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Rapport après la grève des grutiers : la formation en entreprise insuffisante

Des grues sur un chantier de construction de Montréal.
Le comité recommande entre autres de compléter le Programme de formation en entreprise par l'ajout d'une formation initiale obligatoire. Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

Le rapport qui avait été commandé sur l'aspect sécuritaire du Règlement sur la formation des grutiers, à la suite de la grève de juin dernier, juge que le Programme de formation en entreprise, qui avait été dénoncé par les grutiers québécois, est bel et bien insuffisant dans sa forme actuelle, a appris La Presse canadienne.

Les grutiers avaient fait une grève illégale qui avait paralysé les chantiers de construction du Québec pendant près de 10 jours, en juin dernier, pour protester contre ce règlement qui avait modifié la formation pour devenir grutier.

À la suite de cette grève, le gouvernement avait annoncé la mise sur pied d'un comité d'experts pour étudier l'aspect sécuritaire du règlement contesté.

La Presse canadienne a obtenu copie du rapport du comité.

Le comité d'experts juge le Programme de formation en entreprise, « sous sa forme actuelle, insuffisant pour assurer l'apprentissage et l'intégration des notions de base nécessaires à la conduite sécuritaire d'une grue ».

Le comité constate aussi « l'absence d'une offre structurée et planifiée d'activités de perfectionnement en cours d'apprentissage pour les candidats qui accèdent au métier sans avoir suivi le programme Conduite de grues ».

Des « recommandations mitoyennes »

En entrevue, le ministre du Travail, Jean Boulet, a dit que les recommandations « sont mitoyennes entre la position de la Commission de la construction (CCQ) et celle du 791-G, le syndicat des grutiers. Elles sont un peu plus près de la position réglementaire de la CCQ à certains égards, à d'autres égards plus près de la position du syndicat des grutiers ».

Le comité recommande entre autres de compléter le Programme de formation en entreprise par l'ajout d'une formation initiale obligatoire qui viserait l'acquisition des notions de base pour conduire une grue de façon sécuritaire.

Il recommande aussi de suspendre toute nouvelle inscription au Programme de formation en entreprise jusqu'à ce que les recommandations touchant la formation initiale soient mises en œuvre.

Il recommande aussi de mettre en place des activités de perfectionnement que l'apprenti serait tenu de suivre tout au long de son apprentissage, après avoir eu accès au métier par la voie de la formation initiale et du Programme de formation en entreprise.

S'assurer de l'acceptabilité

Pour éviter le chaos de juin dernier et l'incompréhension du règlement, et afin de s'assurer de son acceptabilité dans le milieu, le ministre Boulet va rencontrer durant une journée ce qu'il appelle un « groupe de mise en application ».

Ce groupe de consultation sera formé des deux experts, en plus de deux représentants des entrepreneurs, deux des syndicats, deux de la CCQ et deux de la CNESST (Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail).

Cette journée de consultation se déroulera « d'ici deux à trois semaines » afin d'assurer « l'applicabilité et la mise en oeuvre des recommandations » du comité d'experts, a précisé M. Boulet. « Après ça, on prendra la décision qui s'impose. »

Doublement prudent, le ministre a indiqué avoir déjà rencontré la présidente de la CCQ, Diane Lemieux, le président de la FTQ, Daniel Boyer, et le représentant des grutiers de la FTQ-Construction, Evans Dupuis.

Les reproches passés

Le printemps dernier, le syndicat qui représente la majorité des grutiers, soit la section locale 791-G de la FTQ-Construction, affirmait que le règlement abaissait les exigences de formation pour devenir grutier, ce qui mettait en cause la sécurité du public et des ouvriers.

Mais la Commission de la construction du Québec a toujours soutenu que le règlement ne faisait aucun compromis en matière de sécurité.

Il permettait une nouvelle voie d'accès au métier de grutier par un Programme de formation en entreprise.

Il avait également instauré une qualification permettant à un compagnon d'un autre métier que celui de grutier de conduire un camion-flèche sous certaines conditions.

La grève des grutiers avait débuté le 14 juin au chantier du nouveau pont Champlain avant de se généraliser à l'ensemble des chantiers le lundi 18.

Malgré de nombreuses invitations à revenir au travail, les grévistes avaient persisté, même après une ordonnance de retour au travail prononcée par le Tribunal administratif du travail, juste avant le congé de la Saint-Jean.

Ils étaient finalement revenus au chantier le mardi suivant.

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