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Rosemont : le règlement sur les « shoebox » ne fera pas l’objet de référendums

Une maison de type « shoebox » typiquement montréalaise, sise entre deux bâtiments plus imposants.

Des maisons comme celle-ci, il en reste de moins en moins à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le règlement visant à protéger les 561 maisons de types « shoebox » de l'arrondissement de Rosemont ne subira aucune modification, puisqu'un nombre insuffisant de citoyens se sont déplacés pour signer les registres appelant à des référendums.

Adopté par les élus de l’arrondissement le 11 février dernier, le règlement encadre dorénavant toutes les demandes de démolition ou de rénovation de ces petites maisons unifamiliales à un seul étage, qualifiées de « patrimoniales modestes ».

Lors de l’adoption du règlement, une pétition de propriétaires insatisfaits avait forcé l’administration locale à ouvrir des registres demandant un scrutin référendaire dans 39 zones. C’est ce mardi que les citoyens devaient se rendre au bureau d’arrondissement pour signer lesdits registres.

Seules 99 personnes se sont déplacées, sur un total de 26 109 citoyens habiles à voter. Dans une dizaine de zones, personne n’a signé le registre.

« C’est un processus démocratique qui est bien balisé, qui fait partie des changements réglementaires, indique Christine Gosselin, conseillère de la ville et responsable du patrimoine au sein du comité exécutif. On est très satisfaits du résultat. »

Nous, on considère que le processus démocratique a donné de bons résultats, et que la population a avalisé nos choix réglementaires qui ne sont faits pas juste pour les propriétaires de shoebox, mais pour l’ensemble de notre paysage résidentiel de rue.

Une citation de : Christine Gosselin, conseillère de la ville

Autre son de cloche de la part des propriétaires. Selon Wilfried Cordeau, qui possède une de ces maisons et qui a été actif dans la mobilisation des derniers mois, « la plupart des gens ont boudé, jusqu’à un certain point, l’exercice. »

« Les registres ne portaient que sur cinq articles du règlement, rappelle-t-il. Ça faisait en sorte que toutes les revendications qu’on avait n’étaient pas couvertes par cet exercice-là, ajoute-t-il. Les propriétaires ont évalué la pertinence d’aller signer des registres un jour ouvrable. »

« Depuis le début, les propriétaires demandaient un dialogue avec les élus ainsi qu’un débat de fond sur la préservation du patrimoine modeste, et jusqu’à la fin, cela ne leur aura pas été accordé », indique pour sa part Solen Poirier, dans un communiqué publié par un groupe de propriétaires de shoebox.

Préserver le « patrimoine identitaire » du quartier

Les maisons de type « shoebox », pour la plupart construites au début du siècle dernier, sont un témoignage du passé prolétaire francophone de la ville.

L’arrondissement de Rosemont visait à protéger ce qu’il appelle aussi « le patrimoine identitaire » du quartier, ainsi qu'à clarifier les règles entourant leur démolition ou leur conversion, et à freiner la spéculation foncière qui frappe l’ensemble de l’arrondissement.

En vertu du nouveau règlement, la qualité patrimoniale de ces maisons est évaluée en trois catégories, de la plus faible à la plus élevée. Les contraintes imposées aux shoebox à plus haute valeur patrimoniale seront plus importantes. Elles devront, par exemple, maintenir leur vocation unifamiliale. Dans certains cas, les façades devront être conservées telles quelles.

Les agrandissements par le haut, avec l’ajout d’un nouvel étage, devront avoir un certain recul par rapport à la devanture, afin de protéger l’aspect shoebox du rez-de-chaussée. Il sera aussi permis d’agrandir par l’arrière du bâtiment, de façon horizontale, en empiétant sur le jardin.

Pour les maisons à plus faible valeur patrimoniale, il sera permis d’ajouter jusqu’à deux unités de logement en location.

Les propriétaires se plaignent, entre autres, des coûts qu’engendrent les travaux de restauration.

Avec la collaboration de Marc Verreault

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