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Diffuseur sur Twitch, un métier tout en nuances

Une capture d'écran du documentaire Streamer montrant le diffuseur québécois Jean-François Tremblay, alias Bast_50.

Jean-François Tremblay, alias Bast_50, diffuse chaque jour ses parties de jeux vidéo sur Twitch.

Photo : Office national du film du Canada

Karl-Philip Vallée

Animateurs, entrepreneurs, joueurs professionnels... Les personnes qui diffusent leurs séances de jeux vidéo sur des plateformes comme Twitch pratiquent un métier tout en nuances, loin des clichés. Ces diffuseurs prennent la parole et décortiquent leur métier dans Streamers, une série documentaire de l'Office national du film (ONF) en ligne depuis d'aujourd'hui.

Si vous ne connaissez pas Twitch, il y a fort à parier que vos enfants ou vos amis, eux, consultent le site régulièrement. Avec ses 100 millions d’utilisateurs mensuels, dont 15 millions qui se connectent chaque jour, cette plateforme rassemble des gens de tous les horizons qui évoluent dans un écosystème indépendant des médias traditionnels.

Cette bulle a donné naissance à plus de 2,2 millions de diffuseurs, des hommes et des femmes qui sont tous devenus des célébrités auprès de leur communauté respective. Certains, comme Ninja, gagnent des millions de dollars par année et entretiennent des partenariats qui leur rapportent une grande notoriété. La plupart des diffuseurs ont toutefois une carrière plus modeste, bien que bon nombre d’entre eux parviennent à gagner leur vie avec ce métier.

L’interaction au cœur de l’expérience

C’est le cas de Jean-François Tremblay, alias Bast_50 (Nouvelle fenêtre), un Montréalais ayant commencé à diffuser ses parties sur Twitch il y a quatre ans. Cet ex-propriétaire d’une boutique de jeux vidéo décrit Twitch comme un environnement où la relation entre le diffuseur et son public occupe une place centrale, par le biais de la discussion instantanée intégrée aux vidéos en direct.

« Twitch, c’est une expérience complète, explique M. Tremblay. Quand les gens viennent sur ma chaîne, ils savent qu’ils peuvent avoir une conversation avec moi. Pose-moi des questions, ça ne me dérange pas! Même moi j’en pose aux gens. »

Le réalisateur de Streamers, Guillaume Braun, abonde dans le même sens. « La communication, c’est la clé. Ce qui démarque la plateforme, ce sont les communautés qui gravitent autour. YouTube, Facebook et Mixer sont d’autres plateformes qui offrent de la [diffusion en continu]. Elles ne se distinguent pas par les outils, mais plutôt par leurs communautés. »

Un modèle qui encourage les excès

La relation parfois presque intime qu’entretiennent les diffuseurs avec leur public est d’ailleurs essentielle pour pouvoir gagner de l’argent sur la plateforme. « L’argent que les [diffuseurs] récoltent est basé sur trois principes : une générosité mensuelle sous la forme d’abonnements payants, une générosité ponctuelle sous la forme de dons et des revenus provenant de commanditaires et de publicités. »

Les diffuseurs ont exactement le même fardeau qu’une chaîne de télévision spécialisée.

Guillaume Braun, réalisateur de Streamers

Ce modèle encourage les producteurs de contenu à diffuser le plus souvent et le plus longtemps possible, ce qui peut en pousser certains vers l’excès.

« C’est un peu le même principe qu’avec les chauffeurs de taxi : plus on travaille, plus on peut faire de l’argent, explique Guillaume Braun. Ça peut devenir malsain, comme ça peut être malsain de travailler 16 heures par jour au bureau. Mais en ce moment, beaucoup de diffuseurs découvrent que ce n’est pas tant le nombre d’heures qui compte que la qualité du contenu. Tout est une question d’équilibre. »

L’omniprésente incertitude

Cet équilibre n’est toutefois pas facile à trouver, si l’on en croit Jean-François Tremblay. « C’est extrêmement difficile et je ne pense pas que je l’ai trouvé encore. Je [diffuse] de 23 h à 8 h tous les jours, sans compter les entrevues, les partenariats et tout le travail supplémentaire autour. Dans les quatre dernières années, j’ai pris une fin de semaine de vraies vacances seulement. »

Cette attitude répandue sur les plateformes de diffusion en ligne est exacerbée par l’incertitude qui guette constamment ces travailleurs autonomes.

Nombreux sont ceux qui craignent d’être remplacés par de nouveaux talents émergents et de disparaître s’ils prennent une pause. Les modifications parfois arbitraires des règles entourant la rémunération des créateurs de contenu constituent aussi une source de stress répandue dans l’industrie.

« Je pense beaucoup à mon avenir, affirme Jean-François Tremblay. Il y a 15 ans, ça n’existait pas les iPhone. Dans 10 ans, qu’est-ce qui va se passer avec Internet? Je ne le sais pas. D’ici là, je mets la pédale à fond! »

Les quatre épisodes de la série Streamers se trouvent sur les pages YouTube (Nouvelle fenêtre) et Facebook (Nouvelle fenêtre) de l’ONF.

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