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Un plan régional de protection des milieux humides pour 3 % du territoire?

Un étang

Un étang

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Conformément aux dispositions d'une nouvelle loi adoptée en 2017, les MRC doivent veiller à la protection des milieux humides et hydriques situés sur les terres privées dans leurs limites territoriales. Dans la MRC de la Vallée-de-l'Or (MRCVO), les terres privées ne représentent qu'environ 3 % du territoire, selon le directeur de l'aménagement. Certains se demandent ce qu'il adviendra des milieux humides situés dans l'autre portion du territoire, constituée de terres appartenant à l'État.

Les MRC ont jusqu'en 2022 pour se doter d'un plan régional de protection des milieux humides. L'objectif ultime de la démarche est de favoriser un développement qui aura le moins d'impact possible sur les milieux humides, tout en s'assurant qu'il n'y ait aucune perte nette. Les milieux humides détruits devront donc être remplacés par d'autres.

Ces écosystèmes sont reconnus pour leurs services écologiques permettant, dans certains cas, de réduire les risques d'inondations et d'emmagasiner le gaz carbonique.

Contrairement à plusieurs régions du sud du Québec, où la tendance est inversée, le territoire de l'Abitibi-Témiscamingue est constitué dans une très grande proportion de terres appartenant à l'État. Les MRC ne doivent toutefois pas tenir compte de ces terres dans l'établissement de leur plan de protection.

Une situation jugée pour le moins particulière par le directeur du Service de l'aménagement de la MRCVO, Mario Sylvain. C'est sûr que c'est particulier, répond-il. Dans la MRCVO, on parle de 97 % du territoire qui est en terres publiques, donc le travail va se faire sur les 3 % restants qui sont autour des municipalités. Ce sont des endroits qui sont déjà développés, et où il y a de l'activité humaine.

Des défis à venir

M. Sylvain estime qu'en échange d'un appui financier conséquent du gouvernement, il aurait été pertinent que les MRC établissent leurs plans régionaux pour l'ensemble du territoire. Je pense que cela aurait été une bonne idée d'avoir une vision d'ensemble, souligne-t-il.

D'autant plus que certaines villes comme Val-d'Or sont entourées de milieux humides, ajoute-t-il. On a agrandi récemment une partie du parc industriel de Val-d'Or, et on est tombé dans les milieux humides, dans un secteur qui était constitué de terres publiques, donc ça peut compliquer les choses de n'avoir peut-être pas fait la démarche pour l'ensemble des milieux humides, explique-t-il.

Un homme sourit à la caméra, debout à côté d'une carte affichée au mur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mario Sylvain, directeur du Service de l'aménagement de la MRCVO

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La présidente du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT), Jacinthe Châteauvert, comprend le questionnement suscité par le choix du gouvernement de ne pas inclure les terres publiques au plan de protection des MRC. On peut penser que c'est un peu illogique de ne pas traiter les terres en domaine public, mais il faut commencer quelque part, consent-elle. Je pense que c'est un peu stratégique [pour le gouvernement], puisque ça fait un moins gros morceau à avaler tout d'un coup.

Sous la responsabilité du MERN

Les terres du domaine de l'État sont soumises à une planification gouvernementale sous la responsabilité du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN).

Questionné sur les mesures de protection mises en place par le MERN pour protéger les milieux humides, le ministère précise par courriel que la planification gouvernementale est élaborée en concertation avec l'ensemble des ministères et organismes concernés.

Le MERN n'a toutefois pas l'obligation légale d'élaborer un plan régional des milieux humides et hydriques sur le territoire qu'il administre, précise-t-on.

Henri Jacob pose pour la caméra devant une carte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Henri Jacob, président de l'Action boréale

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le président de l'Action boréale, Henri Jacob, a des craintes quant à la protection des milieux humides sur ces territoires. C'est une mission qui devrait revenir au ministère de l'Environnement et non au MERN, dont la fonction est de donner la ressource à des compagnies, s'insurge-t-il. Le MERN est là pour répondre aux besoins des compagnies, non pas pour répondre aux besoins de la population, même si dans ses discours c'est différent.

Il craint donc qu'il n'y ait pas de plan de protection approprié sur 97 % du territoire de la MRCVO. On ne s'occupera pas réellement d'analyser comme il faut les milieux humides avant de les détruire, redoute-t-il.

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Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles