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Michel « Willie » Lamothe d'Offenbach est mort d’un arrêt cardiaque

Le musicien est sur scène et sourit devant un micro.
Michel Lamothe lors d'une prestation, en 1991 Photo: Radio-Canada
Justine de l'Église

Michel « Willie » Lamothe, premier bassiste du groupe Offenbach, s'est éteint à l'âge de 71 ans. Son cousin Claude Ducharme a confirmé à Radio-Canada que le musicien est décédé d'un arrêt cardiaque lundi après-midi, dans une ambulance qui se rendait à l'hôpital de Saint-Hyacinthe.

D’après son cousin, Michel Lamothe souffrait de crises d’anxiété depuis 2013 et d’emphysème depuis 2015. Il avait besoin d’un appareil respiratoire.

Fils du célèbre auteur-compositeur-interprète western Willie Lamothe, Michel Lamothe s’est illustré en musique au sein du groupe Les Gants Blancs vers la fin des années 1960, aux côtés notamment de Gerry Boulet. Le groupe a changé plusieurs fois de nom pour devenir Opera Pop d’Offenbach, Offenbach Soap Opera et, finalement, Offenbach.

Le groupe a connu un grand succès dans les années 1970, notamment avec les chansons Chu un rocker, Câline de blues, Promenade sur Mars et Faut que j’me pousse.

Michel Lamothe a quitté Offenbach de concert avec Roger « Wézo » Belval en 1977 pour former le groupe Corbeau avec Pierre Harel et Donald Hince, rejoints ensuite par la chanteuse Marjo et le guitariste Jean Millaire. Ils ont fait leur marque avec plusieurs pièces, dont Cash moé, J’veux mourir à soir, Gisèle et Agriculture. Des membres des groupes Offenbach et Corbeau se sont réunis pour former Corbach dans les années 1990.

Des proches en deuil

Claude « Duke » Ducharme a été secoué par le décès de son cousin Michel Lamothe, qui gardait toujours une attitude positive malgré sa maladie. Je lui ai parlé jeudi ou vendredi. Il disait qu’il allait mieux, a-t-il expliqué au bout du fil.

Les deux cousins étaient comme des frères et jouaient de la musique ensemble pour le plaisir. Malgré que son état avait empiré, qu’il était dépendant d’une machine respiratoire et qu’il arrivait à peine à tenir sa basse, Michel Lamothe avait encore le projet d’enregistrer de la musique avec son cousin.

Avec Willie, c’était tout le temps correct. Il disait toujours : "Ça va aller mieux demain."

Claude Ducharme

Toutefois, Claude Ducharme savait que son cousin était « trop à terre » pour continuer.

Celui-ci n’a d’ailleurs que de bons mots pour Michel Lamothe. Il s’estime chanceux d’avoir pu jouer à ses côtés et d’avoir aussi pu grâce à lui côtoyer des musiciens talentueux. C’était un des pionniers, un des meilleurs au Québec, a-t-il dit.

J’ai du mal à croire qu’il est parti. Une personne de même, on ne peut pas croire que ça va mourir.

Claude Ducharme

Il a tenu à ajouter que Michel Lamothe était « une personne avec un très, très grand cœur. » Dès qu’il avait une piasse dans les poches, il te la donnait. L’argent ne comptait pas pour lui, a-t-il expliqué.

Les deux musiciens chantent sur scène.Marjo et Michel « Willie » Lamothe Photo : Facebook / Michel Lamothe

Le guitariste Donald Hince, qui a côtoyé Michel Lamothe au sein du groupe Corbeau, est lui aussi en deuil. C'est une énorme perte. Ça m'affecte énormément. J'ai commencé la musique en 1977, avec lui, a-t-il dit au téléphone.

Michel Lamothe est le meilleur bassman rock. C'était très progressif, ce qu'il faisait. Il faisait de la musique intelligente.

Donald Hince

Pour sa part, Pierre Harel s’est lui aussi dit touché par la perte d’« un de ses frères ». C’est incroyable, ce genre de fraternité, avec tout ce qu’on partage, avec autant de folie que de créativité…

Il a précisé que Michel Lamothe avait fait trois arrêts cardiaques dans les dernières années.

Il a vu le tunnel, celui que les gens voient quand ils meurent. Trois fois. Là, ce fut la dernière.

Pierre Harel

Pierre Harel a soutenu qu’il a énormément de souvenirs de son camarade, mais aussi des années d’Offenbach. On avait beaucoup de plaisir à être ensemble, a-t-il dit.

Sur Facebook, le musicien Bob Champoux, qui a côtoyé Michel Lamothe au sein de Corbach, a pris le temps de remercier celui qui « l'a pris sous son aile » et qui était le parrain de son fils.

Peu importe qui il était pour vous, on vient de perdre un grand amoureux!

Bob Champoux

Merci de m’avoir appris le partage de la scène, la musique, l’authenticité et l’intensité! Merci de m’avoir laissé mes premières chances et de m’avoir impliqué dans tes projets! Je suis choyé d’avoir appris avec toi! a-t-il écrit.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet et d'Angie Landry

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