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« Merci pour votre don » : Justin Trudeau présente ses excuses à des protestataires autochtones

un homme debout devant deux autres hommes et une femme

Lors de sa visite à Halifax, le premier ministre Justin Trudeau s'est excusé des propos qu'il a tenus jeudi à l'endroit d'une manifestante de la Première Nation de Grassy Narrows.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau s'est excusé jeudi des propos qu'il a tenus la veille lors d'un rassemblement partisan à Toronto, où étaient présents des protestataires de la Première Nation de Grassy Narrows, dans le Nord-Ouest de l'Ontario. La communauté autochtone a été victime d'empoisonnement au mercure dans les années 1960.

En réponse à une protestataire qui a interrompu son discours en lui demandant ce que son gouvernement comptait faire pour résoudre la situation de Grassy Narrows, le premier ministre a dit : Merci pour votre don ce soir! Je l’apprécie réellement.

La femme a été escortée vers l’extérieur de la salle par les services de sécurité.

Jeudi, à Halifax, Justin Trudeau a dit regretter ses propos.

Quand les gens expriment un désaccord ou se manifestent devant moi, j'essaie toujours d'être respectueux , je comprends que c'est une partie importante de notre démocratie. Hier soir, j'ai échoué, je n'ai pas été respectueux envers ces gens-là. Je m'en excuse. C'est un enjeu évidemment qui est préoccupant, je connais l'histoire de Grassy Narrows. Mais je sais en particulier qu'eux, ça impliquait leur enfant, et pour ça, je suis vraiment désolé, a affirmé le premier ministre.

Il a aussi ajouté que les contributions financières des manifestants leur seraient remboursées.

Empoisonnement au mercure

Le drame éclate dans les communautés de Grassy Narrows et de White Dog en juillet 1970, lorsqu'on découvre que la papetière Dryden Chemical avait déversé neuf tonnes de mercure dans la rivière Wabigoon-English, contaminant les poissons pêchés par les Autochtones. Dans les années 1970, un chercheur japonais se rend dans la communauté et confirme les effets du mercure sur la santé de la population. Une recherche publiée en 2016 a montré que des traces de mercure ont été trouvées chez plus 90 % de la population de Grassy Narrows.

Des gens qui tiennent une pancarteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants de la Première Nation de Grassy Narrows se sont rassemblés mercredi à Toronto à l'extérieur de l'endroit où s'est déroulé un rassemblement partisan du Parti libéral du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Impatience quant au centre de traitement

Les manifestants exigeaient notamment un plan concret du gouvernment quant à la construction d'un centre de traitement pour les victimes d'empoisonnement au mercure. Le gouvernement libéral s'est engagé à financer la construction de l'infrastructure en 2017. La communauté autochtone a d'ailleurs déjà soumis une étude de faisabilité à cet effet au gouvernement.

Nous craignons que la promesse ne soit pas tenue. Le temps presse et nous avons besoin d’un endroit concret pour que le centre de traitement devienne réalité, souligne la coordonnatrice des services de santé à Grassy Narrows, Judy Da Silva.

À l’heure où nous nous parlons, nos membres sont en train de souffrir à l’hôpital de Kenora, à Thunder Bay ou à Winnipeg et les nombres augmentent.

Judy Da Silva, coordonnatrice des services de santé à la Première Nation de Grassy Narrows

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le porte-parole du ministère des Services aux Autochtones du Canada, William Olscamp, indique que l’étude de faisabilité a déjà été évaluée, et que le ministère collabore activement avec la communauté, la province, et d’autres experts techniques pour continuer de déterminer les services requis ainsi que les exigences techniques de l’édifice.

Une fois que toutes les exigences seront établies, les prochaines étapes pourront être mises en place, ajoute M. Olscamp.

La situation qui prévaut à Grassy Narrows a été récemment qualifiée, par Amnistie internationale, d’un exemple de racisme environnemental.

Il y a des communautés, en particulier les communautés de couleur et les peuples autochtones, qui vivent au quotidien avec des menaces à leur santé et à leur bien-être à cause de la contamination environnementale qui serait inimaginable pour plusieurs autres communautés aisées. Il n'y a pas d'exemple plus clair de cela que celui de Grassy Narrows, a dit le porte-parole d’Amnistie internationale Canada, Craig Benjamin.

En septembre 2018, l'Ontario a promis d'indexer à l'inflation, de manière rétroactive, les prestations d'invalidité versées aux victimes d'empoisonnement au mercure de Grassy Narrows.

Avec les informations de CBC

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