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Gaza : le Hamas annonce un cessez-le-feu avec Israël après un accès de tension

Des bureaux du Hamas à Gaza visés par des frappes israéliennes

Des bureaux du Hamas à Gaza visés par des frappes israéliennes

Photo : Associated Press / Adel Hana

AFP

Le Hamas a annoncé lundi soir la conclusion d'un cessez-le-feu entre les groupes armés palestiniens de Gaza et Israël, sur intercession égyptienne, après un accès de tensions ayant fait craindre une nouvelle confrontation ouverte dans un contexte hautement volatil.

« Les efforts égyptiens ont débouché sur la conclusion d'un cessez-le-feu entre l'occupant et les organisations de résistance », a dit dans un communiqué Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne sans partage l'enclave sous blocus coincée entre Israël, Égypte et Méditerranée.

Aucune confirmation n'a été obtenue de la part d'Israël qui, par le passé, s'est gardé de corroborer de tels accords négociés secrètement par l'entremise de l'Égypte avec les Palestiniens.

Quelques instants auparavant, la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, ainsi que ses environs étaient le théâtre d'une poussée de fièvre pour la énième fois depuis la guerre de 2014 et au-delà.

L’enclave résonnait dans la nuit des frappes israéliennes, des tirs de roquettes palestiniennes et des sirènes d'alarme déclenchées dans les localités israéliennes riveraines de Gaza.

Un journaliste de l'AFP a observé dans la soirée de multiples tirs de roquettes du nord de Gaza en direction d'Israël. L'armée israélienne a indiqué avoir frappé « des dizaines de cibles terroristes » à Gaza. Sept Palestiniens ont été blessés, selon les secours gazaouis.

Les hostilités, déclenchées par un tir de roquette en provenance de Gaza qui avait fait sept blessés au nord de Tel-Aviv la nuit précédente, sont survenues dans un environnement extrêmement sensible, après des semaines de tensions, des manifestations de contestation interne dans la bande de Gaza, et à deux semaines d'élections parlementaires israéliennes à l'issue incertaine.

Elles se sont produites en pleine visite du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à la Maison-Blanche, et quelques jours avant une grande mobilisation attendue à Gaza contre le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël à l'enclave palestinienne.

Les bureaux du Hamas ciblés

Ripostant au tir de roquette de la nuit de dimanche à lundi, les appareils israéliens ont frappé et gravement endommagé le bureau d'Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, ont rapporté des témoins. Rien n'indique que M. Haniyeh se trouvait dans son bureau.

Israël a aussi détruit totalement deux autres bâtiments dans la ville de Gaza, ont indiqué des témoins. L'un de deux étages abritait secrètement des services de renseignement du Hamas, l'autre de cinq étages hébergeait des activités militaires du mouvement, selon l'armée israélienne.

L'armée israélienne a accusé le Hamas d'être l'auteur du tir de la nuit précédente, qui, selon elle, a parcouru 120 km avant de retomber au nord de Tel-Aviv. Le Hamas a nié et un responsable du mouvement avait invoqué un tir inopiné causé par le mauvais temps.

Trump insiste sur le « doit absolu » d’Israël de se défendre

Les représailles israéliennes ont commencé au moment précis où le premier ministre israélien était reçu par le président américain Donald Trump.

« Au moment où nous parlons, Israël est en train de répondre avec force à l'agression gratuite » qu'a constitué le tir de roquette, a dit M. Nétanyahou. M. Trump a dénoncé une « attaque méprisable » et évoqué « le droit absolu » d'Israël à se défendre.

Grand allié de M. Nétanyahou, M. Trump lui a fait un cadeau de prix en officialisant la reconnaissance par Washington de la souveraineté israélienne sur la partie du Golan syrien annexée par Israël, malgré la réprobation suscitée à l'étranger par cette nouvelle rupture du président américain avec le consensus international au profit de l'État hébreu.

Mais M. Nétanyahou a annoncé qu'il rentrerait aussitôt après avoir été reçu par le président Trump, « pour diriger de près nos opérations », alors qu'il devait initialement prononcer un discours mardi devant un grand lobby pro-israélien, puis dîner avec M. Trump.

Une tension continue

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres à Gaza depuis 2008. Les deux camps ont frôlé la guerre en 2018 et les tensions ont de nouveau augmenté ces dernières semaines.

La roquette tirée dans la nuit a détruit une maison à Mishmeret, petite localité au nord de Tel-Aviv.

Quatre adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, ont été hospitalisés, selon l'hôpital de Kfar Saba. Six appartiennent à la même famille et souffrent de brûlures et de blessures légères par éclats.

Le Hamas et M. Nétanyahou passent pour être réticents à une confrontation d'envergure. Mais en pleine campagne électorale, M. Nétanyahou a été accusé par ses adversaires d'avoir « perdu la bataille de la sécurité » et de la dissuasion contre le Hamas.

Ces tensions renouvelées surviennent quelques jours seulement avant le 30 mars, premier anniversaire de la « Grande marche du retour », mobilisation gazaouie dirigée notamment contre le blocus.

Cet anniversaire doit donner lieu à une importante mobilisation palestinienne.

Depuis mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité lors de manifestations, souvent accompagnées de violences, le long de la frontière, d'autres dans des frappes israéliennes. Deux soldats israéliens ont été tués.

L'ONU, l'Union européenne, la France ont condamné le tir de roquette de Gaza la nuit de dimanche à lundi.

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