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Le compostage s’élargit à petits pas à Montréal

Un bac brun en bordure de la rue, en hiver.
Des immeubles de neuf logements et plus sont intégrés au programme de compostage, malgré l’absence d'un centre de traitement sur l'île de Montréal Photo: Radio-Canada / Martin Thibault
Daniel Blanchette-Pelletier

Malgré l'absence d'une usine de compostage, la collecte des matières organiques s'étend progressivement sur l'île de Montréal. Tous les immeubles de huit logements et moins seront desservis d'ici la fin de l'année, et l'intégration de ceux de neuf logements et plus a débuté.

Le programme de compostage est actuellement offert à toutes les résidences unifamiliales ainsi qu'à la majorité des immeubles de huit logements et moins. D’ici l'an prochain, les 540 000 logements de ces immeubles seront desservis.

L’absence d’une usine de compostage retarde cependant l’implantation du programme pour les immeubles de neuf logements et plus.

« La pire chose qu’on pourrait faire, c’est déployer et ne pas être prêt, explique Jean-François Parenteau, responsable de l’environnement et du développement durable à la Ville de Montréal. On aurait un résultat contraire, et on ne veut pas envoyer un message négatif aux citoyens. »

Réseau saturé

Un camion décharge des sacs et résidus compostables.Un camion décharge des sacs et résidus compostables. Photo : Radio-Canada

À l’heure actuelle, toutes les matières organiques sur l’île de Montréal sont acheminées et traitées à Brownsburg-Chatham, dans les Laurentides, et à Saint-Thomas, dans Lanaudière.

Ces usines se rapprochent cependant de leur capacité maximale, et transporter ces matières à l’extérieur de l’île n’est pas non plus très écologique, reconnaît Jean-François Parenteau, qui est aussi le maire de Verdun.

Malgré tout, la Ville de Montréal dispose d’une certaine marge de manoeuvre pour intégrer des immeubles de neuf logements et plus, lorsque ceux-ci se trouvent dans des secteurs résidentiels déjà largement desservis.

« Pour ne pas scinder les opérations, et envoyer un message de "toi tu peux, toi tu ne peux pas", on va l’intégrer », donne pour exemple M. Parenteau.

Cette intégration se fait progressivement, explique l’élu, parce qu’il faut mesurer combien cela représente de matières organiques à récupérer.

« Admettons qu’on déploie dans un immeuble de neuf logements et plus qui compterait 140 unités, enchaîne-t-il. Sur les 140, combien d’unités vont adhérer? Vont-elles adhérer de façon maximale ou non? C’est ça qu’on essaie d’évaluer. »

Comme les gens ne compostent pas à 100 % dans le déploiement, ça nous laisse une petite marge de manoeuvre.

Jean-François Parenteau, maire de Verdun

Environ 18 000 portes dans des immeubles de neuf logements et plus sont maintenant desservies. L’approche varie cependant d’un arrondissement à l’autre.

L’exemple du Sud-Ouest

Sur une table en bois, un sac de plastique vert est rempli de résidus alimentaires.La Ville de Montréal a commencé à collecter les matières organiques il y a quelques années. Photo : iStock / YinYang

L’arrondissement du Sud-Ouest est l’un des premiers à avoir complété l’implantation de tous les immeubles de huit logements et moins.

On s’attarde désormais aux plus grands immeubles. Le programme de compostage a été implanté dans deux coopératives d’habitation de Griffintown, dès 2017. Cinq autres habitations du quartier Saint-Henri viennent également de commencer à composter.

Le seul critère : qu’une association de propriétaires dans l’immeuble prenne en charge le projet, explique la coordonnatrice du volet gestion des matières résiduelles à l’éco-quartier du Sud-Ouest, Clélia Sève.

« On a beaucoup de volonté de la part des résidents, avec une liste d’attente pour les résidents qui veulent s’implanter, mais qui ne le peuvent pas encore » à cause de la saturation du réseau, poursuit-elle.

On y va avec l'implantation progressive, tant qu’on peut. On serait prêt à aller plus loin, mais tant qu’une usine n’est pas construite à Montréal, on ne peut rien faire de plus.

Clélia Sève, Éco-quartier du Sud-Ouest

Est-ce que la Ville de Montréal pourrait être plus agressive? Peut-être, mais l’approche prudente permet d’assurer un service uniforme, selon les observateurs sur le terrain. Les résultats sont aussi meilleurs quand il y a une volonté de participer.

L’entrée progressive des neuf logements et plus permet aussi de voir comment ça se passe en vue d’un déploiement à grande échelle d’ici deux ans, note Jean-François Parenteau.

« En fonction de ce déploiement, on travaille avec des associations de propriétaires et différentes façons de collecter pour s’assurer d’être le plus efficace possible », assure-t-il.

Objectif 2021

Une carte du secteur.Le futur centre sera construit à l'intersection du boulevard Henri-Bourassa Ouest et de la rue Valiquette, dans l'arrondissement de Saint-Laurent. Photo : Ville de Montréal

Les élus montréalais se sont entendus à la mi-février pour la construction d’un centre de compostage dans l'arrondissement de Saint-Laurent, au coût de 175 millions de dollars.

Cette usine, qui entrera en opération en septembre 2021, est attendue depuis plus de 10 ans. Elle traitera 50 000 tonnes de matières organiques annuellement.

Cela permettra d’aller de l’avant progressivement avec tous les immeubles de neuf logements et plus, puis le commercial et l’industriel, se réjouit M. Parenteau. Mais un déploiement complet n’est pas envisageable pour le moment. Quatre autres projets d’usine de compostage annoncés par la précédente administration ont été reportés pour des raisons financières.

Le taux de récupération des matières organiques est actuellement de 27 % à 29 % dans la métropole.

Grand Montréal

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