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Le chef conservateur de la Nouvelle-Écosse accuse un ministre de l’avoir agressé

Tim Houston sur le trottoir près de Province House, entouré de membres des médias, le 27 mars 2019 à Halifax.

Tim Houston répond aux médias sur le trottoir près de Province House, mercredi à Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC / Jean Laroche

Radio-Canada

Le chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, accuse le ministre de l'Éducation, Zach Churchill, de l'avoir agrippé par les épaules durant une discussion animée.

Devant l’Assemblée législative, mercredi, M. Houston a affirmé que son adversaire libéral l’avait confronté mardi à Province House, l’édifice qui abrite l’Assemblée. Une discussion animée aurait éclaté entre les deux hommes. M. Houston accuse M. Churchill de l’avoir agressé physiquement au cours de cet échange.

Le Parti progressiste-conservateur a demandé mercredi à ce que le comité des affaires internes de l’Assemblée législative soit saisi de l’affaire et fasse la lumière sur l’incident allégué. Le Parti libéral s’est opposé à la motion. Les députés progressistes-conservateurs ont alors quitté les lieux en guise de protestation.

Le message, a dit Tim Houston devant Province House, c’est que vous avez le droit de faire quelque chose de mal et ensuite utiliser votre pouvoir pour ne pas avoir à en parler.

Vous ne pouvez pas mettre les mains sur quelqu’un, a-t-il ajouté.

Le ministre Zach Churchill nie avoir touché Tim Houston

Zach Churchill, de son côté, nie avoir agressé physiquement Tim Houston. Il affirme que le geste dont le chef progressiste-conservateur l’accuse ne s’est pas produit du tout.

Zach Churchill donne sa version des faits dans les couloirs de Province House le 27 mars 2019.

Le député libéral de Yarmouth et ministre de l'Éducation, Zach Churchill.

Photo : Radio-Canada / CBC

M. Churchill reconnaît avoir eu une discussion animée avec M. Houston au sujet du service de traversier entre Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, et l’État américain du Maine. L’opposition talonne depuis des semaines le gouvernement libéral pour sa décision de financer à hauteur de 8,5 millions de dollars des rénovations au débarcadère situé dans le Maine.

Le ministre Churchill affirme que M. Houston lui aurait lancé, mardi : Je t’ai dans les câbles. Tu vas peut-être être capable de sauver ton siège [de député], mais le traversier va faire tomber votre gouvernement.

Toujours selon le ministre, M. Houston aurait aussi qualifié de B. S., une abréviation en anglais pour bullshit, la suggestion que son attitude dans le dossier du traversier était au détriment de la région de Yarmouth, la circonscription que représente M. Churchill.

Zach Churchill soutient avoir ensuite tendu le bras pour serrer la main du chef conservateur, et affirme que ce dernier lui aurait rétorqué : Ne me touche pas, trouve-toi une vie.

Des témoins qui n’ont rien vu

Le député libéral Larry Harrison et un de ses collègues, le ministre des Services publics Tony Ince, disent tous deux avoir entendu l’échange entre les deux politiciens, mais n’avoir rien vu de ce qui s’est produit.

M. Harrison dit avoir entendu Tim Houston dire à quelqu’un de retirer ses mains de sa personne (Get your hands off me, en anglais).

Députés et sièges vacants à l'Assemblée législative à Halifax le 27 mars 2019.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les travaux se sont poursuivis à l’Assemblée législative mercredi en l’absence des 17 députés du Parti progressiste-conservateur, dont on voit les sièges inoccupés à droite de l’image.

Photo : Radio-Canada / CBC / Michael Gorman

Le premier ministre Stephen McNeil se range derrière la version de son ministre et juge qu’il n’y a pas lieu de convoquer le comité des affaires internes, puisque personne n’a rien vu. Les députés ont des conversations animées tout le temps, ajoute le premier ministre.

M. McNeil a aussi demandé pourquoi M. Houston avait attendu jusqu’à mercredi pour raconter son histoire, si elle s’était produite mardi. C’est une histoire pour “changer de poste”, en ce qui me concerne, a illustré le chef libéral.

Tim Houston répond au premier ministre qu’il voulait recourir aux procédures législatives appropriées, et que sa première chance de le faire était mercredi à l’Assemblée législative.

M. Houston a refusé de préciser aux journalistes ce qu’il avait dit à Zach Churchill. Il a aussi refusé de dire s’il allait déposer des accusations criminelles.

M. Churchill se dit ouvert à l’idée de rencontrer M. Houston pour discuter de la situation.

En mai 2013, le ministre du Tourisme et du Développement économique, Percy Paris, membre du Nouveau Parti démocratique provincial, avait démissionné après avoir été accusé de voies de fait et de menaces à l’endroit du député libéral Keith Colwell. Ce dernier accusait le politicien de 65 ans de l’avoir assailli dans les toilettes de Province House. M. Paris avait reconnu sa responsabilité et les accusations avaient été retirées.

Avec les informations de Michael Gorman et Jean Laroche, CBC

Avec les informations de CBC

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