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Contrat résilié au Chili : la relation s'envenime entre SNC et Codelco

De la roche est amenée dans une usine.
Un projet minier de Codelco au Chili Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

La relation s'envenime entre SNC-Lavalin et une société d'État du secteur minier au Chili ayant résilié un important contrat avec la firme d'ingénierie, ce qui pourrait paver la voie à une dispute devant les tribunaux.

Irritée par la tournure des événements, la multinationale québécoise dit évaluer les répercussions « financières et légales » de la décision prise lundi par Codelco, le plus important producteur de cuivre au monde.

Nous examinons toutes les options.

Nicolas Ryan, porte-parole de la multinationale québécoise

Le porte-parole a ajouté qu'il ne présumait pas de l'issue de cette réflexion.

La veille, SNC-Lavalin avait déjà commencé à décocher des flèches à l'endroit de l'entreprise chilienne, se disant « consternée » et « surprise » par sa décision de mettre fin à un contrat de 260 millions de dollars américains entourant la plus importante mine de cuivre à ciel ouvert en raison de prétendus problèmes de qualité et de retards dans les paiements des sous-traitants et l'exécution du projet.

Conclue en novembre 2016, l'entente concernait l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction de deux nouvelles usines d'acide pour une fonderie à la mine Chuquicamata dans le nord du Chili.

Nous sommes d'avis que la résiliation de ce contrat est non fondée et constitue un manquement à l'entente conclue de bonne foi par les parties prenantes.

SNC-Lavalin

La compagnie a aussi souligné qu'il y avait pourtant eu une entente pour résoudre les différends par l'entremise d'un processus d'arbitrage accéléré.

La firme québécoise dit préparer un processus d'arbitrage en vue de récupérer les quelque 350 millions de pertes, qu'elle impute essentiellement à Codelco ainsi qu'à ses sous-traitants.

Autre tuile

Néanmoins, cette décision de Codelco survient après deux importantes révisions à la baisse de prévisions de bénéfices annoncées plus tôt cette année, principalement en raison de problèmes liés à ce contrat en Chili. Cela avait contribué à la glissade du titre de SNC-Lavalin à la Bourse de Toronto, qui se négocie actuellement aux alentours de 34 $, ce qui constitue un creux d'environ 10 ans.

De plus, l'entreprise est toujours au cœur d'une tempête politique qui ébranle le gouvernement Trudeau à Ottawa. L'affaire a éclaté en raison de pressions indues qui auraient été effectuées auprès de l'ex-procureure générale Jody Wilson-Raybould dans l'espoir de conclure un accord de réparation avec la multinationale.

Une telle entente permettrait à SNC-Lavalin d'éviter un procès criminel en lien avec des accusations de fraude et de corruption pour des gestes qui auraient été posés en Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi entre 2001 et 2011. Si elle est reconnue coupable, la firme pourrait perdre le droit de soumissionner sur des contrats fédéraux pendant une décennie.

Une tache

Dans une note, l'analyste Yuri Link, de Cannacord Genuity, a indiqué que les investisseurs ne devraient pas s'attendre à voir SNC-Lavalin récupérer des sommes liées à ce projet sud-américain au cours de la prochaine année.

Toutefois, la résiliation d'un contrat aussi important devrait entacher la réputation de la firme d'ingénierie dans le secteur minier, du moins à court terme, a estimé M. Link.

Il est extrêmement rare qu'un promoteur annule un contrat avec une société d'ingénierie et de construction. Au bout du compte, il s'agit néanmoins d'un revers mineur pour l'entreprise.

Yuri Link

De son côté, Frederic Bastien, de Raymond James, a souligné que la décision étonnante prise par Codelco faisait en sorte qu'il était difficile d'identifier, à l'heure actuelle, des « catalyseurs » pour le titre de SNC-Lavalin.

Par ailleurs, en fin de journée, lundi, l'entreprise a tenu à corriger le tir à la suite de propos tenus la semaine dernière par son président et chef de la direction Neil Bruce. Dans le cadre d'une entrevue accordée à La Presse canadienne, il avait affirmé ne pas avoir cité l'importance de protéger quelque 9000 emplois au Canada pour justifier la nécessité de conclure une entente visant à éviter un procès criminel.

SNC-Lavalin avait rappelé qu'un accord de réparation était la « meilleure façon de protéger et d'augmenter (ses) emplois directs » au pays.

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