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Le transport adapté pris en otage par la grève des taxis

Le copropriétaire de Taxi-Multi, Maurice Gauvin, installe un fauteuil roulant dans son taxi adapté.
Plus de 75 % des déplacements prévus par le Service de transport adapté de la Capitale ont dû être annulés, lundi. Photo: Godefroy Macaire Chabi
Carl Marchand

Les personnes à mobilité réduite sont gravement touchées par la grève des taxis à Québec. Plus de 75 % des déplacements prévus par le Service de transport adapté de la Capitale ont dû être annulés, lundi.

Si le commun des mortels peut se rabattre sur les services d'Uber par exemple, tous n'ont pas cette option.

Seulement 443 déplacements pour des motifs médicaux et 216 déplacements pour le travail ont pu être réalisés, a indiqué le Service de transport adapté de la Capitale (STAC). La grande majorité des transports prévus, soit 2145, n'ont pas pu être effectués.

La situation varie de ville en ville, mais le transport adapté de Québec repose à 85 % sur l'utilisation de taxi, a rappelé le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand.

« Il y a des gens à mobilité réduite qui utilisent quand même nos services réguliers. Ce qu'on leur dit : si vous avez la capacité de le faire, rabattez-vous sur nos services réguliers », suggère-t-il.

Rémy Normand, président du RTC lors d'une entrevueRémy Normand, président du RTC Photo : Radio-Canada

Ce n'est vraiment pas drôle pour des gens qui ont une mobilité réduite, se faire dire : on ne peut pas vous donner le service. Ça me fend le coeur de dire ça à notre clientèle, pour des raisons qui ne nous appartiennent pas.

Rémy Normand, président du RTC

En temps normal, 22 taxis adaptés assurent le service de transport adapté à Québec. Il n'y en avait que 4 à l'oeuvre, lundi. 29 minibus étaient également sur la route en plus d'autocars, loués expressément pour faire face à la demande.

Le STAC va donc prioriser les demandes de déplacements pour des raisons médicales jusqu'à nouvel ordre.

Pas question d'aider l'aéroport

Dans ce contexte, difficile d'augmenter les liaisons vers l'Aéroport international Jean-Lesage, plaide Rémy Normand.

« Je me verrais très mal en mon âme et conscience aller donner du service aux touristes à l'aéroport alors que j'ai des gens à mobilité réduite qui restent sur le bord du trottoir. Je serais très mal venu de faire ça et je ne le ferai pas », a ajouté M. Normand, qui invite le gouvernement Legault et l'industrie du taxi à entreprendre des discussions.

« Ouvrez des voies de discussions, parce qu'il y a visiblement des clientèles qui n'ont pas été prises en compte dans l'ensemble du projet », a-t-il conclu.

Avec les informations de Louise Boisvert

Québec

Transports