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Snowden souhaite que le Canada accepte ses autres « anges gardiens »

Quelques membres des familles de Hong Kong qui veulent se réfugier au Canada pour être venus en aide à Edward Snowden

Ces sept personnes ont aidé Edward Snowden à se cacher à Hong Kong. Parmi elles, seules Vanessa Rodel (deuxième à partir de la droite) et sa fille Keana ont été acceptées comme réfugiées au Canada.

Photo : AFP / ISAAC LAWRENCE

Radio-Canada

Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden salue la décision du Canada d'accorder l'asile à deux des sept sans-papiers qui l'ont aidé à se cacher lors de sa cavale à Hong Kong, mais invite le pays à poursuivre son élan de générosité envers les autres.

Vanessa Rodel, qui a caché l’homme le plus recherché de la planète chez elle, en 2013, est arrivée lundi soir à Toronto, accompagnée de sa fillette de 7 ans, Keana. Elles s'envoleront mardi vers Montréal.

Munies d'un Certificat de sélection du Québec, obtenu grâce à un parrainage privé, elles auront le statut de résidentes permanentes.

« Merci à tous ceux qui, au Canada et dans le monde entier, ont rendu cela possible. Après tant d'années, la première des familles qui m'a aidé est libre et a un avenir », a-t-il écrit en français dans un tweet dirigeant ses 4 millions d'abonnés vers l'exclusivité de Radio-Canada.

Il a ensuite appelé le Canada à accepter comme réfugiés les cinq Sri-Lankais – deux hommes, une femme et deux enfants – dont les demandes, soumises en même temps que celles de Vanessa et Keana, n’ont toujours pas été approuvées.

Mais le travail n'est pas fini – avec la solidarité et la compassion, le Canada peut tous les sauver.

Edward Snowden, sur Twitter

M. Snowden a par la suite remercié – toujours en français – une abonnée du réseau social qui suggérait que le Canada l'accueille à son tour. « Merci beaucoup pour votre soutien, mais aujourd'hui, ce n'est pas à vous de vous inquiéter pour moi, mais à célébrer pour Vanessa et Keana :] », a-t-il écrit.

Une décision qui n'est pas politique, assure le gouvernement Trudeau

En conférence de presse à Maple Ridge, en Colombie-Britannique, le premier ministre canadien Justin Trudeau est demeuré circonspect lorsqu'on lui a demandé si l'accueil des deux réfugiées au Canada risquait de déplaire aux États-Unis, où Edward Snowden est accusé de haute trahison.

« Nous avons un processus d’immigration et d’analyse du statut de réfugié qui est tout à fait indépendant. [C'est] un processus intègre qui suit son cours, indépendamment des politiciens. Nous avons confiance en notre processus d’immigration et de réfugiés. Parce que c’est un cas particulier, ce serait inapproprié pour moi d’en dire plus », s'est-il limité à dire.

Depuis Washington, où elle rencontrait le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a fait écho aux propos du premier ministre, assurant qu'elle n'était « aucunement intervenue » dans la décision.

« Ce n'est pas un processus d’ordre politique », a-t-elle martelé, parlant d'un « processus privé, juridique ». « On ne peut pas commenter », a-t-elle ajouté.

Interrogée sur l'impact potentiel de ce développement sur la relation canado-américaine, elle a répondu que M. Lighthizer n'avait pas soulevé la question.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, croit pour sa part que le Canada n'a pas à considérer de telles questions dans le cadre du processus d'admission des réfugiés. « On a des critères, on a des lois. […] Il ne faut pas avoir peur d’un pays comme les États-Unis, il faut suivre nos lois », a-t-il soutenu en mêlée de presse.

De son côté, le bureau du ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, ne s'est montré guère plus loquace que ses collègues. Le gouvernement Trudeau est « fier d'accueillir un nombre record de réfugiés vulnérables de partout dans le monde », a-t-il dit.

Il a souligné qu'Ottawa compte « tripler le nombre de réfugiés parrainés par le secteur privé par rapport aux objectifs fixés par le gouvernement précédent ».

Ces demandes sont normalement traitées selon le principe du premier arrivé, premier servi, rappelle le bureau du ministre, mais dans « des circonstances exceptionnelles, les cas peuvent être accélérés par l'entremise du Programme de protection d'urgence et, à l'occasion, les missions peuvent déterminer que certains cas doivent être accélérés ».

L’association For the Refugees, qui a présenté la demande d’asile au Canada pour Vanessa et Keana en 2017, a indiqué dans un communiqué que « de nouvelles informations au sujet du statut des autres réfugiés Snowden seront communiquées » au cours de conférences de presse prévues l'une lundi soir à Toronto, et l'autre mardi, à Montréal.

À lire demain :

Le désespoir des autres « anges gardiens » de Snowden, restés à Hong Kong

Avec les informations de Radio-Canada

International