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Bill Morneau rencontre des leaders autochtones intéressés par le rachat du pipeline Trans Mountain

Le ministre des Finances Bill Morneau (gauche) a rencontré des représentants du groupe « Iron Coalition », dont le coprésident Calvin Bruneau (droite).

Le ministre des Finances Bill Morneau (gauche) a rencontré des représentants du groupe « Iron Coalition », dont le coprésident Calvin Bruneau (droite).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a amorcé de nouvelles étapes dans le dossier du projet d'oléoduc Trans Mountain. Le ministre des Finances a tenu une rencontre privée mercredi après-midi avec l'un des groupes autochtones intéressés par une participation dans le projet advenant sa réalisation.

Un texte de Geneviève Normand et de Kyle Bakx

Bill Morneau a rencontré dans un édifice fédéral d’Edmonton deux chefs de Premières Nations de l’Alberta, dont le groupe qu’ils représentent souhaite racheter d’Ottawa le controversé pipeline et son projet d’expansion.

Les discussions ont été décrites comme étant préliminaires, c’est-à-dire qu’elles visent à évaluer les possibilités d’un actionnariat autochtone dans le projet.

Il y a quelques mois, deux groupes autochtones – Projet Réconciliation et le Conseil des Ressources indiennes – avaient manifesté publiquement leur intérêt de voir les Autochtones mettre la main sur Trans Mountain. Aujourd’hui, au moins cinq groupes distincts poursuivent des démarches en vue d’acquérir des parts dans le pipeline, a appris Radio-Canada.

Ces groupes sont situés en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique.

L’un d’eux s'appelle « Iron Coalition ». Il s’agit d’un regroupement incorporé qui, jusqu’à présent, travaillait sur le dossier dans l’ombre, loin de la sphère publique.

La coalition est coprésidée par le chef Calvin Bruneau de la Première Nation de Papaschase près d’Edmonton, le chef Tony Alexis de la nation sioux des Nakota d'Alexis, à 90 km au nord-ouest d’Edmonton, et Ron Quintal, le président du groupe métis de Fort McKay, au nord de Fort McMurray.

Le ministre Morneau a rencontré les représentants de ce groupe mercredi après-midi.

Les trois représentants du groupe « Iron Coalition » à la sortie de leur rencontre avec le ministre Bill Morneau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les trois représentants du groupe « Iron Coalition » à la sortie de leur rencontre avec le ministre Bill Morneau. De gauche à droite : le conseiller juridique Will Willier, le chef Tony Alexis de la Nation sioux des Nakota d'Alexis et le chef Calvin Bruneau de la Première Nation Papaschase

Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

« Rien à discuter »

« Iron Coalition » a l’intention d’acquérir « autant [de parts] que possible » dans le pipeline, advenant la concrétisation du projet par Ottawa.

Toutefois, le gouvernement fédéral – qui a acheté le pipeline en mai dernier pour la somme de 4,5 milliards de dollars – ne se dit pas prêt à discuter de la vente de l’oléoduc à l'heure actuelle.

Interviewé à sa sortie de la rencontre, le ministre Morneau a rappelé que l’approbation du gouvernement fédéral est toujours manquante, et qu’il n’y a pas de pipeline à vendre tant qu’il n’y a pas de pipeline sous terre.

Tant que nous n'avons pas fait avancer le projet, nous n’avons vraiment rien à discuter, a affirmé le ministre.

Le gouvernement fédéral mène en ce moment des consultations avec les peuples autochtones dans ce dossier qui a été mis sur la glace en août dernier après que la Cour d’appel fédérale eut annulé le certificat du gouvernement qui avait permis à la construction de débuter.

Un rencontre « cordiale » et « amicale »

Malgré l’état embryonnaire des discussions, le chef Alexis et le chef Bruneau ont tous deux indiqué que la rencontre d’hier leur avait permis d’établir un premier contact avec le fédéral.

« Le dialogue est entamé, et nous savons que lorsque les choses vont se mettre en branle, nous pourrons continuer les discussions », a affirmé le chef Bruneau en entrevue à l’extérieur de la Place du Canada.

« [Le ministre] comprend qui nous sommes, a-t-il ajouté. Il comprend le travail que nous devons faire pour être prêts et pour nous organiser. Mais d’un autre côté, il n’y a aucun engagement de sa part ni de son bureau. »

Le ministre des Finances Bill Morneau commente sa rencontre avec des leaders autochtones à Edmonton le 27 mars 2019.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre des Finances Bill Morneau commente sa rencontre avec des leaders autochtones à Edmonton le 27 mars 2019.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Un appui autochtone encore plus solide

Plus tôt cette semaine, lors de l’Assemblée des chefs des Premières Nations de l’Alberta qui se déroule à Calgary, les chefs de la « Iron Coalition » ont informé leurs confrères albertains des progrès réalisés dans le dossier Trans Mountain.

Selon le chef Bruneau, il y a un consensus généralisé de la part des communautés albertaines pour appuyer une participation autochtone dans le rachat de l’oléoduc. Cependant, il soutient que certains leaders ont des appréhensions quant au modèle de participation financière à l’étude ainsi qu’au financement du pipeline.

« Nous avons eu des discussions préliminaires, et nous savons qu’il y a des investisseurs intéressés », a-t-il affirmé mardi. « Je pense que tout le monde sera plus confiant lorsque la construction de l’oléoduc sera entamée. »

Le long du tracé du pipeline, de nombreuses Premières Nations ont signé des ententes pour soutenir le projet, alors que d’autres tentent par tous les moyens de le bloquer.

Le chef de la Première Nation de Papaschase indique qu’il sera nécessaire de dialoguer avec les communautés autochtones réfractaires.

Il estime que le gouvernement du Canada est ouvert à l’idée de vendre l’oléoduc aux peuples autochtones au nom de la réconciliation.

« Une part de la réconciliation serait d’avoir une participation autochtone surtout dans les projets énergétiques, parce que ça ne s’est pas vraiment fait dans le passé », a indiqué Calvin Bruneau.

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