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Cinq conseils d'expert pour faire pousser du cannabis à la maison

Mike Chyczij sent des feuilles de marijuana dans une tente hermétique.

Selon Mike Chyczij, consultant et cultivateur, le cannabis est une plante robuste au potentiel infini.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Axel Tardieu

La loi autorisant quatre plants par foyer dans huit provinces et trois territoires, de plus en plus de Canadiens sont tentés de faire pousser ce qui va être leur propre consommation. Une expérience qui peut impressionner ceux qui n'ont jamais eu le pouce vert. Un expert nous livre ses astuces pour éviter les erreurs de débutant et ne pas gâcher l'argent investi.

Michael Chyczij est un passionné de cannabis depuis plus 24 ans. Pour lui, cette plante cache un potentiel infini qu’il étudie maintenant en tant que consultant pour des grands noms de l’industrie comme HighTide, l’entreprise qui possède les magasins Canna Cabana en Alberta.

Une prescription de cannabis à usage médicinal permet à Michael d’avoir 137 plants chez lui, à Calgary, pour ses propres besoins. Il observe et croise, chaque jour, ses 24 variétés de cannabis différentes. Il parle de sa passion à travers sa chaîne YouTube Green Grow Spaces, qui a près de 12 000 abonnés et plus de 850 000 vues.

Main basse sur les bonnes graines

Sativa, Indica… Il faut d’abord définir quelle espèce de marijuana l’on souhaite faire pousser en fonction de l’effet recherché.

Ensuite, le premier conseil de Michael Chyczij, c’est de bien choisir les variétés de graines que l’on va cultiver. « Peu importe la qualité des lumières ou de la terre utilisée, rien de bon ne peut arriver si la variété des graines n’est pas de qualité », dit le spécialiste.

Il est possible de consulter sur Internet les résultats des compétitions organisées chaque année dans le monde qui couronnent les meilleures variétés de marijuana. « Des sites comme Seed Finder (Nouvelle fenêtre) permettent d’avoir accès à toutes les informations nécessaires sur les graines qui attirent notre attention », dit-il.

Le haut d'une plante de cannabis au stade de la floraison.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour commencer, il est possible de se tourner vers des variétés plus facile à cultiver.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Mais où trouver les graines? Le public peut en acheter légalement dans certains magasins vendant du cannabis récréatif ou sur les sites Internet de certains gouvernements provinciaux, mais le choix est, pour l’instant, limité. L’achat sur tout autre site Internet étant illégal, la solution de rechange est le don entre amis.

Selon Michael Chyczij, les variétés les plus simples pour les novices sont de l’espèce Indica. « Elles fleurissent rapidement, ce qui donne plus de récoltes par an pour se faire la main, et leur taille modérée est adaptée à la culture intérieure », conseille-t-il.

Bannir l’eau du robinet

Peu importe où l’on vit, l'eau du robinet contient un taux variable de sels minéraux et de chlore pour assurer une sécurité sanitaire dans les canalisations. Deux éléments qui ne sont pas adaptés à la culture de cannabis. En effet, l’eau est ce qui aide à transporter les nutriments nécessaires et l’oxygène dans les plants.

« La plante a besoin d’un niveau faible de pH et d’apports de nutriments contrôlés pour éviter les carences en azote, en phosphore ou encalcium », explique Michael Chyczij. « L’idéal est de donner à ses plants une eau pure afin de garder le contrôle. »

Un système de filtrage pour purifier l'eau du robinet.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'eau versant sur les plants doit être aussi pure que possible, quitte à investir dans un système de filtrage.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Et pour cela, il est possible d’acheter de l’eau déminéralisée ou distillée au supermarché ou encore de s’offrir un système de filtrage d’eau que l’on branche au robinet. « C’est 200 $ qui vont éviter des complications plus tard », assure notre expert.

Un autre accessoire semblerait futile pour les débutants, mais serait en fait indispensable : le testeur de pH et de nutriments. Il permet de s’assurer de la pureté de l’eau que l’on donne à ses plantes. Son coût? Entre 10 à 200 $.

Ne pas lésiner sur la lumière

Lampes à décharge à haute intensité (HID) ou lampe à diode électroluminescente (LED)? Ce n’est pas sur cet achat qu'on devrait décider de faire des économies, selon Michael Chyczij. « Il ne faut pas hésiter à débourser 1000 $ pour avoir des lumières de bonne qualité », dit-il.

Un éclairage de mauvaise qualité risque de rendre inefficace la culture à l'intérieur, en ralentissant la croissance des plants.

Des feuilles de cannabis face à des lampes LED.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Si la puissance et la distance de l'éclairage d'une culture en intérieur sont importants, la qualité des ampoules utilisées est essentielle.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Si la lampe HDI était la norme pendant longtemps, elle demande plus de ventilation pour éjecter la chaleur. Les lampes LED sont de plus en plus courues et consomment moins d'électricité et de chaleur. Parmi les marques recommandées figurent Switch Grow Solutions, California LightWorks, COB ou Quantum.

« On ne nourrit pas un bébé avec un steak de 700g »

Plus le cannabis grandit, plus il a besoin de nourriture et de lumière. « Il faut commencer par placer les lampes en hauteur, puis les descendre petit à petit jusqu'à ce qu'on voie les feuilles se mettre en retrait », dit Michael Chyczij. « On ne nourrit pas un bébé avec un steak de 700 g. »

Un doigt montre le bourgeon d'un plant de cannabis dans une tente hermétique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mieux vaut réduire les doses de nutriments indiquées sur les paquets les premières semaines nous dit notre spécialiste.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Et pour les nutriments, notre expert conseille de réduire les doses indiquées sur les sacs d’engrais. « Il vaut mieux commencer par diviser par deux les quantités écrites, en augmentant les doses au fur et à mesure des semaines, surtout si on voit une carence apparaître, signalée par l'apparition de jaune sur les feuilles, par exemple. »

Ne pas se décourager

Cultiver du cannabis peut effrayer les novices en jardinage, mais il ne doit pas céder à la panique. « Les gens doivent savoir que la marijuana est très robuste et peut remonter la pente, à la suite d’une carence, en moins d’une semaine. »

Pour mettre toutes les chances de son côté, notre spécialiste conseille la variété Northern Lights : « Elle est facile à cultiver, ne met que huit semaines à fleurir et elle permet de s’amuser dès le premier essai. »


À lire aussi, dans la même série : Cuisine infusée au cannabis : la recette du succès

Alberta

Cannabis