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Des parents furieux qu'une éducatrice ait demandé à des élèves de montrer leurs sous-vêtements

Un long bâtiment de couleur brune, et une cour d'école enneigée avec des paniers de basketball et une structure de jeux.
L'école élémentaire de Carman, au Manitoba Photo: Radio-Canada / Austin Grabish
Radio-Canada

Des parents d'élèves sont furieux après un incident survenu à l'école élémentaire de Carman, dans le sud-ouest du Manitoba. À la demande de la directrice adjointe de l'établissement, des garçons de 4e et 5e année ont dû montrer leurs sous-vêtements.

Elle a demandé à inspecter chaque enfant après un incident dans les toilettes des garçons de l'école, lorsqu'un sous-vêtement a été jeté dans une toilette. Dans une lettre envoyée à certains parents, datée du 22 mars, la directrice de l’école, Cecile Affleck, revient sur les événements.

Dans le cadre d’une « enquête sur un incident dans les toilettes des garçons », écrit-elle, « un membre du personnel de l’école a demandé aux garçons de 4e et 5e années de montrer la bande élastique de leurs sous-vêtements par-dessus leurs pantalons dans le but de déterminer quels enfants étaient impliqués dans cet incident ».

« Cette action ne correspond pas à nos méthodes d'enquête habituelles pour des affaires de cette nature », poursuit-elle.

Sandra Fidler est la mère d’un des garçons qui a dû montrer ses sous-vêtements. « Ça l’a mis très mal à l'aise », dit-elle. Son fils de 11 ans raconte que la directrice adjointe a dit à sa classe que des garçons avaient jeté des sous-vêtements dans la toilette pour faire un canular.

« Demander aux enfants de montrer leurs sous-vêtements à l’école, c’est dépasser les limites », affirme pour sa part Richelle Foster, mère de deux fillettes qui fréquentent l’école élémentaire.

Comme elle, plusieurs parents à qui CBC/Radio-Canada a parlé souhaitent maintenant que l’éducatrice en question, la directrice adjointe de l'école, soit licenciée.

« Si elle n’est pas retirée [de ses fonctions] dans cette école, c’est mes enfants que je vais retirer, clame Mme Foster. Je vais faire l'école à la maison avec mes enfants pour le reste de l'année. »

Une femme, l'air déterminé et les bras croisés, pose devant l'école. Derrière elle, une peinture murale.Richelle Foster, mère de deux élèves de l'école élémentaire de Carman, est troublée par l'affaire des sous-vêtements. Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

Le ministre de l'Éducation du Manitoba, Kelvin Goertzen, souhaite maintenant que la Division scolaire Prairie Rose (DSPR) fasse la lumière sur cette affaire. « Ces informations sont préoccupantes, et je demande à la division scolaire d’enquêter sur les circonstances et de me faire un rapport le plus tôt possible », écrit-il dans un courriel.

Des parents informés par les médias sociaux

Kay Gosselin, qui a un fils de 5 ans dans cette école, est furieuse d'avoir appris la nouvelle sur les réseaux sociaux et non de la part de l’école. Elle dit n’avoir jamais reçu la lettre de la directrice et dénonce le fait que cette lettre n’ait pas été envoyée à toutes les familles « alors que c’est le genre de choses dont chaque parent d’élève de l’école devrait être informé », soutient-elle.

« C’est vraiment préoccupant. [L’éducatrice] était dans une position de pouvoir et elle a usé de cette position pour intimider les enfants, les humilier », affirme Mme Gosselin.

« C’est vraiment troublant, enchaîne-t-elle, de la part d’une personne comme ça qui est chargée de prendre soin de nos enfants. Et nous faisons confiance à l’école. »

Le directeur de la Division scolaire Prairie Rose, Terry Osiowy, n’a pas voulu confirmer si l’employée était suspendue ou si elle ferait face à des mesures disciplinaires.

« Les mesures prises en réponse à cet incident n'ont pas suivi des méthodes d'enquête respectueuses. La DSPR continuera d’enquêter sur cette affaire et respectera la confidentialité de tous les élèves et du personnel, pendant et après l’enquête », note-t-il dans une déclaration écrite.

M. Osiowy ajoute que la division continuera d’examiner et de réviser ses procédures administratives « pour fournir aux chefs d'établissement une orientation et des conseils pour mener à bien des enquêtes délicates ».

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Manitoba dit être au courant de l’incident et avoir été en contact avec le conseil scolaire. « Pour le moment, la GRC n’enquête pas », dit une porte-parole.

CBC/Radio-Canada a tenté de contacter, dimanche, la directrice adjointe et n’avait toujours pas reçu de réponse lundi.

Avec les informations d'Austin Grabish, CBC

Manitoba

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