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Et si l'on mettait un peu de poésie sur les murs d'école?

Photo en couleur d'un groupe d'enfants de 5e année du primaire devant une murale peinte sur un mur de leur école. En arrière plan, on voit sur la murale un hippocampe licorne et un croissant de lune.
Des élèves de l'école Saint-Enfant-Jésus, à Montréal, se sont inspirés de l'oeuvre de Philippe Béha pour créer une murale Photo: Radio-Canada / Martin Ouellet
Sophie Cazenave

Finis les murs gris ou vert menthe dans une école primaire du Plateau-Mont-Royal! Inspirés par l'œuvre de Philippe Béha, des élèves se sont lancés dans la création d'une murale poétique sur les murs de leur établissement.

Tout a commencé par un livre, Bleu, ou plutôt par une rencontre avec son auteur, Philippe Béha.

Au mois d’octobre dernier, l'auteur et illustrateur jeunesse est allé rencontrer quatre groupes d’élèves de l’École Saint-Enfant-Jésus pour leur parler de son livre, alors en lice pour le Prix TD de littérature jeunesse.

Le livre <i>Bleu</i> de Philippe Béha posé sur une table. La couverture représente un homme volant à tête d'oiseau sur fond bleu.Dans son album jeunesse Bleu, paru en 2017, Philippe Béha s'intéresse à la couleur bleue Photo : Radio-Canada/Sophie Cazenave

Dans cet album poétique, Philippe Béha joue avec la couleur bleue : en une dizaine de courts poèmes illustrés, il en explore les différentes déclinaisons, des Touaregs aux ecchymoses.

Si l’album n’a finalement pas valu la bourse de 50 000 $ à son auteur, il connaît aujourd’hui une deuxième vie sur les murs de cette école montréalaise : inspirés par son univers, les jeunes ont en effet créé une murale poétique dans leur salle commune, la « salle des dîneurs ».

La création de la murale en images

C’est presque un retour au bercail pour l’illustrateur né à Casablanca, au Maroc, qui a longtemps vécu sur Le Plateau-Mont-Royal avant de déménager à la campagne.

Pionnier de l’illustration jeunesse au Québec, Philippe Béha a d'abord mis en images les mots des autres, avant d’écrire ses propres histoires à partir du début des années 2000.

Il a illustré près de 200 titres jeunesse, et a collaboré avec de grands noms de la littérature jeunesse comme Robert Soulières ou Henriette Major.

On trouve souvent dans ses dessins des éléments insolites ou absurdes, qui ont fait sa marque au fil du temps.

Portrait en couleur de l'auteur et illustrateur jeunesse Philippe Béha, souriant, avec en arrière plan un mur peint en bleu et jauneL'auteur et illustrateur jeunesse Philippe Béha Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

Un chat avec une queue de sirène, et pourquoi pas?

Avec l’aide de leur professeure d’arts plastiques et des artistes et intervenants de l’organisme MU, les jeunes de l'École Saint-Enfant-Jésus ont pu découvrir l’art mural le temps de quatre ateliers, de la tempête d’idées à la touche finale, en passant par la présentation d’une maquette à la direction de l’école et la réalisation au moyen de différentes techniques : pochoir, éponge, traçage sur le mur grâce à un projecteur.

Vue en plongée d'enfants qui découpent et collent des morceaux de vers tirés du livre <i>Bleu</i> de Philippe Béha. Pour réaliser leur murale poétique, les élèves ont découpé puis combiné des vers de Philippe Béha Photo : Radio-Canada/Sophie Cazenave

Pour l’occasion, ils se sont aussi lancés dans la poésie combinatoire en découpant des vers de Philippe Béha et en les réarrangeant selon leur inspiration, à la manière de ce que proposait Raymond Queneau dans son recueil interactif Cent mille milliards de poèmes.

Le résultat : une murale unique et poétique qui évoque l'univers du peintre Chagall.

L'artiste Julian Palma, de l'organisme MU trace un dessin au pinceau sur le mur d'une école pendant un atelier de création de murale en milieu scolaire.Pour créer leur murale poétique, les élèves de l'école Saint-Enfant-Jésus ont participé à quatre ateliers animés par des intervenants et artistes de l'organisme MU (ici : Julian Palma). Photo : Radio-Canada/Sophie Cazenave

N'importe quel enfant rêve de dessiner sur les murs!

Julie Legault-Béliveau

Julie Legault-Béliveau, coordonnatrice en médiation artistique au sein de l'organisme MU, explique que le but de ces ateliers éducatifs est de favoriser la persévérance scolaire et de faire découvrir aux jeunes des métiers liés à l’art.

Et l’art mural, en intégrant l’art dans le paysage urbain et le quotidien, est un puissant vecteur de démocratisation de l’art.

MU, qui colore les édifices et dessine sur les murs de Montréal depuis 12 ans, a d’ailleurs reçu, plus tôt cette année, le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. Sa série de fresques consacrées aux « bâtisseurs culturels montréalais » qui représentent des figures marquantes de Montréal, comme la cinéaste Alanis Obomsawin ou encore Leonard Cohen, fait désormais partie du paysage de la ville.

Prix de poésie : Inscrivez-vous du 1er avril au 31 mai

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