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Troubles alimentaires : le Nouveau-Brunswick manque de ressources

Une femme et un pèse-personne.
Peu de ressources sont offertes aux jeunes qui souffrent de troubles alimentaires au Nouveau-Brunswick. Photo: Getty Images / Tero Vesalainen
Radio-Canada

Les troubles alimentaires touchent de plus en plus d'enfants et d'adolescents au Nouveau-Brunswick, mais des parents doivent surmonter des difficultés pour que leurs enfants aient accès aux soins nécessaires.

C’est le cas d’Ana Berli, dont la fille qui souffre de troubles alimentaires a quitté le Nouveau-Brunswick pour être soignée au Québec.

Ana Berli a pris les rênes du dossier médical de sa fille dans l’espoir qu’elle puisse se faire soigner au Nouveau-Brunswick.

On ne [sait] pas où aller, de un, et on ne connaît [...] ces personnes-là, quelles sont ces ressources. Donc, si le domaine de la santé ne connaît pas lui-même les ressources, ne peut pas nous guider, bien, nous sommes encore moins équipés qu'eux, affirme Ana Berli.

Ana Berli en entrevue dans sa maisonAna Berli explique que sa fille a dû quitter le Nouveau-Brunswick parce qu'elle n'y recevait pas les soins adéquats pour son trouble alimentaire Photo : Radio-Canada

Pour soigner des enfants souffrant de troubles alimentaires, il faut mobiliser des diététistes, des psychologues et des médecins, mais l'accès à ces services se révèle difficile pour les familles.

Ce n'est pas de mauvaise foi que nous ne recevons pas de bons services vraiment. C'est parce qu'il y a un manque de formation, il y a un manque d'expertise parmi les personnes qui sont ici, estime Mme Berli.

Miguel Aguierre, père d'une fillette de 11 ans qui souffre de troubles alimentaires, a aussi envisagé de quitter le Nouveau-Brunswick.

Il y a un an, sa fille était en pleine forme, mais rapidement son poids a commencé à chuter, explique-t-il. Inquiet, il a voulu consulter un médecin, mais il était trop difficile d'avoir un rendez-vous dans une clinique. Il s’est rendu à l’urgence de l’Hôpital de Moncton où, selon lui, on lui a seulement dit que sa fille perdait du poids avant de lui donner son congé.

Miguel Aguierre en entrevue dans sa maisonMiguel Aguierre explique que sa fille n'a commencé à recevoir l'aide d'un spécialiste qu'au moment où son état était jugé critique. Photo : Radio-Canada

Amaigrie, méconnaissable, la jeune fille ne mangeait plus. Le temps passait et elle continuait de perdre du poids, ajoute M. Aguierre, qui se sentait impuissant devant cette situation.

À ce moment, la famille envisageait de retourner en Amérique du Sud, d'où elle est originaire, dans l'espoir d’avoir afin accès à un spécialiste qui pourrait soigner la jeune fille. Ce n'est qu'à leur sixième visite à l'urgence qu'un pédiatre l’a prise en charge puisque son état était devenu critique. Son coeur ne battait que faiblement. Depuis ce moment, elle est suivie médicalement et elle se porte mieux.

Pénurie de spécialistes en matière de troubles alimentaires

Le Réseau de santé Vitalité reconnaît qu'il y a une pénurie de psychologues et de psychiatres dans la province. Il ne peut agir pour soigner les personnes souffrant de troubles alimentaires qu’en cas de situation urgente.

On ne peut pas nécessairement prendre de mesures coercitives à moins que la personne soit dans un état de dénutrition, que sa sécurité physique, sa santé, soient sérieusement mises en péril, explique le vice-président aux services communautaires et à la santé mentale chez Vitalité, Jacques Duclos.

Jacques Duclos en entrevue dans son bureauJacques Duclos est vice-président aux services communautaires et à la santé mentale au Réseau de santé Vitalité. Photo : Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick, contrairement à la majorité des provinces canadiennes, n’a pas de centre où sont rassemblés les services nécessaires, souligne la diététiste Jennyfer Bezeau.

On n’a pas de centre en tant que tel pour les troubles alimentaires. Donc, il n’y a pas de services spécialisés où on va retrouver vraiment les services appropriés adaptés aux troubles alimentaires. Quelqu’un qui veut vraiment avoir des soins intensifs va devoir sortir de la province, dit-elle.

La province manque aussi de spécialistes en ce domaine, indique la psychologue Julie Villers.

Il y en a quelques-uns [dans] la province, mais peut-être que c’est trois ou quatre qui vont vraiment se spécialiser là-dedans, puis c’est vraiment difficile d’avoir des services, estime Mme Villers.

Vitalité mise sur la sensibilisation aux problèmes de santé mentale et sur l'offre de certains outils pour éviter que tous les cas de trouble alimentaire aboutissent aux salles d’urgence des hôpitaux.

Avec les renseignements de Marielle Guimond

Nouveau-Brunswick

Santé physique et mentale