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Le Venezuela de nouveau plongé dans le noir, Maduro accuse des « terroristes »

Des immeubles d'habitation sont dans le noir. De faibles lueurs apparaissent à seulement quatre fenêtres.
Un quartier résidentiel est plongé dans le noir à Caracas, le 25 mars. Photo: Reuters / Carlos Garcia Rawlins
Agence France-Presse

Le président Nicolas Maduro a accusé mardi des « terroristes » d'être à l'origine de la nouvelle mégapanne de courant qui plonge le Venezuela dans le noir, obligeant le gouvernement à prolonger jusqu'à mercredi soir la suspension des cours et de l'activité dans les administrations.

Le pays aux réserves pétrolières les plus importantes de la planète se remet à peine d'une première mégapanne, survenue du 7 au 14 mars. Mais depuis lundi après-midi, il est de nouveau à l'arrêt. Parallèlement, la tension continue de monter en raison de la récente arrivée de soldats russes à Caracas.

Mardi après-midi, le président Maduro a dénoncé sur Twitter un « incendie de grande envergure » visant la centrale de Guri, dans le sud du pays, qui fournit environ 80 % de l'électricité du Venezuela, soit l'équivalent de 30 millions d'habitants, et provoqué selon lui par des « terroristes » afin de « déstabiliser » son gouvernement.

Pour appuyer ces déclarations, le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, a diffusé sur le même réseau social des photos et des vidéos d'installations électriques en proie aux flammes.

Une version officielle rejetée devant le Parlement par le chef de l'opposition, Juan Guaido, reconnu président intérimaire par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis.

Il n'y a aucune explication sensée, crédible [...]. Ce n'est plus une cyberattaque ou une impulsion électromagnétique. À présent, c'est un sabotage, alors que l'armée garde chacune des installations électriques.

Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé, s'adressant au Parlement

À Caracas et dans de nombreuses villes du pays, les rues étaient en grande partie vides et les magasins fermés. Dans la capitale, de très rares bus circulaient et les stations de métro étaient fermées, a constaté l'AFP.

Un homme se trouve dans l'entrebâillement de la porte d'un autobus.Les transports en commun sont fortement eprturbés en raison de la panne d'électricité qui touche 21 des 23 États vénézuéliens. Photo : Reuters / Ivan Alvarado

« C'est une vraie catastrophe, une crise humanitaire; ici, on racle les fonds de tiroir », s'est plaint Noé de Souza, 36 ans, patron d'une des rares boulangeries ouvertes de la capitale, qui se pressait d'écouler son pain en promotion.

La panne a commencé lundi à 13 h 20, heure locale, à Caracas, mégalopole de 5 millions d'habitants qui sont soudainement privés d'eau, de transports publics, de téléphones, d'Internet et de terminaux bancaires, vitaux dans un pays où l'argent liquide est rare en raison de l'hyperinflation.

Elle touchait mardi 21 des 23 États du pays, selon des utilisateurs des réseaux sociaux faisant état de la situation chez eux. Le gouvernement ne précise pas l'ampleur de la panne.

Une vue en plongée montre une rue presque déserte et sombre.Une artère commerciale est quasi déserte et plongée dans le noir mardi à Caracas. Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Mardi, le gouvernement a prolongé d'une journée, soit jusqu'à mercredi soir, la suspension des cours et du travail dans les administrations, a annoncé en soirée la vice-présidente Delcy Rodriguez, sur Twitter.

Des soldats étrangers qui dérangent

Outre le manque d'électricité, la présence de troupes russes sur le sol vénézuélien provoquait de nombreuses réactions, dont celle de Juan Guaido qui a estimé mardi qu'elle violait la Constitution.

Deux avions russes transportant une centaine de militaires et 35 tonnes de matériel, « dans le cadre de la coopération technique et militaire » avec le Venezuela, sont arrivés à Caracas, a annoncé dimanche l'agence russe Sputnik. Cela a donné lieu à de vifs échanges lundi entre Washington et Moscou.

« Il semble que [le gouvernement de Nicolas Maduro] n'ait pas confiance en ses propres militaires, car il les fait venir de l'étranger [...]. Ils violent à nouveau la Constitution », a déclaré Juan Guaido devant le Parlement.

Juan Guaido est debout et parle dans un micro.Juan Guaido s'exprime devant le Parlement, le 26 mars. Photo : Reuters / Ivan Alvarado

La Russie « est en train de renforcer sa coopération avec le Venezuela en accord avec la Constitution de ce pays et dans le cadre de la loi », avait expliqué un peu plus tôt la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Le Groupe de Lima, composé de 13 pays latino-américains et du Canada, a fait part de sa « préoccupation » concernant la présence de troupes russes et a « condamné toute provocation ».

Les pannes d'électricité sont fréquentes ces dernières années dans le pays pétrolier, jadis le plus prospère d'Amérique du Sud, et le gouvernement les attribue systématiquement à des sabotages de la part de l'opposition ou à des attaques extérieures.

Cette nouvelle panne est un coup dur pour l'économie vénézuélienne, en crise profonde. Selon des estimations du Parlement, contrôlé par l'opposition, et des organisations professionnelles, la gigantesque coupure de début mars lui a fait perdre des centaines de millions de dollars. Elle a notamment paralysé l'activité portuaire du pays, cruciale pour ses exportations de pétrole.

Cette coupure de courant généralisée avait créé une situation chaotique dans les établissements de soins, seule la moitié des hôpitaux du pays étant équipée de générateurs. Les écoles et les administrations étaient restées fermées pendant sept jours.

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