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L'administration Trump rêve d'un retour des astronautes sur la Lune d'ici 2024

La surface de la Lune telle qu'observée par la sonde Galileo en 1992.

La surface de la Lune telle qu'observée par la sonde Galileo en 1992.

Photo : NASA/JPL/USGS

Agence France-Presse

Agacé par la lenteur et l'« inertie bureaucratique » de la NASA, le gouvernement de Donald Trump a annoncé mardi une accélération du retour d'astronautes américains sur la Lune, de 2028 à 2024.

Le vice-président américain Mike Pence l'a annoncé lors d'un discours très sévère à l’endroit de l'agence spatiale américaine à « Rocket City », à Huntsville dans l'Alabama, où sont construites depuis les années 60 les fusées américaines.

« Sur ordre du président, la politique officielle de cette administration et des États-Unis d'Amérique est de faire revenir des astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans », a déclaré Mike Pence, qui préside le Conseil national de l'espace, une instance de la Maison-Blanche sortie des limbes par Donald Trump après son arrivée au pouvoir.

« La première femme et le prochain homme sur la Lune seront des astronautes américains, lancés par des fusées américaines depuis le sol américain », a ajouté Mike Pence, confirmant ce qu'avait dit l'administrateur de la NASA : une femme devrait être la prochaine à fouler le sol lunaire dans le cadre de la mission Apollo 11.

Un astronaute salue un drapeau américain planté dans le sol de la lune.

Le pilote de la mission Apollo 15, James B. Irwin, salue le quatrième drapeau américain planté dans le sol lunaire le 30 juillet 1971.

Photo : Associated Press / Nasa

Donald Trump avait entrepris de sortir la NASA de la torpeur dans laquelle elle était entrée avec la fin des navettes spatiales en 2011. En 2017, il s'était fixé l'objectif d'effectuer un retour sur la Lune, retour devant servir de première étape avant l'exploration humaine de Mars.

La NASA avait finalement établi un calendrier progressif d'envoi de robots et d'instruments, avant un alunissage en 2028. « Cela ne suffit pas. Nous valons mieux que cela. Cela nous a pris 8 ans pour aller sur la Lune la première fois, il y a 50 ans, alors que nous ne l'avions jamais fait. Cela ne devrait pas nous prendre 11 ans pour y retourner », a déclaré Mike Pence.

Il a comparé Donald Trump à John F. Kennedy, tous deux « rêveurs ». Et il a ravivé le langage de la guerre froide, substituant la Chine à l'URSS comme grande rivale dans l'espace. « Nous sommes engagés dans une course spatiale tout comme dans les années 60, mais les enjeux sont plus importants », a affirmé le numéro deux américain. Il a rappelé que la Chine avait fait atterrir un robot sur la face cachée de la Lune, « révélant son ambition de saisir l'avantage lunaire ».

La menace du recours au privé

Tranchant avec le ton feutré et les louanges habituellement réservés à la mythique agence spatiale, il a vertement critiqué les années de retard et les milliards de dollars de dépassement de budget de la puissante fusée SLS, en cours de construction par Boeing pour la NASA, et dont le premier vol (non habité) était prévu pour 2020, jusqu'à ce que la NASA annonce récemment qu'elle ne serait pas prête à temps.

Et dans ce temple industriel de la NASA, il a menacé directement Boeing.

« Si les sous-traitants actuels ne peuvent atteindre cet objectif, nous en trouverons d'autres qui y parviendront, a dit Mike Pence. Si les fusées privées sont la seule façon de ramener des astronautes américains sur la Lune dans cinq ans, alors ce seront des fusées privées. »

Lancement d'une fusée.

La fusée Falcon 9 de SpaceX lancée dimanche de Cap Canaveral transportait le nouveau satellite de Télésat.

Photo : Radio-Canada / SpaceX

Il n'a pas cité SpaceX ou d'autres sociétés, mais l'allusion était claire. SpaceX a actuellement des fusées capables de lancer des charges lourdes dans l'espace, et Mike Pence a sous-entendu qu'au lieu d'attendre que la fusée gouvernementale SLS soit prête, l'administration était disposée à louer les services de transporteurs privés moins chers.

« Nous allons demander à la NASA non seulement de changer de politique, mais d'adopter un nouvel état d'esprit, a poursuivi le vice-président. La NASA doit se transformer pour devenir une organisation plus légère, plus agile et qui rend plus de comptes. Si la NASA n'est pas capable d'envoyer des astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans, nous devons changer l'organisation, pas la mission. »

« Message parfaitement reçu », a répondu quelques minutes plus tard le patron de la NASA, Jim Bridenstine, qui a assuré que SLS serait accélérée et finalement prête en 2020.

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