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Les directions d'écoles réclament l'application de la laïcité au privé aussi

Des élèves assis à leur bureau dans une classe.
L'école privée échappera à la loi sur la laïcité. Photo: iStock / noipornpan
Radio-Canada

L'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES) accueille favorablement la possibilité que l'interdiction du port de signes religieux s'étende aux directeurs d'établissements, comme le veut le projet de loi sur la laïcité qui doit être déposé à l'Assemblée nationale. Mais elle est d'avis que l'interdiction devrait également s'appliquer dans les écoles privées subventionnées, ce que ne prévoit pas le texte.

En entrevue à Radio-Canada, la présidente de l’AMDES, Hélène Bourdages, a estimé qu’il est logique que les patrons des enseignants, à qui l’on interdirait le port de signes religieux, soient soumis au même traitement. Mais Mme Bourdage croit qu’il s’agit d’un faux débat, puisqu’il n’y a que peu ou pas de directeurs qui arborent des signes religieux dans les écoles francophones publiques.

Le problème se trouve dans la disparité de traitement entre le privé et le public, puisque les institutions privées échapperont aux diktats de la laïcité, avance-t-elle. « C’est un non-sens, estime Mme Bourdages. Ça ne peut pas être deux mesures différentes pour une même province qui veut [proscrire] les signes religieux. »

Mme Bourdage souligne que c’est dans les écoles privées que l’on retrouve des symboles religieux et non au public. « Où trouve-t-on les signes religieux? C’est dans les écoles privées confessionnelles musulmanes, juives », insiste-t-elle.

Si le gouvernement veut avoir le courage de ses convictions, il doit aussi imposer cette loi-là aux écoles privées subventionnées.

Hélène Bourdage, présidente de l'AMDES

Le gouvernement devrait déposer jeudi son projet de loi sur la laïcité et, selon les informations obtenues par Radio-Canada, la Coalition avenir Québec (CAQ) entend imposer l'interdiction du port de signes religieux aux enseignants, aux directeurs d'école, ainsi qu'aux constables spéciaux, aux gardes du corps, policiers, juges et gardiens de prison.

Il semble cependant acquis que le projet de loi inclura une clause de droits acquis (clause grand-père), qui protégera les employés de l’État portant présentement des signes religieux. Ils seraient environ 500 dans cette situation.

De son côté, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) demande au gouvernement de renoncer à recourir à la clause dérogatoire pour éviter que son projet de loi soit déclaré inconstitutionnel.

Le président du syndicat, Sylvain Malette, estime que si le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Intégration, Simon Jolin-Barrette, est aussi convaincu qu'il le prétend que son projet de loi respecte les chartes des droits et libertés, il peut se passer de cette disposition constitutionnelle.

La FAE a par ailleurs déposé un recours en Cour supérieure pour réclamer une injonction permanente interdisant aux commissions scolaires ou aux directions d’école d’effectuer des recensements des enseignants portant des signes religieux.

Valérie Plante souhaite attendre

Pressée par l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, mardi, la mairesse Valérie Plante a refusé de se prononcer sur le projet de loi du gouvernement Legault.

« Ceci étant dit, j’ai déjà dit clairement que, pour moi, le port d’un signe religieux n’avait pas d’impact sur la capacité d’une personne à exercer un métier », a toutefois réitéré Mme Plante.

« Pour ce qui est des services de la Ville de Montréal, je le rappelle : tout le monde a le droit de donner et de recevoir des services, peu importe qui ils sont et ce qu’ils portent », a-t-elle ajouté.

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