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L’Union européenne interdira les plastiques à usage unique dès 2021

Des bouteilles de plastiques jonchent une plage de Grèce.

Une plage de la mer Égée près d'Athènes en Grèce est polluée par des bouteilles et des gobelets de plastique. La mer Méditerranée est l'une des mers contenant la plus haute concentration de plastique du monde.

Photo : Getty Images / Milos Bicanski

Agence France-Presse

Cotons-tiges, pailles, bâtonnets à café : le Parlement européen a entériné mercredi à une large majorité la fin dans l'Union européenne, à partir de 2021, de ces produits en plastique à usage unique qui polluent les océans.

Une dizaine de catégories de produits pour lesquels existent des solutions de rechange, comme les couverts, les assiettes ou les bâtonnets pour ballons, seront interdits.

En ce qui concerne d'autres produits, notamment les emballages en plastique des aliments prêts à consommer, l'objectif est d'en réduire l'utilisation à l'échelle nationale et d'être plus exigeant quant à leur conception et à leur étiquetage.

Le plastique empoisonne nos mers, il tue leurs habitants et il nous menace, nous, au bout de la chaîne. Il était urgent d'agir.

Frédérique Ries, députée européenne de la Belgique

Le texte a été approuvé par 560 voix; 35 ont voté contre et 28 se sont abstenus.

La nouvelle législation « permettra de réduire la facture des dégâts environnementaux de 22 milliards d'euros, soit le coût de la pollution aux plastiques en Europe jusqu'en 2030 », a-t-elle ajouté.

Le texte de l'UE interdit également les plastiques dits oxodégradables (étiquetés biodégradables de façon abusive), comme certains sacs, et les récipients alimentaires et gobelets en polystyrène expansé, bien connus des habitués des repas à emporter.

Et les bouteilles

La législation, sur laquelle un accord avait été obtenu à la fin de décembre avec les États membres, fixe par ailleurs un objectif de collecte de 90 % des bouteilles en plastique d'ici 2029.

Ces bouteilles devront contenir 25 % de produit recyclé dans leur fabrication d'ici 2025, et 30 % d'ici 2030.

Le texte renforce aussi le principe du pollueur-payeur, en particulier pour l'industrie du tabac, qui devra couvrir à partir de 2023 les coûts de collecte et de recyclage des filtres à cigarettes, une plaie pour l'environnement, puisqu'il s'agit du deuxième produit en plastique (les filtres contiennent de l'acétate de cellulose) à usage unique le plus jeté dans l'UE.

Un mégot jeté à l'océan pollue entre 500 et 1000 litres d'eau.

Frédérique Ries, députée européenne de la Belgique

Les produits couverts par la législation représentent, selon la Commission, plus de 70 % des déchets marins, dont on retrouve des résidus dans de nombreuses espèces, comme les tortues de mer, les phoques, les baleines ou les oiseaux, mais aussi les poissons et les mollusques destinés à l'alimentation humaine.

Le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a souligné que « ces standards neufs et ambitieux devraient maintenant ouvrir la voie au reste du monde ».

Les pays asiatiques sont très intéressés par ce que nous faisons. Les pays d'Amérique latine aussi. Même si notre part de pollution est relativement limitée, notre changement de modèle économique a un impact global.

Frans Timmermans, premier vice-président de la Comission européenne

En présentant sa proposition en mai 2018, finalement adoptée en un temps record, la Commission européenne avait insisté sur le risque de voir plus de plastiques que de poissons dans les océans d'ici 2050 si rien n'était fait pour lutter contre la pollution.

Il est « maintenant temps pour les gouvernements nationaux » de mettre la nouvelle législation « en pratique, avec ambition et sans retard », a réagi l'alliance Rethink Plastic, qui regroupe des ONG pour un avenir sans plastique.

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