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Pourquoi plus de femmes préfèrent accoucher ailleurs qu'à l'hôpital

Maison de naissance

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Camille Simard

Les accouchements dans les maisons de naissance avec des sages-femmes, mais aussi à domicile sont en hausse dans la Capitale-Nationale. Certaines femmes ont expliqué à Radio-Canada pourquoi elles ont choisi d'accoucher ailleurs qu'à l'hôpital.

En 2018-2019, la Maison de naissance de la Capitale-Nationale accueillera environ 385 femmes qui donneront la vie.

Il s'agit à nouveau d'une augmentation par rapport à l'année précédente, où 370 accouchements y ont été effectués, selon les données du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

La popularité est telle que 70 femmes sont présentement sur une liste d'attente pour un suivi de grossesse dans cette maison de naissance située dans le secteur de Limoilou.

Mariane Tremblay a accouché de ses deux enfants à la Maison de naissance de la Capitale-Nationale. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mariane Tremblay a accouché de ses deux enfants dans la Maison de naissance de la Capitale-Nationale.

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Mariane Tremblay, une mère de deux enfants qui a donné naissance au petit Éliam il y a deux mois, désirait un accouchement naturel, sans l'anesthésie péridurale. Elle dit avoir voulu accoucher sans « la pression du milieu hospitalier ».

J'ai choisi la maison de naissance et l'accouchement naturel parce que c'était important pour moi de vivre ce moment-là pleinement, de ne pas geler la douleur, car ça fait partie de l'intensité du moment.

Mariane Tremblay, mère de famille

Elle a pu compter sur l'aide de sa sage-femme autant avant qu'après l'accouchement.

« On peut prescrire les échographies, les tests de dépistage et on a le droit de pratiquer les accouchements vaginaux. Ce sont les mêmes habiletés pour ce qui est des grossesses et accouchements normaux », explique Mylène Picard, sage-femme depuis 2012.

Pendant l'accouchement, la sage-femme a la responsabilité de transférer les soins à un médecin advenant des complications.

La sage-femme Mylène Picard assure le suivi de grossesse. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La sage-femme Mylène Picard assure le suivi de grossesse.

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

« On ne laisserait pas une femme en travail pendant 24 heures. Il y a une limite à ce qui est acceptable. Des situations où les risques vont augmenter, nous, à ce moment-là, on transfère les soins. »

Accoucher à la maison

Après avoir vécu des accouchements à l'hôpital, Natacha Côté se sentait quant à elle prête à expérimenter un accouchement à domicile pour la venue de son quatrième enfant.

Elle a accueilli sa petite fille Iris dans son salon le 21 février dernier. Deux sages-femmes, une accompagnante à la naissance et son conjoint l'ont assistée dans cette aventure.

Natacha Côté a accouché à domicile dans son salon. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Voici Natacha et sa petite fille Iris quelques minutes après la naissance.

Photo : Courtoisie Natacha Côté

« J'avais de la difficulté à respirer, tellement mes contractions étaient rapprochées, c'était le branle-bas de combat pour tout installer », raconte Natacha Côté.

Alors que son conjoint remplissait d'eau une piscine installée dans le salon, les sages-femmes préparaient leur matériel.

Puis, tout s'est déroulé très vite.

Je suis embarquée dans la piscine à 16 h 45 et elle est née à 17 h 19, dans l'eau.

Natacha Côté, mère de famille
La petite Iris à quelques secondes de vie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La petite Iris à quelques secondes de vie

Photo : Courtoisie/Natacha Côté

La jeune mère avait demandé d'accueillir elle-même sa petite fille.

« J'avais demandé qu'on ne touche pas au bébé, j'avais demandé que je sorte le placenta et je voulais que la petite soit rattachée après son cordon quand elle allait sortir. »

Après avoir vécu l'expérience de l'accouchement avec péridurale à l'hôpital, elle voulait maintenant « accompagner la douleur ».

C'est sûr que ç'a été un beau moment. C'est de rester chez soi qui a été le plus beau, de ne pas sortir, un 21 février, il fait froid. D'être à la maison, on ne se fait pas déranger non plus aux heures par une infirmière qui prend la pression.

Natacha Côté, mère de famille
A05P9280Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mylène Boulette est accompagnante à la naissance.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Natacha estime que son accompagnante à la naissance, Mylène Boulette, a aussi contribué à rendre cette expérience humaine.

Les demandes pour avoir une accompagnante sont également à la hausse dans la Capitale-Nationale.

« Il y a environ cinq ans, on était autour de 17 dans le collectif Les Accompagnantes, et en ce moment, on est 45 et les demandes sont toujours en augmentation », relate Mme Boulette.

Bémol sur les accouchements à domicile

Si l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec se dit favorable aux accouchements dans les maisons de naissance, il en est autrement pour les accouchements à domicile.

Le docteur Fabien Simard estime que « les risques sont encore élevés », surtout en cas de transfert vers l'hôpital.

« Nous avons entre 10 et 30 minutes de temps d'attente pour effectuer une césarienne. C'est comme un accident de voiture, on ne sait jamais quand ça va arriver », affirme le président de l'Association.

Au total, 7185 accouchements ont eu lieu dans la Capitale-Nationale en 2017.

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