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Une fillette sauvée des eaux glaciales grâce au courage de son frère et de leur chien

Maïla et Karel Godin, en compagnie de leur chien Hectus

Photo : Radio-Canada / Jean Philippe HUGHES

Jean-Philippe Hughes

Une fillette de 10 ans est tombée dans la rivière Saint-Ignace, au Nouveau-Brunswick, en allant chercher son chien un peu trop aventureux. Le destin lui a souri. La laisse attachée à son poignet lui a permis de s'accrocher à la glace en attendant que son frère de 12 ans lui porte secours, in extremis.

La journée de dimanche aurait pu virer au drame chez les Godin. Maïla, 10 ans, s’est rendue au bord de la rivière Saint-Ignace, dans la municipalité du même nom, accompagnée de son chien Ectus et d’une amie par un bel après-midi ensoleillé. Il y a quelques semaines, les motoneiges circulaient encore en toute sécurité sur le cours d’eau.

Lorsque son chien Ectus s’est avancé sur la rivière partiellement gelée, elle a décidé d’aller le chercher. En une fraction de seconde, la glace a cédé sous ses pieds.

J’ai commencé à crier pour de l’aide, puis mon amie m’a entendue, raconte-t-elle. Le courant était rapide avec la fonte des neiges.

Ectus tirait sur la laisse, puis ça m’a aidée à rester sur la glace assez longtemps pour que [mon frère] Karel vienne m’aider.

Maïla Godin, 10 ans
Maïla Godin regarde la rivière.

Maïla Godin a eu très peur, mais elle ne gardera pas de traumatisme de l'incident de dimanche.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Malgré le danger, la petite est parvenue à garder son sang-froid. Elle s’est rappelé les leçons de natation où elle a appris à écarter les bras et battre des jambes dans une pareille situation.

J’avais froid, mais je ne le sentais pas, parce que ma pleine concentration était sur ne pas lâcher la laisse et la glace, explique-t-elle. Je ne remarquais même pas que mes jambes avaient froid.

Son frère Karel passait un peu par hasard devant la rivière où ils ont l’habitude de jouer, à un jet de pierre de leur maison.

La moitié de son corps était dans l’eau, une main sur la glace et l’autre tenait la laisse, explique le grand frère de 12 ans, qui suit des cours préparatoires pour devenir un jour sauveteur. Il a décidé d’entrer la rivière.

Jeune garçon de 12 ans, avec son chien dans les bras, au bord de la rivière.

Karel Godin, 12 ans, souhaite un jour devenir sauveteur.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

J’avais peur, mais dans l’eau, il ne faut pas paniquer, relate Karel. J’ai dit à Maïla : “Reste calme, on va te sortir de là.”

Je ne voulais pas perdre ma soeur, je l’aime beaucoup.

Karel Godin

Dans le courant de la rivière qui montait au-dessus de ses hanches, il est parvenu à détacher sa soeur du chien, puis à la soulever « comme un bébé » afin de la transporter hors de l’eau.

J’ai sorti ma soeur de l’eau, je ne sentais plus mes jambes, je ne sentais plus mes mains, se souvient-il. Leurs parents et des voisins sont ensuite arrivés sur les lieux.

2 enfants sur le bord de la rivière, avec leur chien.

Karel, Maïla et Hectus retourneront jouer sur le bord de la rivière de manière plus sécuritaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Reconnaissante du sauvetage héroïque de son frère, Maïla croit que son chien lui a aussi permis de s’accrocher à la vie. Ectus, Karel et ma meilleure amie sont mes trois héros.

Je voudrais dire d’être prudent, parce que j’ai vécu quelque chose que je n’aurais pas dû survivre, toutes les chances me disent que je n’aurais pas dû survivre, pense-t-elle avec philosophie.

Pour leur mère, Natalie Léger, l’incident de la veille est maintenant un mauvais souvenir. On réalise la fragilité de la vie.

Nathalie Léger constate à quel point la vie est « fragile ».

Nathalie Léger réalise à quel point la vie est « fragile ».

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Nos enfants sont là, on les aime, on s’attend qu’ils vont être là le lendemain. L’histoire aurait pu finir autrement.

Nathalie Léger, mère de Maïla et de Karel

Elle remercie la communauté de mettre un tel accent sur l’importance des cours de natation. Elle a d’ailleurs tenu à respecter l’horaire prévu pour clôturer la fin de semaine. Avec des amis, la famille s'est rendue à la piscine publique quelques heures après avoir évité la noyade de Maïla pour éviter que l’incident n'entraîne un traumatisme durable.

Tout est bien qui finit bien pour les Godin.

Tout est bien qui finit bien pour les Godin.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

L’eau peut aussi être un endroit où on peut bien s’amuser, estime la maman, soulagée du dénouement heureux de cette histoire.

Nouveau-Brunswick

Noyade