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  • Quand le Nunavut est devenu le troisième territoire du Canada

    Le drapeau du Nunavut orné en son centre d'un inuksuk flottant au vent.
    Le 1er avril 1999, le nouveau territoire du Nunavut peut hisser son drapeau. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Il y a vingt ans, le Nunavut faisait son entrée dans la Confédération canadienne. La journée du 1er avril 1999 marque l'aboutissement d'une longue lutte pour l'autonomie gouvernementale des Inuits. Retour en archives sur cette journée historique chargée d'espoir.

    Le 1er avril 1999, les cartes du Canada deviennent soudainement désuètes. Un troisième territoire nordique s'ajoute au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) : le Nunavut.

    La Confédération canadienne n'avait pas connu un tel changement de ses frontières depuis cinquante ans, avec la création de Terre-Neuve.

    Issu de la moitié est des Territoires du Nord-Ouest et incluant la plupart des îles de l'Arctique, le Nunavut est composé à 85 % d'Inuits. Pour ce peuple aux prises avec de graves problèmes sociaux, ce passage historique suscite l’espoir.

    Les habitants du Nunavut souhaitent trouver un équilibre entre tradition et modernité, tout en préservant leur culture et leur identité.

    Le Téléjournal, 1er avril 1999

    « Sur le coup de minuit, les Inuits sont entrés dans une nouvelle ère », déclare le journaliste Marc Godbout, envoyé à Iqaluit afin de couvrir l’événement pour le Téléjournal.

    Présent à la cérémonie d’inauguration, le premier ministre du Canada Jean Chrétien le souligne avec fierté : la création du Nunavut marque un moment historique. C'est la première fois qu'une grande puissance redéfinit ses frontières intérieures pour répondre aux revendications des Autochtones.

    Le « père du Nunavut » John Amagoalik, qui a travaillé durant trente ans pour atteindre cet objectif, réagit avec enthousiasme. « C’est le plus beau jour de ma vie », confie-t-il en anglais au journaliste Marc Godbout au beau milieu des célébrations.

    « Un nouveau drapeau flotte dans l’Arctique et dans le paysage politique canadien », conclut en images le journaliste.

    Un gouvernement de consensus

    Quelques semaines plus tôt, le 15 février 1999, le Nunavut tenait ses premières élections pour former un gouvernement.

    Le nouveau territoire opte pour un gouvernement de consensus, sans parti politique qui aura un ressort sur la santé, l’éducation, la justice, les services sociaux et la culture.

    Le premier ministre et le Cabinet seront désignés après les élections parmi les députés indépendants.

    Nunavut, notre terre, 1er avril 1999

    Ce n’est qu’à la suite de la formation de son premier gouvernement que le Nunavut peut faire officiellement son entrée dans la Confédération.

    Toujours le 1er avril 1999, l’émission spéciale Nunavut, notre terre suit en direct la cérémonie inaugurale du nouveau territoire.

    « Je pense que c'est un discours très attendu, très important pour ce jeune de 34 ans », déclare l’animateur Bernard Derome à l’arrivée du premier ministre nouvellement élu qui est accueilli par une ovation.

    Dans un discours alternant entre anglais, français et inuktitut, le premier ministre Paul Okalik parle des objectifs de son gouvernement. Un gouvernement qui saura bien représenter son peuple, avec les défis et les changements qui s’imposent.

    « Aujourd'hui, nous reconnaissons et nous célébrons notre arrivée à cette destination », exprime Paul Okalik. « Nous, la population du Nunavut, avons pris le contrôle de notre destinée et, de nouveau, nous allons déterminer notre propre voie ».


    Vingt ans plus tard, l'Assemblée législative du Nunavut continue d’être dirigée par un gouvernement de consensus composé de vingt-deux députés.

    Le ministre des Finances du Nunavut George Hickes a présenté en février dernier un budget axé sur le bien-être.

    Des investissements sont notamment prévus pour un centre de traitements des dépendances et des traumatismes, pour des maisons d’hébergement d’urgence et pour la lutte contre la tuberculose.


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