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Charlotte a du fun... et devient une « salope », dans le bon sens du terme

Marguerite Bouchard sourit et regarde sur le côté dans une scène de Charlotte a du fun, de Sophie Lorain.

Marguerite Bouchard dans « Charlotte a du fun », de Sophie Lorain et Catherine Léger

Photo : Les Films Christal

Un peu plus d'un an après la sortie en salles au Québec, Charlotte a du fun entreprend une première percée aux États-Unis, à compter du vendredi 29 mars. Le long métrage de la scénariste originaire de l'Outaouais Catherine Léger et de la réalisatrice Sophie Lorain aura une identité américaine plus provocatrice en portant le titre Slut In A Good Way.

C’est au Festival du film de Tribeca, à New York, en avril 2018, que Charlotte a séduit nos voisins du sud. Grâce à son nouveau titre américain, tiré d’une réplique du film, Slut In A Good Way a d’abord attiré l’attention du New York Times, qui l’a placé dans la liste des 17 films à surveiller au Festival.

C’est une expression qui résume bien le film. C’est-à-dire qu’on pose la question : "C’est quoi, être une salope dans le bon sens du terme? C’est quoi, pour une fille, être à la fois dans son corps, dans la séduction, mais pas trop?''

Catherine Léger, auteure et scénariste

Un distributeur qui s’était déplacé pour voir le film est tombé sous le charme de la comédie québécoise en noir et blanc, enclenchant le début d’une histoire d’amour avec les États-Unis.

La sortie de Slut In A Good Way en version originale sous-titrée en anglais est prévue pour ce vendredi sur 17 écrans américains. Pour son lancement au Québec, en mars 2018, Charlotte a du fun avait été présenté dans 11 salles.

Catherine Léger au micro de Stéphan Bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Catherine Léger

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Une belle surprise

Or, déjà, l’intérêt du public des États-Unis se fait sentir. La Gatinoise Catherine Léger, auteure et scénariste du film, s’amuse à lire les critiques habituelles publiées dans les jours précédant l’arrivée en salles. L’attention médiatique et l’engouement pour son projet semblent déjà bien installés avant même que le public n’ait vu le film.

C’est vraiment intéressant de voir que le film existe à ce point-là. Je ne rêvais même pas à ça, se réjouit-elle.

La dramaturge, qui a vu plusieurs de ses pièces de théâtre transposées sur scène, se dit heureuse de constater qu’il est possible de parler d’enjeux féministes. La réception semble d’autant plus positive lorsque c’est fait sous le sceau de la comédie.

De l’avis de Catherine Léger, c’est d’ailleurs ce qui a conquis le public et les critiques du nouveau terrain de jeu de Charlotte.

C’est une comédie audacieuse, mais accessible et, en même temps, dans l’air du temps. Parce qu’on s’entend qu’avec toutes les conversations sur le Me Too, sur la sexualité des femmes, le sujet arrive aussi au bon moment, soutient l’auteure.

Des propos d'actualité, partout

Dans ses productions, le désir de dédramatiser les enjeux féministes de Catherine Léger est flagrant. Pour elle, les réflexions se doivent d’être positives et les dialogues des personnages, authentiques. C’est comme ça qu’elle croit ajouter du réalisme à son scénario.

C’est sûr qu’il y avait toujours la peur que [le titre] choque, que ça envoie le mauvais message, puis qu’on ne se rende pas à notre public, ajoute-t-elle en indiquant que la cible principale est constituée des adolescents âgés de 13 à 17 ans.

Une jeune femme en nuisette sur son litAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une scène tirée du film « Charlotte a du fun »

Photo : Les Films Chrystal

La scénariste précise toutefois qu’elle a reçu plusieurs commentaires de femmes qui, peu importe leur âge, se sont reconnues dans les propos du long métrage lors du lancement québécois. Mme Léger se dit optimiste et s’attend à ce que son oeuvre résonne tout autant de l’autre côté des frontières.

Même si le titre est peut-être provocateur, on ressort de là avec quelque chose de lumineux.

Catherine Léger, auteure et scénariste

On va dans la beauté, le lumineux, et on ne va pas dans le côté érotisant qui aurait pu déranger au niveau du propos, dit-elle, en faisant référence aux relations saines et éducatives qu’entretient le personnage de la jeune Charlotte avec ses amants.

La mise en lumière des relations hommes et femmes ainsi que les réflexions d’actualité entourant Charlotte a du fun se transporteront d’ailleurs en Europe prochainement. La réalisatrice Sophie Lorain se rendra en France avec les comédiennes du film pour une tournée de promotion dès la mi-juin. Les portes s’ouvrent aussi en Argentine et au Chili pour le long métrage québécois, à une date demeurant à préciser.

Avec des informations de Mélanye Boissonnault

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