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Crevettes nordiques : la saison des ajustements

Crevettes nordiques
Crevettes nordiques Photo: Radio-Canada
Joane Bérubé

C'est avec un plan conjoint légèrement modifié que les propriétaires d'usine de transformation du Grand Gaspé et les pêcheurs de crevettes entament cette semaine les pourparlers sur le prix de la crevette au débarquement.

En août dernier, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) entendait la demande de l’Office des pêcheurs de crevettes de la Ville de Gaspé qui souhaitait obtenir une modification à la procédure de fixation des prix payables aux pêcheurs.

L’Office demandait que le nouveau mécanisme soit mis en place à temps pour la saison de pêche 2019.

La Régie a donc rendu sa décision jeudi dernier, quelques jours avant le début des négociations entre les parties.

Deux saisons

L’arbitre rejette la principale demande des crevettiers, soit la fixation du prix par un panel de trois personnes comme à Terre-Neuve. La Régie, qui se rend aux arguments des industriels, considère qu’elle ne peut concéder sa prérogative d’arbitrage à un tiers.

Le tribunal administratif s’est toutefois montré favorable à certains arguments et accepte de modifier le plan conjoint pour diviser la fixation des prix en deux périodes de pêche.

La première s’étendant du 1er avril au 30 juin et une seconde allant du 1er juillet jusqu’à la fin de la saison de pêche.

Les pêcheurs auraient aimé une division en trois parties. Par contre, ils auront dorénavant la garantie qu’ils pourront démarrer la pêche le 1er avril même si les négociations ne sont pas terminées.

Lors des audiences, la CSN avait aussi appuyé cette demande des pêcheurs au nom des travailleurs saisonniers qui veulent éviter de se retrouver sans prestation d’assurance-emploi si la saison de pêche démarre plus tard.

Prix provisoire

Dans sa décision, l’Office détermine que le prix provisoire pour le départ de la pêche sera celui payé au départ de la saison précédente pour chacune des catégories de crevettes.

Au 1er juillet, si les parties ne se sont pas entendues sur un nouveau prix, ce sera celui de la période précédente qui continuera de s’appliquer jusqu’à la conclusion d’une entente ou d’un arbitrage.

Une trentaine de crevettiers sont membres de l'Office des pêcheurs Crevettier Photo : Radio-Canada

Les régisseurs estiment qu’avec la fixation d’un prix provisoire, les parties disposeront de plus de temps pour en arriver à un accord négocié.

Le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), Jean-Paul Gagné, se montre plus ou moins heureux de cette décision.D’une année à l’autre, les prix varient beaucoup. Si c’est à la baisse, ça pourrait arriver que les pêcheurs nous doivent de l’argent , commente M. Gagné. La Régie prévoit dans cette situation que les propriétaires d’usines puissent se rembourser sur le paiement des débarquements à venir.

En cas de désaccord, la Régie mettra aussi en place une procédure accélérée d’arbitrage. L’une ou l’autre des parties pourra faire appel à cette procédure le jeudi précédent le 15 avril pour la première période de pêche et avant le jeudi précédant le 15 juin pour la seconde.

Le directeur de l’AQIP, Jean-Paul Gagné, n’écarte pas l’idée de contester la décision de la Régie. On va en discuter, dit-il.

Négociations en cours

Les négociations sur le prix de la crevette surviennent dans un contexte où la crevette se fait de plus en plus rare dans le golfe. Pêcheurs et industriels s’attendent à une nouvelle baisse de quotas, soit la quatrième en autant d’années.

Des travailleurs à l'usine des Pêcheries MarinardDes travailleurs à l'usine des Pêcheries Marinard Photo : Myriam Fimbry

Depuis 2015, les quotas des quatre zones de pêche fréquentées par les pêcheurs du Grand Gaspé ont diminué de plus de 40 %. Dans le cas de la zone de Sept-Îles, cette baisse est même de près de 80 %.

Cette rareté n’est pas sans impact sur les discussions en cours. Si la crevette est plus difficile à trouver dans le golfe, ce n’est pas le cas ailleurs, notamment en Russie dans la mer de Barents. Au Groenland, il y a plus de crevettes, relève M. Gagné. Aujourd’hui, avec les communications, tout se sait. Ça fait longtemps qu’on sait ce qui se passe dans les autres pays.

Le porte-parole des industriels craint donc un prix à la baisse sur les marchés mondiaux.

Les deux usines du Grand Gaspé, celles de Marinard à Rivière-au-Renard et de Crevettes du Nord Atlantique à L’Anse-au-Griffon, sont les deux seules du golfe à être soumises à un plan conjoint arbitré par la Régie.

La Régie relève dans sa décision que selon l’Office, les usines localisées hors de Gaspé, comme celles de Matane et de Sainte-Anne-des-Monts, n’hésitent pas à garantir le prix du Plan conjoint et même plus. Les pêcheurs aussi peuvent livrer à l’extérieur du Québec. C’est compliqué , commente M. Gagné. D’autant plus que selon le porte-parole de l’AQIP, si la baisse des quotas se poursuit encore cette année, une seule usine serait désormais en mesure de traiter tous les quotas du golfe.

L'Office des pêcheurs de crevette de la Ville de Gaspé n'a pas rendu nos appels.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches