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Les grasses matinées du week-end ne compensent pas le manque de sommeil de la semaine

Photo: iStock
Alain Labelle

Tenter de récupérer en fin de semaine les heures de sommeil perdues durant la semaine ne permet pas de prévenir la dérégulation métabolique associée aux périodes répétitives de sommeil insuffisant, préviennent des chercheurs américains.

Les travaux du chercheur Christopher Depner et de ses collègues de l'Université du Colorado Boulder montrent en effet que le manque de sommeil sur une période de 5 jours dérégule l'horloge circadienne interne et favorise l’augmentation de l'apport calorique tard dans la nuit, entraînant par le fait même un gain de poids.

Pour comprendre l'influence du sommeil de récupération de la fin de semaine, les chercheurs ont étudié trois groupes de participants sur une période d'une semaine et demie:

  • un groupe témoin dormait un nombre suffisant de 9 heures de sommeil par jour;
  • un groupe était privé de sommeil et n'avait droit qu'à 5 heures par nuit;
  • un groupe était privé de sommeil pendant la semaine, puis avait droit à un nombre illimité de sommeil pendant le week-end.

Leurs résultats montrent aussi que les participants qui ont profité d’une période de récupération du sommeil au cours de la fin de semaine n’ont pas vu les symptômes associés au manque de sommeil s’atténuer comparativement au groupe témoin privé de sommeil au cours de la fin de semaine également.

Conclusion : les plus longues heures de sommeil le week-end semblaient insuffisantes pour contrer les conséquences métaboliques d'un manque de sommeil prolongé.

En outre, le sommeil de récupération n'a pas réduit la sensibilité à l'insuline.

Le saviez-vous?

  • Le nombre d’heures de sommeil recommandé pour les adultes se situe entre sept et neuf heures.
  • Le tiers des Canadiens âgés de 18 à 64 ans ne dorment pas le nombre d'heures recommandé.
  • En moyenne, les Canadiens adultes de 18 à 64 ans dorment 7,12 heures, mais une différence existe entre les hommes (7 heures) et les femmes (7,24 heures).
  • Dormir moins de 7 heures par nuit modifie l'activité des marqueurs biologiques associés au rythme circadien, comme les hormones.
  • À long terme, les problèmes liés au manque de sommeil sont sérieux et incluent la dépression, des troubles de la mémoire, du stress chronique, et l’obésité.

L'horloge circadienne déboussolée

L'une des conclusions de cette recherche est que le manque de sommeil a des effets importants sur la synchronisation de l'horloge circadienne. Cette horloge est en quelque sorte le moteur des processus physiologiques cycliques qui affectent de nombreuses fonctions cellulaires et des programmes génétiques régulant le métabolisme.

Or, la régularité de l’horloge circadienne est centrale pour que le corps humain utilise ses ressources aux bons moments de la journée et prévoie ses besoins pour fonctionner de façon optimale.

Par exemple, la mélatonine est l’une des hormones influencées par l'horloge circadienne. Ses niveaux augmentent et diminuent au cours d’une journée.

Des mesures de la mélatonine montrent que le manque de sommeil retarde à la fois l'heure de début et de fin de la « nuit biologique », et que ce retard n'est pas rattrapé par un sommeil de récupération le week-end. Avec la désynchronisation des mécanismes de régulation, la consommation d'énergie s'est également fortement déplacée.

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Current biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais) veulent maintenant mieux comprendre la sensibilité à l'insuline dans le corps en rapport avec le manque de sommeil, puisqu’ils ont observé que cette sensibilité à l'insuline hépatique était plus faible dans le groupe de récupération de fin de semaine.

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