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« Malhonnête », « islamophobe », « décevant » : le projet de loi sur la laïcité dénoncé en Outaouais

Simon Jolin-Barrette sourit debout en Chambre, l'air satisfait.

Le ministre québécois de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Simon Jolin-Barrette, est applaudi par ses collègues à la suite du dépôt de son projet de loi sur la laïcité de l'État.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il n'aura fallu que quelques heures pour que des voix s'élèvent en Outaouais afin de décrier le projet de loi 21 sur la laïcité déposé jeudi par le gouvernement du Québec. Selon certains, cette législation prend à partie la communauté musulmane, même si elle s'applique aux symboles de toutes les religions.

Le projet de loi 21 interdirait à plusieurs employés de l'État de porter des signes religieux. Il prévoit une clause « grand-père » qui soustrait à la loi ceux qui sont déjà employés de la province.

C’est un projet islamophobe […] Ce n’est pas un projet de laïcité, ça n’a rien à voir avec la laïcité […] c’est un projet de la haine, tranche catégoriquement le porte-parole du groupe Présence musulmane, Abdourahman Kahin.

Ça n’apporte rien pour la société québécoise, ça ne fait qu’aggraver les stigmas envers la communauté musulmane et arabe.

Une citation de : Abdourahman Kahin, porte-parole de Présence musulmane

Selon lui, le projet de loi déposé par le gouvernement de François Legault est une manière détournée de faire avancer ses intérêts politiques au détriment d’une minorité.

Abdourahman Kahin en studio à Ottawa pour l'émission Les Matins d'ici. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdourahman Kahin est porte-parole de l’organisme Présence musulmane.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Costa

Le professeur en sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais Pierre Beaudet avance quant à lui que le projet de loi vise les femmes musulmanes plus que n’importe quel autre groupe religieux, même si la Coalition avenir Québec a aussi décidé de retirer le crucifix du Salon bleu dans la foulée de son projet de loi.

C’est un débat où ce n’est pas la laïcité qui nous intéresse, c’est un modèle rigoureux qui envoie un message à un groupe dans la société : vous, vous ne faites pas partie de nous.

Une citation de : Pierre Beaudet, professeur à l'Université du Québec en Outaouais

C’est quoi le problème [avec le hijab]? Je ne vois pas que c’est un problème, ni pour mes étudiantes ni pour les dames qui travaillent dans les CPE ou même en éducation. Ça n’envoie pas un message sectaire, ça ne menace pas qui que ce soit, renchérit M. Beaudet.

Le ministre responsable du dossier de la laïcité, Simon Jolin-Barrette, a pour sa part faire valoir que la législation proposée constitue une avancée historique qui répond à la volonté des Québécois.

Greg Fergus répond aux questions d'une journaliste à l'extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député Greg Fergus affirme avoir reçu «des assurances» que les fonctionnaires resteront en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Le député libéral fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, croit plutôt qu’il s’agit d’un recul important. En tant que Québécois faisant partie d’une minorité, jamais je n’aurais pensé qu’un gouvernement du Québec aurait pu introduire un projet de loi qui enlèverait des droits acquis aux Québécois, lance-t-il.

Quand on fait partie d’une minorité, on prend nos droits et nos libertés au sérieux.

Une citation de : Greg Fergus, député libéral fédéral de Hull-Aylmer

Pour la première fois, on utilise cette clause nonobstant pour enlever des droits qui sont déjà acquis. Je ne sais pas ce que je peux faire, mais j’espère que le gouvernement va repenser ses positions et retirer son projet de loi, poursuit-il, en faisant référence à l'intention du gouvernement Legault de recourir à la clause dérogatoire.

Le premier ministre Justin Trudeau a également manifesté son opposition au projet de loi caquiste. Jeudi matin, le chef libéral a dit qu'il lirait le projet de loi avant d'en commenter les détails. Mais, en attendant, il l'a vivement attaqué.

Pour moi, c'est impensable qu'une société libre légitimiserait la discrimination contre quiconque, basée sur la religion, a-t-il déclaré lors d'un court point de presse à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Avec les informations de Josée Guérin

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