•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déclin remarqué des bernaches au Québec

Les bernaches du Canada qui nichent saison après saison aux ïles de Varennes

Des bernaches du Canada

Photo : Laurent Boursier

Maxime Corneau

Les bernaches de passage au Québec ce printemps, lors de leur migration vers le Nunavik, risquent fort d'être moins nombreuses que d'habitude. Le Service canadien de la faune a constaté une baisse marquée de la nidification et envisage même d'en restreindre la chasse.

Chaque printemps, les autorités canadiennes et américaines font conjointement un inventaire des couples nicheurs de bernaches au Nunavik. Cette population d’oiseaux migrateurs niche l’été au nord du Québec et migre sur la côte est américaine pour y passer l’hiver.

Or, depuis quelques années, les chercheurs constatent une tendance à la baisse du nombre de couples nicheurs de bernaches. S’ils étaient 216 000 couples recensés en 2011, ils étaient 112 000 au printemps dernier.

« On a pris une marche par en bas assez importante », résume François Bolduc, le chef de l’unité marine et aquatique pour le Service canadien de la faune, sans toutefois être alarmiste.

M. Bolduc explique que l’un des seuls moyens à la disposition des autorités pour favoriser le rétablissement de la population est la diminution de la pression de chasse. Cette mesure devrait être appliquée d’ici 2020, lors de la mise à jour réglementaire, qui s’effectue tous les deux ans.

« Notre outil principal, c’est la récolte. C’est la première chose qui va se faire », dit-il. Il exclut toutefois que la chasse soit interdite comme ce fut le cas au milieu des années 90. À cette époque, moins de 40 000 couples nichaient au nord du Québec.

Les autorités ne savent toujours pas si elles limiteront la récolte permise ou la durée de la période de la chasse. Elles assurent que les groupes de chasseurs auront leur mot à dire dans le processus, lors de consultations. Les autorités américaines limiteront elles aussi la pression de chasse sur leur territoire, selon M. Bolduc.

« Printemps difficile »

Si la réduction de la pression de chasse est priorisée, le professeur en aménagement de la faune de l’UQAM, Jean-François Giroux, explique que ce sont les conditions météorologiques qui sont avant tout responsables du bilan à la baisse.

« C’est lié au printemps tardif. Lorsque les bernaches sont arrivées au Nunavik, les étangs étaient gelés et il y avait peu de sites pour la nidification », précise-t-il.

Le spécialiste des oiseaux migrateurs rappelle toutefois qu’envisager une diminution de la chasse demeure la meilleure décision à prendre.

« Les jeunes sont plus vulnérables à la chasse. Quand il n’y a pas de jeunes comme dans les deux dernières années, la pression de chasse est plus importante sur les adultes et c'est le segment reproducteur. »

Il se veut d’ailleurs optimiste sur la capacité de l’espèce à renverser la tendance. Il rappelle que les programmes de suivi et de gestion des oiseaux migrateurs sont parmi les plus performants de tous les programmes de gestion fauniques.

« Moi, je mettrais un drapeau orange plutôt que rouge. Mais il faut être alerte lorsque les populations montrent des tendances au déclin », conclut-il.

Québec

Faune et flore