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Bébé maltraité : l’éducatrice beauceronne connaîtra sa peine le 10 mai

Photographie d'Élizabeth Pelletier tirée de son compte Facebook
Élizabeth Pelletier Photo: Facebook d'Élizabeth Pelletier-Boissonneault
Marc-Antoine Lavoie

« Je pense qu'il y a des éléments qu'on n'a pas entendus », croit la mère du bambin victime de maltraitance par l'éducatrice Élizabeth Pelletier en Beauce. C'est son témoignage qui a ouvert les audiences pour la détermination de la peine, mardi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce.

Élizabeth Pelletier, 24 ans, a été reconnue coupable de voies de fait causant des lésions sur un bambin de 10 mois dont elle avait la garde en 2016. Elle était à ce moment propriétaire d'une garderie en milieu familial à Sainte-Marie.

Le bébé, qui a aujourd’hui près de 3 ans, avait alors subi une hémorragie sur une « surface importante de son cerveau ». Il a également été victime de pertes de conscience et la présence de sang a été signalée dans le bas de sa colonne vertébrale.

Selon les aveux de Mme Pelletier que les policiers ont recueillis peu après les faits reprochés, l’éducatrice aurait « couché fort l’enfant dans son parc ».

Séquelles

Très émotive, la mère de la victime a expliqué à la juge Manon Lavoie les conséquences qui sont toujours présentes chez le jeune garçon, deux ans et demi après les événements.

« Depuis ce temps, mon garçon, quand on va voir un professionnel de la santé, il est toujours craintif. Il pleure et il ne veut pas collaborer », a-t-elle mentionné en s’efforçant de retenir ses larmes.

Je vis ça très difficilement. J’ai l’impression d’avoir donné toute mon énergie dans le procès.

Mère de la victime

La mère a été le seul témoin appelé par la procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Audrey Roy-Cloutier.

« J’ai l’air d’un monstre »

Appelée à témoigner à son tour, Élizabeth Pelletier affirme que sa qualité de vie a grandement diminué depuis le dépôt des accusations.

« J’ai l’air d’un monstre. Aussitôt que quelqu’un me regarde, je me dis qu’il est en train de me juger. Je ne peux pas vivre avec ça, c’est trop dur », déplore-t-elle.

Mme Pelletier ajoute que les procédures judiciaires ont mis fin à son rêve d’être propriétaire d’une garderie.

« Je voulais des enfants, une grande famille et une garderie dans ma maison. Je voulais mes enfants avec moi. C’était mon rêve, c’était ma vie », a-t-elle affirmé, tentant d’obtenir la clémence de la Cour.

Élizabeth Pelletier a un enfant de 4 ans et un autre de 4 mois. Elle est en congé de maternité jusqu’au mois de novembre.

Devant l'impossibilité d'avoir à nouveau une garderie, elle a commencé des études pour devenir adjointe administrative.

« Ça implique que je vais devoir être dans un bureau et je ne suis pas sûre que je vais aimer ça », dit-elle en pleurant.

Verdict en appel

Malgré le verdict de culpabilité, Élizabeth Pelletier maintient que c'est une chute accidentelle qui a causé les lésions au cerveau du bébé. Son avocat a d’ailleurs porté le jugement en appel.

Me Yves Savard a aussi appelé plusieurs membres de la famille de sa cliente. Ceux-ci ont rappelé les qualités maternelles d’Élizabeth Pelletier.

Après avoir entendu les témoignages des deux parties, la juge Manon Lavoie devra déterminer la peine appropriée à lui imposer.

La poursuite demande une peine de 18 mois. La défense estime pour sa part qu’une période de probation de 2 ans assortie de 200 heures de travaux communautaires serait une peine plus appropriée.

L’avocat de Mme Pelletier a souligné que la qualité de vie se sa cliente s’était dégradée depuis le dépôt des accusations et la médiatisation de l’affaire.

La peine maximale pour des voies de fait causant des lésions est 10 ans d’emprisonnement. Il n’existe pas de peine minimale pour ce crime.

Élizabeth Pelletier connaîtra sa peine le 10 mai.

Québec

Procès et poursuites