déclaré.

Aucun citoyen ne devrait vivre dans la peur ou l’incertitude au sujet de son emploi ou de sa place dans la société montréalaise parce qu’il choisit de pratiquer sa religion.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

« Pente glissante »

La mairesse a par ailleurs manifesté sa surprise devant l’intention du gouvernement de contourner certaines dispositions des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.

Ces chartes « définissent notre peuple depuis leur adoption. Je suis très préoccupée, et nous devons remettre en question le fait que notre gouvernement s’engage sur cette pente glissante », a-t-elle dit.

L’intention du gouvernement va également à l’encontre de la Charte montréalaise des droits et responsabilités, a souligné la mairesse. Les différentes « exclusions [...] sont de nature à miner les fondements d’une société libre et démocratique », estime Valérie Plante.

Son administration participera à la commission parlementaire à venir pour débattre du projet de loi et présenter les détails de ses positions, a-t-elle fait savoir.

La laïcité se joue à l'échelle des institutions

Le projet de loi, s’il est adopté, interdirait également le port de signes religieux aux enseignants du réseau public ainsi qu’à leurs directeurs, et aux employés des systèmes de justice.

La mairesse, qui a appelé les élus et les citoyens au calme dans les débats, a rappelé sa position idéologique sur la laïcité : pour elle, la laïcité des lois est « un devoir institutionnel et non personnel ».

« L’important, c’est que les lois votées dans nos institutions démocratiques soient laïques. La personne qui les applique ou qui est affectée par cette loi peut avoir la religion qu’elle veut. »

« Je ne crois pas que les gens de conviction religieuse qui appliquent des lois sont moins neutres ou professionnels », a-t-elle affirmé.

L’opposition demande un « chapitre Montréal »

Le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, déplore quant à lui qu’un « chapitre Montréal » ne fasse pas partie du projet de loi.

Lors de l’attribution du statut de métropole à la ville à l’automne 2017, il était convenu que le gouvernement provincial consulte l’administration sur les lois qui la concernent directement.

« Or, il n’y en a pas, à date, et à notre connaissance, la mairesse n’a pas demandé qu’il y ait un chapitre Montréal », a déclaré Lionel Perez.

Il s’engage à déposer, lors du prochain conseil municipal, une motion incitant le gouvernement à ajouter un tel chapitre à son projet de loi.

Cet engagement du gouvernement permettrait d’étudier les impacts socio-économiques de la loi sur la ville et ses citoyens, explique M. Perez, selon qui « il n’y a pas vraiment de problèmes » liés à la laïcité dans la métropole.

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