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Les emprunteurs profitent d'un marché hypothécaire favorable

Calculatrice, Crayon, Cahier de notes, Monnaies, maison

La baisse des rendements obligataires a engendré une baisse des taux hypothécaires, ce qui constitue une bonne nouvelle pour les propriétaires de maison.

Photo : iStock

Radio-Canada

La crainte d'un ralentissement économique profite aux propriétaires de maison canadiens qui bénéficient depuis le début de l'année de taux hypothécaires à la baisse, et ce, autant pour les prêts variables qu'à taux fixe. Une tendance qui pourrait durer encore un moment, selon les experts.

Selon une analyse de Pete Evans de la CBC, la morosité économique qui s’est installée sur le pays a engendré ces derniers temps une baisse des rendements obligataires qui a provoqué un recul inattendu des taux hypothécaires, principalement dans la catégorie des prêts à taux fixe.

Depuis le début de l'année, la Banque Royale a réduit à trois reprises son taux affiché pour une hypothèque fermée de cinq ans qui affiche mardi 3,49 %.

La Banque TD a aussi emboîté le pas alors que de plus petits prêteurs comme HSBC Canada offrent aujourd'hui des prêts de cinq ans fermés au taux de 3,24 %.

En début d'année, les grandes banques augmentaient encore leurs taux hypothécaires.

Baisse des rendements hypothécaires

Cette soudaine baisse des taux hypothécaires fixes s’explique principalement par une chute des rendements sur les marchés obligataires.

Comme les banques et les autres prêteurs hypothécaires empruntent sur les marchés obligataires pour financer les hypothèques à taux fixe, ils sont en mesure d’offrir des taux plus bas pour attirer chez eux davantage d’emprunteurs.

« Dès la fin de l’an dernier, quand les inquiétudes ont commencé sur les marchés financiers, les taux obligataires ont commencé à baisser et récemment avec les banques centrales qui ont beaucoup changé leur discours, qui ne nous disent plus qu’il va y avoir des hausses de taux […] Ça a eu un gros effet sur les taux obligataires qui ont baissé beaucoup », confirme l'économiste en chef adjoint de Desjardins, Mathieu D'Anjou.

Le coût des fonds baisse, les coûts de financement baissent, donc c’est normal d’observer des pressions baissières sur les taux hypothécaires.

Mathieu D'Anjou, économiste en chef adjoint chez Desjardins

Si elle profite aux propriétaires de maison, cette baisse des rendements obligataires qui s’est amorcée en mai 2018 est préoccupante. Les obligations du gouvernement du Canada sur cinq ans ne rapportaient en effet que 1,45 % d’intérêt lundi, du jamais-vu depuis l’été 2017.

Plus encore, la courbe de rendement des prêts à long terme s’est même inversée par rapport à celle des prêts à court terme.

Vendredi dernier, sur les marchés obligataires américains, un placement de trois mois rapportait 2,45 %, soit 0,02 point de pourcentage de plus qu’un placement d’une durée de 10 ans. Un phénomène qui n’avait pas été observé depuis la période précédant la récession du milieu des années 2000, selon l’Associated Press.

Cette baisse de rendement dans le marché obligataire s’explique avant tout par une perte de confiance des investisseurs dans les perspectives économiques futures selon Janine White, vice-présidente du site de comparaison des taux, Ratesupermarket.ca. « Mais c’est excellent pour négocier une hypothèque », ajoute-t-elle.

« Ça nous signale une chose assez claire, c’est que les investisseurs n’anticipent plus de hausse de taux », estime pour sa part Mathieu D'Anjou.

Les hypothèques à taux variables aussi

Une pancarte d'agente immobilière indiquant qu'une maison a été vendue à un prix plus élevé que celui qui a été demandé

Une maison vendue à Toronto

Photo : CBC/Caolan Brennan

Il n’y a pas que les détenteurs d’une hypothèque à taux fixe qui bénéficient de cette manne, les détenteurs de prêt à taux variable y trouvent aussi leur compte, mais pas pour les mêmes raisons.

Contrairement aux prêts hypothécaires à taux fixe qui sont étroitement liés au marché obligataire, les prêts hypothécaires à taux variable eux, s’alignent sur l’évolution du taux préférentiel de la Banque du Canada.

Or, malgré les prévisions des modèles économiques qui anticipaient des hausses prochaines du taux directeur de la Banque du Canada au début 2019, les signaux envoyés par les banques centrales ont changé. De sorte que les investisseurs et les banques misent désormais sur une prochaine baisse du taux de la banque centrale canadienne qui n'a pas augmenté depuis octobre.

« Il n’y a pas si longtemps on pensait que les hausses de taux se poursuivraient, mais maintenant il est assez clair qu’avec les difficultés de l’économie mondiale et de l’économie canadienne qui a eu une fin d’année difficile, nous n’anticipons aucun changement en 2019 ou peut-être une hausse possible vers la mi-2020, ce qui est très loin », explique l'économiste en chef adjoint de Desjardins, Mathieu D'Anjou.

Un avis que partageait tout récemment l’économiste en chef de la Banque TD, Beata Caranci, dans une note émise lundi.

L'un des changements les plus importants qui se sont produits dans nos prévisions trimestrielles de mars a été l'élimination de toute nouvelle hausse des taux d'intérêt de nos perspectives.

Beata Caranci, économiste en chef de la Banque TD

Selon Janine White de Ratesupermarket.ca, « il est de plus en plus probable » que la banque du Canada réduise son taux directeur au cours des prochains mois pour tenter de relancer la croissance économique qui navigue sous les prévisions au Canada depuis la fin 2018.

Bien que cette stabilisation des taux d’intérêt variables pourrait durer assez longtemps en 2019, Mme White ajoute que les investisseurs doivent quand même s’attendre à des augmentations à plus long terme, notamment en 2020.

Ceux qui avaient une hypothèque à taux variable et qui ont subi une hausse de taux l’an dernier, ils peuvent être confiants qu’il n’y en aura pas d’autres à court terme.

Mathieu D'Anjou, économiste en chef adjoint chez Desjardins

Avec les informations de CBC et de l'Associated Press

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