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La recherche épuisante de services en français pour un enfant autiste

Dans un salon, une femme assise sur un divan observe son fils qui joue sur un ipad.

Jasmine Maynard observe son fils Théo, alors qu'il revient de l'école.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Colin Côté-Paulette

Une mère franco-ontarienne lance un cri du coeur pour obtenir des services en français pour son fils autiste. Si elle ne trouve pas de solution, elle affirme devoir déménager à Ottawa, à huit heures de route, pour aider son fils.

Dizisaur, indique Théo après que sa mère lui a demandé de nommer la figurine de dinosaure qu'il tient entre ses mains.

Aussitôt rentré de l'école, le garçon de six ans doit effectuer des exercices de diction avec sa mère.

Jasmine Maynard vit à London et cherche des traitements par intervention comportementale intensive en français dans sa région depuis plus de deux ans.

Elle ne peut pas déménager dans une autre région où il y aurait plus de services en français, car elle a la garde partagée de son fils.

Mme Ménard essaie malgré tout, par ses propres moyens, d'aider son fils à surmonter ses défis.

Je fais ce que je pense qui est le mieux pour lui, mais je ne connais pas les méthodes officielles, avoue Mme Maynard, qui admet ne pas être qualifiée pour de telles tâches.

Je me sens seule et épuisée. Des fois je me sens coupable. Je me dis lâche le morceau, la francophonie. Je me sens terriblement coupable

Jasmine Maynard
Une mère et son fils se parlent collés sur un divan. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jasmine Maynard et son fils, Théo.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

La femme de 27 ans aurait pu continuer d'envoyer son fils à des thérapies en anglais offertes par les centres de santé locaux, mais elle est convaincue que le français aide son fils à progresser plus rapidement.

Il avait l’air de faire les connexions plus rapidement si je lui parlais en français, que si je lui parlais en anglais, raconte Mme Maynard.

Une séance de thérapie en français a déjà été essayée avec Théo. Le garçon a alors atteint tous ses objectifs en une seule journée, explique la mère de famille.

Jasmine Maynard dénonce le manque de services en français ainsi que la difficulté à y avoir accès.

Le problème que j’ai eu le plus c’est que non seulement les gens ne voulaient pas supporter mon choix d’être francophone, mais ils ne voulaient pas me montrer où je devrais me diriger pour obtenir ces services, affirme-t-elle.

Certains organismes comme Autism Ontario ont tenté d'aider Mme Maynard dans ses démarches, mais sans succès.

Capture d'écran d'une lettre en anglais. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lettre de l'organisme Autism Ontario, qui atteste que Théo aurait besoin de services en français.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Un problème d'accès

Radio-Canada a contacté une douzaine d'organismes ou d'organisations qui offrent des services pour les enfants autistes en Ontario. En général, les employés indiquent rapidement si des services en français sont disponibles.

Toutefois, ces derniers sont souvent rares et les listes d'attente sont longues.

Et ce, même dans certaines régions où le nombre de francophones est plus élevé.

Particulièrement dans le Nord, on a encore moins d'expertise disponible pour offrir ces services en français, croit Sylvie Grenier, une femme qui aide les enfants autistes au sein du Conseil scolaire public du Nord de l'Ontario.

Jasmine Mynard, elle, compte continuer ses démarches afin d'obtenir une autorisation d'un juge pour pouvoir déménager à Ottawa, puisque le centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario compte 25 spécialistes francophones qui peuvent donner des soins aux enfants autistes.

Théo a le droit d’avoir accès aux services en français, dit-elle.

La femme a aussi récemment déposé une plainte officielle auprès du Commissariat aux services en français de l'Ontario à propos de sa situation.

Windsor

Francophonie