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La mère d’un jeune homme assassiné en 2017 réclame une compensation plus juste

Gina Settee tenant une photo de son fils.

Gina Settee estime qu'elle devrait pouvoir avoir accès à une compensation financière même si son fils a été en prison.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Une mère de Winnipeg demande que la Déclaration des droits des victimes soit modifiée pour prendre en compte les proches des victimes ayant un passé criminel et leur permettre de recevoir des compensations financières.

Bryer Prysiazniuk-Settee a été assassiné, le 8 février 2017, à l’âge de 24 ans. Sa mère, Gina Settee, a reçu, moins d’une semaine après, une lettre des Services aux victimes de la province l’informant qu’elle et ses trois enfants restants ne pourraient recevoir de compensation dans la mesure où son fils a séjourné en prison.

« C’est un humain malgré tout. Pourquoi est-il traité comme si sa vie ne comptait pas? Ça fait vraiment mal », déclare Gina Settee.

Depuis la mort de son fils, elle souffre de deuil incapacitant et de stress post-traumatique.

Les familles des victimes d’homicide au Manitoba sont normalement admissibles à une série de services de soutien allant de l’aide pour trouver un thérapeute à la compensation du salaire perdu et au recouvrement des frais d’obsèques.

Ces aides ne sont néanmoins pas accessibles aux familles des victimes ayant été en prison au courant des dix dernières années avant leur mort.

Huit mois avant son décès, Bryer Prysiazniuk-Settee terminait une peine de prison pour vente de drogue.

« Simplement parce qu’il a été en prison, cela ne fait pas de lui une moins bonne personne. Vous savez, les gens font des erreurs, ils changent », souligne sa mère.

La directrice de l’Organisation d’assistance aux victimes du Manitoba, Karen Wiebe, dont le fils a été assassiné en 2003, veut également que des changements soient faits dans la Déclaration des droits des victimes.

« Si vous êtes une victime, vous êtes une victime. Vous ne pouvez pas blâmer la famille pour ce que leur proche a fait. Elle a besoin de soutien », affirme-t-elle.

Elle ajoute qu’elle envisage de parler de ce problème au ministre de la Justice, Cliff Cullen, lors de leur rencontre la semaine prochaine.

D'autres aides disponibles

Un porte-parole du ministère de la Justice souligne néanmoins que d’autres programmes d’aide existent pour les familles qui ne rentrent pas dans les critères de la Déclaration des droits des victimes.

« Les Services aux victimes financent également le Centre de thérapie familiale Aurora qui fournit du conseil pour les deuils dus à des homicides. Les familles sont aussi dirigées vers l’Organisation manitobaine pour l’assistance aux victimes, Ka Ni Kanichihk, Eyaa-Keen et Compassionate Friends pour du conseil et de l’aide supplémentaire », précise le ministère.

Après avoir dû quitter temporairement son emploi de travailleuse sociale et être retombée, pour un temps, dans l’alcool et les drogues, Gina Settee a fini par trouver du soutien gratuit à la clinique Mount Carmel. Elle a également pu reprendre son emploi.

Avec des informations de Laura Glowacki

Manitoba

Droits et libertés