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Les États-Unis isolés à l'ONU pour défendre la souveraineté d'Israël sur le Golan

Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou  exhibent le décret américain reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan occupé.

Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou exhibent le décret américain reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan occupé.

Photo : The Associated Press / Manuel Balce Ceneta

Agence France-Presse

Les États-Unis ont défendu mercredi au Conseil de sécurité la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan, une position unanimement condamnée par leurs 14 partenaires de l'ONU lors d'une réunion convoquée en urgence à la demande de la Syrie.

« Mépris du droit international » et « violation des résolutions de l'ONU », cette « reconnaissance est nulle et non avenue », a asséné Vladimir Safronkov, diplomate de la mission russe à l'ONU.

De la Belgique à l'Allemagne en passant par le Koweït, la Chine, l'Indonésie, le Pérou, l'Afrique du Sud ou la République dominicaine, tous ont dénoncé une décision unilatérale qui rompt avec le consensus international jusqu'ici observé.

Sans se montrer dupes pour certains.

Le fait que la Syrie ait demandé cette réunion d'urgence est « cynique alors que le gouvernement syrien viole les résolutions de l'ONU », « a bombardé des écoles et des hôpitaux », et « utilisé des armes chimiques » contre son peuple, a égrené l'ambassadeur allemand aux Nations unies, Christoph Heusgen.

« Le Golan est un territoire syrien occupé par Israël », et « nous demandons que le territoire du Golan soit libéré », a réclamé son homologue du Koweït, Mansour Al-Otaibi.

Tout en soulignant le droit d'Israël à assurer sa sécurité, les États-Unis se sont en revanche joints à leurs partenaires du Conseil de sécurité pour affirmer la nécessité de maintenir sur le Golan la Force des Nations unies chargée d´observer le dégagement (FNUOD). Alors que la décision de Donald Trump aurait pu avoir comme conséquence logique une demande de fin de mission.

Un véhicule de l'ONU à Quneitra sur le plateau du Golan occupé par Israël.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un véhicule de l'ONU à Quneitra sur le plateau du Golan occupé par Israël.

Photo : Reuters / Omar Sanadiki

Le décret signé lundi par le président américain « n'influe pas sur l'accord de désengagement du Golan de 1974 et ne met pas en péril le mandat de la FNUOD », a affirmé un diplomate de la mission américaine à l'ONU, Rodney Hunter.

« La FNUOD continue d'avoir un rôle vital pour préserver la stabilité entre Israël et la Syrie », a-t-il insisté après avoir paradoxalement déploré des activités militaires dans la zone-tampon du Golan que sont censés empêcher par leur présence les Casques bleus.

« Les États-Unis sont préoccupés par les rapports de l'ONU sur des activités militaires continues et la présence de forces armées syriennes dans la zone-tampon » et « par les informations sur une présence du Hezbollah » libanais dans cette zone.

Des Casques bleus depuis 1974

Présente sur le Golan depuis 1974, la FNUOD compte un millier de Casques bleus, dont le mandat vient à échéance en juin. Son coût annuel est d'environ 60 millions de dollars américains.

« La Syrie condamne la reconnaissance de Donald Trump » qui revient à « torpiller le droit international et à humilier les Nations unies », a estimé l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bashar Ja'Afari.

Territoire stratégique notamment par sa richesse en eau, le Golan a été conquis en 1967 par Israël lors de la guerre israélo-arabe et annexé en 1981. Plusieurs résolutions de l'ONU attribuent au plateau un statut de « territoire occupé » illégalement.

La décision de Donald Trump fait suite à sa reconnaissance concrétisée en 2018 de Jérusalem comme capitale d'Israël, qui avait déjà suscité l'opprobre international.

Dès mardi, à l'occasion d'une réunion sur le Proche-Orient, l'ambassadeur français François Delattre avait mis en garde contre les ruptures à l'ordre international.

Les fondements d'une paix durable au Proche-Orient, sur lesquels s'est entendue la communauté internationale, « ne sont pas des options ou un menu dans lequel il serait possible de piocher à sa guise », avait-il fait valoir.

Mercredi, l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, a affirmé que « pendant 19 ans, la Syrie avait utilisé le Golan comme une position avancée contre Israël ».

« Aujourd'hui, c'est l'Iran qui veut mettre ses soldats sur les bords de la mer de Galilée (lac de Tibériade). Israël n'acceptera jamais que cela se réalise et il est temps que la communauté internationale reconnaisse que le Golan restera sous souveraineté israélienne pour toujours. »

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