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L'infertilité pourrait-elle devenir une maladie au Québec?

Une manifestation pour demander le retour du programme de procréation médicale assistée gratuit.
Une manifestation pour demander le retour du programme de procréation médicale assistée gratuit. Photo: Radio-Canada
Jean-François Nadeau

Des voix s'élèvent pour réclamer que l'infertilité soit considérée comme une maladie au Québec. Pour l'Association Infertilité Québec, ce serait une façon d'obtenir l'assurance que les traitements seront financés par l'État, quel que soit le parti au pouvoir.

L'infertilité touche plus de 10 % des femmes et un couple sur six sur la planète.

La procréation assistée peut coûter jusqu'à 15 000 $ par traitement, une somme qui est hors de portée pour plusieurs personnes qui souhaitent avoir des enfants.

La fin du programme

La couverture publique du programme de procréation assistée a pris fin en 2015 à la suite d’une décision du gouvernement Couillard.

Les personnes infertiles ont maintenant accès à un crédit d’impôt qui permet de récupérer de 20 % à 80 % du coût des traitements, selon leurs revenus.

En reconnaissant l'infertilité comme une maladie, les traitements, selon certaines balises pour éviter les abus, seraient couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

« Ce n'est pas comme si c'était un programme qu'on vous retire quand on veut parce que l'enveloppe budgétaire n'est plus là pour ce programme là. Si ça fait partie des couvertures générales, comme on va couvrir les diabétiques ou les cardiaques, par exemple, on a moins de possibilités de réduire les couvertures », affirme la présidente de l'Association Infertilité Québec, Céline Braun.

Reconnaissance internationale

L'Organisation mondiale de la santé considère l'infertilité comme une maladie, tout comme plusieurs pays.

« Israël reconnaît que l'infertilité est une maladie. Il couvre les soins de fécondation in vitro, d'insémination, sans limites. La Suisse couvre, par le biais des assureurs privés, puisqu'il n'y a pas de régime public. Les assureurs considèrent que c'est une maladie. Même chose aux États-Unis. L'État couvre la procréation assistée en France », illustre Céline Braun.

Combattre les préjugés

Elle reconnaît que le sujet peut être sensible et qu'il faudra combattre certaines idées préconçues au Québec.

« Les gens qui parlent de leur infertilité, on leur dit : "C'est rien. Arrête d'y penser. Partez en vacances. Tu vas revenir et tu vas tomber enceinte". Ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que, souvent, c'est un problème de santé qui apporte l'infertilité. C'est très, très, très tabou encore », explique Céline Braun.

Projet de loi attendu

Le gouvernement Legault devrait déposer bientôt un projet de loi concernant la procréation assistée. La Coalition avenir Québec (CAQ) a promis, en campagne électorale, de rétablir la gratuité pour le premier cycle de fécondation in vitro.

Au cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, on rappelle par écrit que c'est toujours une priorité.

« Notre gouvernement a toujours l’intention de respecter son engagement de couvrir à nouveau les traitements de fécondation. Nous souhaitons cependant revoir le programme qui existait sous le gouvernement précédent et qui a été aboli. Nous ferons les choses correctement, dans l’ordre », nous a-t-on communiqué.

Céline Braun a bon espoir que son appel sera entendu.

« Sous le gouvernement Couillard, il était clair et certain que la couverture ne reviendrait jamais. La Coalition avenir Québec a toujours été du côté des patients atteints d'infertilité. L'écoute est toujours là. Je n'ai aucune crainte à ce que la couverture revienne. J'ai confiance », soutient-elle.

Soins et traitements

Santé