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Accompagnantes à la naissance : une profession qui peine à émerger

Une femme enceinte devant un coucher de soleil.

Les accompagnantes à la naissance sont des personnes spécialement formées pour offrir un soutien non médical durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale.

Photo : Getty Images / Rostislav Sedlacek

Radio-Canada

Les Ontariennes s'intéressent de plus en plus aux services d'accompagnement à la naissance, indiquent des travailleuses dans le domaine. Mais selon elles, le manque de structure et de reconnaissance empêche l'industrie d'émerger dans le nord de la province.

Les accompagnantes à la naissance, communément appelées des « doulas », offrent des services d’appui aux couples enceints.

Une doula, c’est une source d’appuie émotionnel et éducationnel, explique Sophie Misouri, une accompagnante du centre de soins sudburois Wild Oats Birth Services. Elles expliquent aux nouveaux parents – et même aux parents qui ont déjà quatre ou cinq enfants – à quoi s’attendre pendant la grossesse sur le plan physiologique et émotif.

C’est comme avoir l’appui de ta meilleure amie, si ta meilleure amie était une experte en accouchement.

Sophie Misouri, accompagnante à la naissance basée à Sudbury

Les accompagnantes ne sont pas des sages-femmes

Les sages-femmes sont des prestataires de soins de santé réglementées qui surveillent la grossesse et pratique l'accouchement.

Les accompagnantes à la naissance sont des personnes qui offrent un soutien non médical durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. L’emploi ne requiert aucune formation précise, n’est pas réglementé par un ordre provincial et n’est pas sous la surveillance du Bureau du Commissaire à l’équité.

Une question d'argent

L’industrie fait toutefois face à des défis, explique Melissa Cowl de l’Assocation of Ontario Doulas.

En dépit d’un influx d’intérêt, le coût est une barrière importante pour bien des femmes, dit-elle.

Melissa Cowl, accompagnate de l'Assocation of Ontario Doulas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Melissa Cowl, accompagnate de l'Assocation of Ontario Doulas

Photo : Radio-Canada

Les gens veulent le service. On voit leur intérêt, ils nous posent des questions, mais, au bout du compte, l’argent est roi.

Il y a une vingtaine d’années, lorsque j’ai commencé à travailler en tant qu’accompagnante, le prix n’était que de 250 $ à 300 $ par grossesse. C’était abordable, se rappelle-t-elle. Mais maintenant, les gens ne peuvent se permettre de débourser 1000 $. C’est prohibitif!

Le service est pourtant plus abordable dans le nord de la province qu’à Toronto, où la profession voit une période d’effervescence sans précédent.

À Toronto, une accompagnante est rémunérée jusqu’à 1800 $ par grossesses. Dans le Grand Sudbury, elle sera rémunérée de 800 $ à 1200 $ pour le même travail. Elle devra travailler deux fois plus fort pour faire le même salaire qu’une accompagnante torontoise.

Ce n’est pas une profession viable.

Melissa Cowl, accompagnante de l'Assocation of Ontario Doulas

Les accompagnantes, dit-elle, doivent donc se trouver un deuxième emploi à temps partiel ou même à temps plein pour pouvoir vivre.

Tu ne peux pas faire assez d’argent en tant qu’accompagnante, affirme-t-elle. Que tu sois la seule à North Bay, une de 60 à Barrie, ou une des centaines à Toronto, ce n’est assez pour te permettre de vivre par ce qu’il n’y a pas toujours du travail.

La solution coopérative

Lesley Taylor, qui se décrit comme la seule accompagnante d’accouchement certifiée à North Bay, n’est pas d’accord.

Mme Taylor a sa propre entreprise d’accompagnement à la naissance depuis neuf ans.

Si elle ne travaille pas à temps plein en tant qu’accompagnante, ce n’est pas par manque de demande, dit-elle.

Je ne prends que deux clientes qui accouchent chaque mois, explique l’accompagnante. Je pourrais en prendre 10 ou 12. Mais ma plus grande peur, c’est que deux femmes accouchent en même temps et je ne pourrais être présente pour les deux.

Elle explique qu’une coopérative d’accompagnante, à l’image de celle des sages-femmes, permettrait de prendre plusieurs clientes à la fois.

Ce serait plutôt une pénurie d’accompagnantes certifiée qui serait la cause du problème, selon elle.

Elle aimerait voir plus d’accompagnantes certifiées dans le nord ontarien.

Sa certification de la Childbirth and Postpartum Professional Association n’a pris que trois jours en classe.

Ensuite, il y a des manuels à lire est des travaux à compléter, mais tu le fais tout en pratiquant le métier, explique-t-elle.

Vers une reconnaissance gouvernementale

Mme Cowl croit que le problème est le manque de ressource et de réglementation.

Elle explique qu’elle fait du lobbying pour que le gouvernement ontarien reconnaisse les accompagnantes comme des professionnelles de la santé.

Si vous être des prestataires de soins de santé réglementés, alors les compagnies d’assurance payent au moins une partie de vos frais, dit-elle.

Les massothérapeutes, chiropraticiens, naturopathes, diététistes : ils sont tous réglementés par le gouvernement ontarien.

Melissa Cowl, accompagnante de l'Assocation of Ontario Doulas.

Elle espère donc que le gouvernement ontarien reconnaîtra l’Assocation of Ontario Doulas de la même manière qu’il reconnaît l’Ordre des sages-femmes ou l’Ordre des chiropraticiens de l'Ontario.

Nous sommes prêts à scinder l’organisme en deux : le Collège des accompagnantes et l’Ordre des accompagnantes. Ça fait sept ans qu’on est prêt. On attend juste que le gouvernement soit partant.

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