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La détresse psychologique chez les Autochtones associée aux inégalités sociales

Un jeune adulte recroquevillé sur lui-même, seul devant un grand mur grisâtre.
Une étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal souligne la corrélation entre les inégalités de revenu et le sentiment de détresse chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve. Photo: iStock
Radio-Canada

Une étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) établit une corrélation entre les inégalités sociales et la détresse psychologique chez les Autochtones vivant hors réserve.

Les auteurs de l’étude se sont appuyés sur les résultats de l'Enquête auprès des peuples autochtones du Canada 2012, réalisée auprès d'adultes autochtones vivant hors réserve au Canada.

« Nous avons constaté des inégalités persistantes et substantielles liées au revenu parmi les Autochtones hors réserve, qui vivent avec une détresse psychologique ou qui ont des comportements suicidaires », conclut le Dr Mohammad Hajizadeh, professeur à la Faculté de la santé de l’Université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse et coauteur de l’étude.

Ainsi, 40 % des Autochtones hors réserve qui souffraient de détresse psychologique et 27 % de ceux qui avaient eu des pensées suicidaires vivaient également avec de l'insécurité alimentaire.

L'étude (en anglais) (Nouvelle fenêtre), rédigée par trois chercheurs, a été publiée dans le Canadian Medical Association Journal, la revue de l'Association médicale canadienne.

« Dans cette étude, nous voulions nous concentrer sur la population autochtone sans la comparer avec la population non autochtone, afin de mettre en place des solutions aux défis de ces groupes. Une fois que nous avons défini les facteurs, nous pouvons trouver des solutions pour y remédier », explique le Dr Mohammad Hajizadeh.

L’étude, menée auprès de 14 410 personnes représentant 600 750 adultes autochtones vivant hors des réserves montre que le taux de considération du suicide sur la durée d’une vie est de 16 % chez les hommes et de 22 % chez les femmes. Le taux de tentatives de suicide sur la durée d’une vie était est quant à lui de 2 % chez les hommes, et de 2,3 %, chez les femmes.

Un tableau représentant les inégalités en matiere de santé mentale chez les populations autochtones.Inégalités en matière de santé mentale chez les populations autochtones. Photo : Radio-Canada

Pour mesurer le niveau de détresse chez les personnes, les chercheurs ont utilisé une échelle allant de 10 à 50, 10 indiquant l’absence de détresse, et 50, une détresse profonde. Les chercheurs en sont venus à la conclusion que les hommes affichaient un résultat de 15,2 %, et les femmes un résultat de 16,7 %. Selon cette étude, les femmes seraient donc plus enclines à souffrir de problèmes de santé mentale que les hommes.

Le principal facteur qui peut expliquer cet écart entre les femmes et les hommes est un déterminisme social qui existe toujours en matière d'employabilité et le fait que le chômage est plus présent chez les femmes et qu’elles ont en moyenne des salaires plus faibles au sein de la population autochtone.

Mohammad Hajizadeh, coauteur de l'étude

Il indique d’ailleurs que ce dernier point fait l’objet d’une étude qui est toujours en cours.

« Les politiques conçues pour lutter contre l'insécurité alimentaire et équilibrer les revenus peuvent contribuer à améliorer les résultats en matière de santé mentale des peuples autochtones disposant de faibles revenus et vivant hors réserve », conclut le Dr Hajizadeh.

L’étude révèle par ailleurs du doigt le fait que le suicide est une cause majeure de décès chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits, avec des taux 2 à 3 fois plus élevés que chez les Canadiens non autochtones.

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