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Huit ans de prison pour le prêtre Brian Boucher

Plan moyen de Boucher dans un corridor du palais de justice.

Le prêtre catholique Brian Boucher (au centre) a agressé sexuellement deux mineurs, aujourd'hui adultes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le prêtre catholique Brian Boucher, qui a officié dans diverses paroisses anglophones de Montréal des années 1980 aux années 2010, a écopé d'une peine de huit ans d'incarcération, lundi, pour des agressions sexuelles commises sur deux mineurs.

La juge Patricia Compagnone a entériné la recommandation que lui faisaient conjointement la poursuite et la défense.

« Il s’agit d’une suggestion commune de huit ans de prison. Également, [nous voulons qu’il soit inscrit au] registre des délinquants sexuels à vie. On a demandé des ordonnances d’ADN sur tous les chefs, ordonnance de n’avoir aucune arme pour le restant de sa vie, ordonnance en vertu de l’article 161 lui interdisant d’être en position de pouvoir ou de travailler auprès de mineurs, même si c’est du bénévolat », a expliqué Annabelle Sheppard, procureure aux poursuites criminelles et pénales, avant que la magistrate ne rende sa décision au palais de justice de Montréal.

Une fois la sentence tombée, l’homme âgé de 58 ans a été menotté et emmené en détention par un constable spécial, menottes aux poignets, sous les yeux de ses deux victimes. Il avait sa valise déjà prête avec lui.

Brian Boucher n'a laissé paraître aucune émotion.

Les deux victimes, dans leur déclaration d'impact, plus tôt lundi, ont expliqué au tribunal qu'ils porteraient toujours les séquelles de ces agressions.

Me Sheppard a indiqué que les victimes étaient satisfaites de la peine imposée.

Le prêtre a oeuvré dans 10 églises montréalaises entre 1985 et 2015. Les agressions ont été commises dans deux églises entre 1995 et 1999, dans un cas, et entre 2008 et 2011, dans l'autre cas.

Boucher avait été arrêté au début 2017, après la dénonciation d’un ancien servant de messe, mineur au moment des faits.

En janvier dernier, il avait été reconnu coupable des accusations concernant cette première victime, dont agression sexuelle, contacts sexuels et incitation à des contacts sexuels.

Mais deux autres victimes avaient aussi porté plainte contre lui, et des accusations supplémentaires découlant du témoignage de l’une d’elles avaient été déposées.

Ainsi, deux semaines après avoir été reconnu coupable au terme de son premier procès, Brian Boucher a admis sa culpabilité aux nouvelles accusations.

L’archidiocèse satisfait

Pour l'instant, Boucher demeure prêtre malgré tout, mais l’archidiocèse de Montréal lui a interdit de dire la messe ou d’entendre des confessions.

L’archidiocèse de Montréal a lui aussi dit être « satisfait que justice ait été faite ».

« Maintenant que le processus pénal est terminé, même si le processus canonique pénal gouverné par la législation ecclésiale est toujours en cours, l’archidiocèse peut confirmer qu’en conformité avec sa politique de tolérance zéro, Brian Boucher n’exercera plus jamais de ministère », indique un texte publié sur le site web du diocèse de Montréal.

C'est au terme de son procès canonique, autorisé par Rome, que Brian Boucher pourrait perdre son statut de prêtre. Cette procédure, suspendue en attendant la résolution des poursuites criminelles, reprend maintenant son cours.

Avec les informations de Karine Bastien et de La Presse canadienne

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