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La GRC n’enquêtera pas sur un producteur qui a vendu du cannabis illégalement

Une feuille de cannabis.

Bonify, un producteur de cannabis en difficulté de Winnipeg, a appris lundi qu'il ne ferait pas l'objet d'accusations criminelles de la part de la GRC. Cependant, il doit faire face à une poursuite d'un ancien employé qui prétend que l'entreprise a mis fin injustement à son emploi.

Photo : Associated Press / Susan Montoya Bryan

Radio-Canada

Le producteur de cannabis Bonify ne fera face à aucune accusation de la part de la Gendarmere royale du Canada (GRC) après que l'enquête d'une tierce partie a révélé qu'il vendait un produit sans autorisation.

L'entreprise est maintenant visée par une plainte déposée par un ancien cadre qui a perdu son emploi à la suite de la découverte du produit interdit, estimant qu'il a été injustement licencié.

Une enquête menée par une tierce partie a déterminé que d'anciens cadres de Bonify avaient engagé un courtier pour acheter un produit qui s’est révélé illégal.

Les produits vendus par l’entreprise ont par la suite été saisis, les dirigeants ont été mis à pied, et leur permis de vente a été suspendu par Santé Canada.

Selon un porte-parole de Santé Canada, Bonify a possédé, distribué et vendu un produit obtenu auprès d’un fournisseur illégal.

La GRC a déterminé qu'une enquête complète ne serait pas nécessaire.

« L'examen des informations est terminé, et la GRC n’enquêtera pas », précise le communiqué.

La GRC a par ailleurs déclaré, lundi après-midi, qu'elle avait transmis les conclusions de son enquête au ministère de la Justice de la province.

La province affirme que la réponse de la GRC « nécessite un examen plus approfondi » et qu'elle ne peut pas en dire davantage pour le moment.

Un homme portant une veste bleu marine et une chemise à carreaux est installé à une tribune.

George Robinson, PDG par intérim de Bonify, a pris la parole lors d’une conférence de presse en décembre dernier, au cours de laquelle il avait annoncé que trois hauts dirigeants seraient licenciés pour faute. Il a également déclaré que les dirigeants avaient intimidé et menacé des employés qui avaient tenté de parler des activités de l'entreprise.

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

George Robinson, qui a été embauché pour enquêter sur Bonify et qui est maintenant le PDG de l’entreprise, dit avoir ignoré que la GRC ne poursuivait pas les accusations avant d’en être informé, lundi, par CBC News.

Selon M. Robinson, la décision de la GRC ne changera rien aux activités de la société, qui agit en conformité avec la loi et continue à cultiver du cannabis comme si elle en vendait toujours.

Santé Canada avait déjà publié un avis de rappel concernant deux souches de cannabis Bonify vendues en Saskatchewan, en décembre. Le rappel a incité la province du Manitoba à suspendre la vente des produits Bonify.

La société a alors demandé une enquête menée par une tierce partie, dirigée par George Robinson, qui a conclu qu'elle vendait des produits sans autorisation à des détaillants de Saskatoon, de Regina et de Moose Jaw.

Un employé dépose une plainte

Entre-temps, l'ancien directeur du marketing de Bonify, Paul Yeoman, poursuit son ancien employeur pour licenciement injustifié.

Il affirme avoir été licencié sans avoir répondu aux allégations ni même été interrogé, bien qu'on lui ait assuré qu'il en aurait l'occasion. Il ajoute qu'il ne connaissait aucun détail sur l'enquête jusqu'à ce qu'il apprenne, par les médias, le 27 décembre 2018, qu'il avait perdu son emploi.

Selon M. Yeoman, sa réputation a été entachée ce jour-là par la publication d'allégations selon lesquelles il avait sciemment aidé à obtenir du cannabis illégal et avait intimidé des membres du personnel qui souhaitaient s'exprimer.

Il ajoute que M. Robinson était motivé par son intérêt personnel lorsqu'il a renvoyé d'anciens dirigeants depuis que l’enquête avait été confiée à sa société de conseil, RavenQuest Technologies, et qu’il en a par la suite tiré des avantages financiers en étant embauché pour diriger la société par intérim.

Les diverses allégations, contenues dans une déclaration déposée vendredi dernier à la Cour du Banc de la Reine du Manitoba, n'ont pas été prouvées devant les tribunaux.

M. Yeoman demande une indemnité en réponse au licenciement qui, selon lui, a porté atteinte à sa valeur, à son estime de soi et lui a causé une détresse mentale, a indiqué la poursuite.

Paul Yeoman ajoute qu'il n'a pas sciemment commis de faute ayant conduit à l'obtention ou à la vente de cannabis non autorisé.

De son côté, George Robinson, qui a refusé de commenter la poursuite, a bon espoir que Santé Canada lève la suspension du permis de vente de la société Bonify.

La compagnie continue de fonctionner à plein régime en cultivant et en entreposant du cannabis comme si elle avait des clients en attente.

Selon un avocat de Toronto, spécialisé dans la loi sur le cannabis, Matt Maurer, il est décevant de voir qu’aucune conséquence criminelle n'est envisagée, alors que quelque chose d’illégal a eu lieu.

« Si quelque chose d'inapproprié se produisait, on serait en droit d’espérer qu'un producteur agréé travaillant en dehors du cadre de la loi en subirait les conséquences, comme tout propriétaire de comptoir de vente illégal, dit-il. Il ne devrait pas y avoir deux poids, deux mesures. »

Manitoba

Cannabis