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Le Pentagone débloque un milliard pour le mur frontalier avec le Mexique

Un agent de sécurité privé bloque la caméra pour éviter d'être photographié sur une nouvelle section du mur de Santa Teresa, au Nouveau-Mexique, du côté mexicain de la frontière à San Jeronimo, à la périphérie de Ciudad Juarez, Mexique le 23 avril 2018
La section construite grâce à ce milliard de dollars s'étendra sur 91 kilomètres. Photo: Reuters / Jose Luis Gonzalez
Radio-Canada

Le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a annoncé en soirée lundi qu'un montant d'un milliard de dollars sera débloqué afin de construire une section du mur voulu par le président Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Cette somme servira à construire une clôture antipiétons de plus de 5 mètres de hauteur sur plusieurs tronçons totalisant 91 kilomètres, entre les villes de Yuma, en Arizona, et d'El Paso, dans l'extrême ouest du Texas.

Des clôtures antipiétons et des dispositifs antivéhicules, qui permettent tout de même aux piétons de s'infiltrer, existent déjà dans ce secteur, qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Les fonds débloqués par le Pentagone serviront donc à ajouter des pans de clôture.

Dans un communiqué succinct, M. Shanahan justifie cette dépense par la loi fédérale. Un paragraphe de l'article 10 du Code des États-Unis « autorise le ministère de la Défense à construire des routes et des barrières et à installer des éclairages pour empêcher [...] le trafic de drogue transfrontalier », peut-on lire.

« Par conséquent, j'ai décidé d'entreprendre [...] la construction d'un mur de 91 km de long et de 5,5 m de haut, de construire et de réparer les routes et d'installer des éclairages comme requis » par le ministère, a précisé le secrétaire à la Défense par intérim.

M. Shanahan a fait cette annonce tard lundi soir, tandis qu'il doit s'adresser au Congrès mardi pour défendre le projet de budget du Pentagone.

La semaine dernière, le Pentagone avait fait parvenir au Congrès une liste de projets de construction totalisant 12,8 milliards de dollars et dont les fonds pouvaient, selon lui, être redirigés afin de construire le mur frontalier avec le Mexique.

Entre urgence nationale et promesse électorale

Les fonds ont pu être débloqués dans le cadre de la procédure d'urgence nationale décrétée par le président américain le 15 février dernier, après que le Congrès a refusé de lui accorder plus de 5 milliards pour financer son mur.

Ce différend avait provoqué la plus longue paralysie d'une partie de l'appareil fédéral de l'histoire des États-Unis, soit du 22 décembre 2018 au 25 janvier 2019, le président refusant de signer la loi budgétaire.

L'urgence nationale permet ainsi à Donald Trump de contourner les élus afin de débloquer du financement sans leur accord.

Cette mesure exceptionnelle en a indigné plusieurs, quelle que soit leur allégeance politique, certains estimant que le président républicain outrepasse ses pouvoirs et crée un dangereux précédent en qualifiant la situation à la frontière d'« urgence nationale ».

Donald Trump a justifié son décret extraordinaire par une « invasion » de drogues, de gangs criminels et de migrants illégaux qu'il dit vouloir combattre.

La construction d'un mur à la frontière mexicaine est l'une des promesses phares de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse

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