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Yukon : la biomasse à Teslin, une référence mondiale

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Préparation du pot de risotto

Nelly Albérola
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le conseil de la Première Nation de Tlingit à Teslin au Yukon poursuit son projet de chauffage à la biomasse, après un premier hiver concluant. Plus de 900 personnes du monde entier ont déjà visité les installations.

Une fois par mois, et même une fois par semaine en été, le Conseil Tlingit de Teslin organise un tour pour présenter ses installations: 10 chaudières à biomasse chauffant une dizaine de bâtiments administratifs, scolaire et culturel. Voilà trois ans déjà que le projet a réellement pris forme, et presque un an que le chauffage fonctionne et attire toujours plus de visiteurs.

« Nous venons de recevoir des fonds pour installer le même système de chauffage à la biomasse pour notre centre récréatif, explique Fred Behrens, agent administratif principal du hameau de Aklavik, dans le nord des Territoires du Nord-Ouest. C’est intéressant de pouvoir avoir un exemple concret sous les yeux. »

Des gens, debout en arc de cercle, écoutent une personne à droite, qui porte une casquette et bouge les mains. Ils sont dans une pièce fermée avec des tuyaux sur les murs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blair Hogan (à droite) explique aux visiteurs le fonctionnement des chaudières à biomasse.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Récupération

Contrairement à des chauffages au bois classiques, les chaudières à biomasse n’utilisent que des résidus forestiers comme combustible. Ces résidus correspondent à la sciure, aux copeaux et à toutes les parties de l’arbre perdues après sa coupe, mais aussi à des arbres entiers abattus du fait de travaux de construction.

Il nous resterait encore des résidus forestiers, même si tout le Yukon passait à la biomasse.

Blair Hogan, responsable du projet de biomasse auprès du Conseil Tlingit de Teslin.

« Nous avons récolté tellement de résidus la première année que nous avons dû agrandir notre système », souligne Blair Hogan, le responsable du projet. Au Yukon, aux dires des professionnels du bois, un produit fini n’est fait qu’avec 40 % d’un arbre. Le reste, 60 %, est de la perte ou du sous-produit.

Des copeaux de bois en premier plan et des troncs d'arbres flous en arrière plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Seuls 40% d'un arbre coupé va être utilisé. Les 60% restants sont de la perte, dite résidu forestier.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Feux de forêts

Outre les déchets forestiers issus des travaux, le système de biomasse se nourrit également des broussailles, arbres morts et autres résidus provenant du nettoyage des forêts. En ce sens, il participe au maintien de la bonne santé forestière et à la prévention des incendies.

« L’impact des feux est toujours important chaque année au Yukon, rappelle le ministre territorial de l’Énergie, des mines et des ressources, Ranj Pillai. La biomasse s’inscrit dans une approche plus holistique de la lutte contre les incendies. »

Un homme, à gauche de l'image, se tient debout dehors, devant une dizaine de personnes qui l'écoutent. Le sol est recouvert de copeaux de bois. Une montagne et une forêt autour sont en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blair Hogan (à gauche) explique aux visiteurs comment le bois est broyé en copeaux pour être brûlé dans les chaudières à biomasse.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Le gouvernement yukonnais soutient 12 projets de biomasse en cours sur le territoire. « Nous tirons les leçons des erreurs réalisées sur les projets antérieurs, tels que le centre correctionnel de Whitehorse ou le Collège du Yukon, déclare le ministre Pillai. Nous nous assurons de travailler avec les bons partenaires et des personnes qui embrassent vraiment la technologie. »

Apport financier

Aux dires des responsables du projet de biomasse de Teslin, ce soutien financier est nécessaire pour toute communauté qui souhaite se tourner vers les solutions alternatives. « Il faut attendre quelques années avant de voir la rentabilité du système, souligne Blair Hogan. Nous n’aurions pas pu lancer notre projet sans les aides extérieures. »

Des copeaux de bois avec une pièce en métal au milieu,Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les résidus forestiers sont déchiquetés en copeaux et envoyés dans une sorte de moulin qui pousse doucement le combustible vers le feu.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Pour ce projet de biomasse, le Conseil Tlingit de Teslin a notamment reçu presque 500 000 $ du gouvernement yukonnais, et plus récemment, 595 000 $ de Ressources naturelles Canada dans le cadre du programme fédéral intitulé Initiative de foresterie autochtone.

Teslin est vraiment un exemple de réussite communautaire.

Laura MacKenzie, directrice par intérim de l’Initiative de foresterie autochtone.

« Le Conseil Tlingit de Teslin a réussi à planifier, construire et faire tourner tout le système de chauffage : la récupération des résidus, leur stockage, leur séchage et leur broyage, avant d’être brûlés, précise Laura MacKenzie, directrice par intérim de l’Initiative de foresterie autochtone, un programme fédéral dépendant de Ressources naturelles Canada. Toute la communauté s’est investie dans le projet, et c’est ce qui fait aujourd’hui sa renommée. »

Un trou avec des flammes qui en sortent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La biomasse est dite neutre en carbone car la combustion des copeaux de bois dégage un taux de dioxyde de carbone si faible que ce dernier est rapidement réabsorbé par la forêt.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

En un an de fonctionnement, les chaudières à biomasse de Teslin ont permis l’économie de 120 000 litres de fuel, réduisant leur frais, leur dépendance aux énergies fossiles ainsi que leur empreinte carbone.

Après le chauffage, le Conseil Tlingit de Teslin travaille maintenant à la mise en place d'un système électrique écoénergétique, espérant faire de son centre culturel, le premier bâtiment de la communauté 100 % autonome en énergie.

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